LES ENSEIGNANT-ES TRAVAILLENT BIEN ASSEZ ! STOP AU MEPRIS

La réforme de la voie professionnelle a généré une destruction importante de postes et a considérablement alourdi la charge de travail des PLP. Depuis, la dégradation de leurs conditions de travail s’est encore accentuée. Dans un contexte de blocage des salaires sans précédent dans la Fonction publique, le ministère demande aux enseignant-es de toujours travailler plus tout en restant sourd aux revendications d’amélioration de leurs conditions de travail et de revalorisation salariale.

Le choix ministériel de fixer la journée de pré-rentrée au 31 août est caractéristique de cette politique qui préfère satisfaire l’idée démagogique que les enseignant-es ne travailleraient pas assez, sans répondre aux urgences de la profession.

Le SNUEP-FSU tient à souligner les problèmes de responsabilité ainsi posés pour les agent-es nouvellement affecté-es au 1er septembre.

Afin de dénoncer ce mépris de la part de notre employeur et de couvrir l’ensemble des collègues, le SNUEP-FSU dépose un préavis de grève pour la journée du 31 août 2015.

L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL PUBLIC ABSENT DE LA CIRCULAIRE DE RENTREE

L’enseignement professionnel public, ses élèves, ses personnels : les grands absents de la circulaire de rentrée !

Le ministère présente la circulaire de rentrée 2015 comme une étape déterminante de la refondation de l’école. Pourtant, elle ne le sera pas pour les formations, les personnels et les élèves de l’enseignement professionnel public sous statut scolaire ! Pire, alors que le développement de l’apprentissage a fait la preuve de son inefficacité pour lutter contre le chômage des jeunes, le décrochage et l’élévation du niveau de qualification, le ministère persiste dans ses choix et somme les opérateurs académiques de le développer dans les EPLE – ciblant principalement les niveau IV et V.

Dans cette circulaire, le ministère préconise la mixité des parcours qui va alourdir encore les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des élèves déjà fortement dégradées depuis la réforme de la voie professionnelle et la généralisation des CCF. Il réclame le développement des campus des métiers qui n’ont fait l’objet d’aucun bilan et qui favorisent la mixité des publics. De surcroît, comme le révèlent les dernières études, l’apprentissage est un système « masculin » et « blanc » donc en contradiction totale avec la volonté affichée du ministère de vouloir lutter contre les stéréotypes sociaux et sexués.

Les choix du ministère inscrits dans cette circulaire, qui ne s’appuient sur aucun bilan des politiques menées et des moyens dépensés les années précédentes, ne répondent en rien aux besoins des personnels et des élèves de la voie professionnelle publique sous statut scolaire.

Le SNUEP-FSU, le SNPI-FSU, le SNEP-FSU dénoncent les orientations politiques inscrites dans cette circulaire et exigent un bilan global de la réforme de la VP et des mesures mises en œuvre pour développer l’apprentissage. Une politique nationale ambitieuse est indispensable pour valoriser l’enseignement professionnel public, ses personnels, ses élèves.

CCF EN LETTRES-HISTOIRE ANNULE : LE SNUEP-FSU ENTENDU !

Sous la pression du SNUEP-FSU, le ministère recule et abandonne le passage en CCF des épreuves de Français et d’Histoire du diplôme intermédiaire.

Lors du GT ministériel d’avril sur la simplification des modalités de certification des diplômes professionnels, le ministère, de façon paradoxale, faisait passer trois disciplines du Bac Pro de CCF en mode ponctuel tout en annonçant de manière contradictoire le passage en CCF des épreuves de français et d’histoire du diplôme intermédiaire.

Le SNUEP-FSU a immédiatement dénoncé cette incohérence et rappelé son opposition à la généralisation du CCF, génératrice d’inégalités pour les candidat-es et d’un surcroît de travail pour les collègues.

C’est sous la pression syndicale que le ministère a dû revenir à plus de cohérence. Le SNUEP-FSU se félicite de cette décision et continuera à se battre pour que l’ensemble des épreuves puissent bénéficier de mesures de simplification tout en garantissant le caractère national des diplômes, l’équité et l’anonymat des candidat-es.

Le SNUEP-FSU ne manquera pas de dénoncer tout caractère prématuré des annonces ministérielles, ainsi que tout écart déontologique manifeste dans les relations avec les éditeurs.

Le SNUEP-FSU demande une nouvelle fois un bilan et l’ouverture de discussions sur les modalités de certification des diplômes professionnels et, plus largement, sur la réforme de la voie professionnelle généralisée en 2009.

Le SNUEP-FSU s’engage à poursuivre toutes les actions et construire les mobilisations nécessaires qui permettront de valoriser la voie professionnelle, ses personnels et ses élèves.

 

 

Non, Monsieur Hollande, l’apprentissage n’est pas la solution au chômage des jeunes !

Le président du Medef, Pierre Gattaz, ne pouvait espérer réponse plus rapide. Moins d’une semaine après avoir exigé du gouvernement la mise en place d’une « task force » pour agir en faveur de l’apprentissage, le président de la République lui répond favorablement lors d’une intervention télévisée.

Le SNUEP-FSU dénonce avec force les mesures annoncées à cette occasion consistant, une fois de plus, à promouvoir l’apprentissage à tous crins. À présent, il s’agirait de prendre en charge dans les entreprises de moins de 20 salarié-es, par l’octroi de primes, la quasi totalité du salaire d’un apprenti mineur lors de sa première année.

Des sommes faramineuses ont déjà été octroyées aux entreprises pour favoriser l’embauche d’apprenti-es au prétexte de la lutte contre le chômage. Ces mesures, onéreuses pour le contribuable, n’ont fait l’objet d’aucun bilan et semblent peu probantes puisque le taux de chômage des 15-24 ans n’a cessé d’augmenter depuis 3 ans. Quant aux taux de décrochage des jeunes en apprentissage sur des formations de niveau V et IV, ils sont alarmants et bien supérieurs à ceux des élèves en formation professionnelle initiale sous statut scolaire.

Si François Hollande ne tarde pas à répondre aux exigences du Medef, il apparaît bien plus réticent à tenir ses propres engagements de revalorisation des lycées professionnels annoncés lors de sa conférence de presse de février.

Le SNUEP-FSU désapprouve fortement ces nouvelles mesures et demande un investissement ambitieux pour les 550 000 élèves scolarisés dans l’enseignement professionnel public. Il est urgent qu’une réelle valorisation de la voie professionnelle publique sous statut scolaire soit mise en œuvre avec des moyens dédiés tant en termes d’offre de formation sur tout le territoire que de créations de postes.

Le SNUEP-FSU affirme qu’il y a urgence à investir dans le service public de la formation professionnelle initiale, outil efficace et incontournable pour lutter contre les sorties sans qualification, pour permettre d’améliorer le niveau de qualifications des jeunes et leur assurer une insertion professionnelle durable.

Leurs outils pour développer l’apprentissage dans l’Éducation nationale

La 3e Conférence Sociale (1) et les Assises de l’apprentissage (2)
ont défini des axes de travail pour développer l’apprentissage dans le secteur public. Plusieurs leviers ont été mis en œuvre et/ou sont en cours d’élaboration dans l’Éducation nationale : modules de formation dans les ESPE, intégration de l’apprentissage dans l’orientation et l’affectation post 3ème, mise en place du PIIODMEP3, consignes aux équipes de direction… Or, penser l’élévation du niveau de qualification des jeunes et prétendre lutter contre le chômage sous le seul angle de l’apprentissage est une aberration. Face aux mutations technologiques rapides et à la complexité des sociétés contemporaines, Continuer la lecture de Leurs outils pour développer l’apprentissage dans l’Éducation nationale

L’apprentissage dans les EPLE

Depuis plus d’une dizaine d’années, le ministère incite les établissements à ouvrir massivement des sections d’apprentissage dans les EPLE. Ces ouvertures impactent de manière concrète nos conditions de travail, notre rémunération et notre statut.

 Des financements et rémunérations différents !

Un des premiers enjeux est celui du statut des personnels inter-venants dans les sections d’apprenti-es. Les UFA (1) dépendent d’un CFA public autonome financièrement et qui récupère la taxe d’apprentissage et les subventions de la région. Les personnels qui y sont employés ont des statuts de droit privé « contractuel » avec des cotisations qui sont celles du régime général et/ou du régime IRCANTEC comme l’ensemble des contractuel-les de l’État.

Lorsqu’un-e enseignant-e titulaire intervient dans des UFA ou dans un CFA académique il/elle doit être recruté-e soit sur un poste gagé, ce qui revient à le détacher sur le CFA, soit être rémunéré-e en heures supplémentaires payées directement par le CFA. Financer un poste gagé coûte cher, car c’est l’État qui rémunère le fonctionnaire et qui le met à disposition du CFA public.

Techniquement le fonctionnaire aura 2 feuilles de paie : celle du MEN et celle du CFA. 

Des obligations de service opposées ! Les personnels qui interviennent dans un CFA ont comme obligation : 35 h hebdomadaires et annualisées, comme les personnels du secteur privé. Les PLP ont une obligation horaire hebdomadaire de 18 h. Avec deux obligations horaires différentes, il est difficile de discerner ce qui est considéré comme une HS de ce qui relève des obligations de service strictes.

Compléments de service
Exemple d’un collègue effectuant 15 h en LP en formation professionnelle initiale publique et 4 h sur une UFA du même LP qui dépend du CFA : le collègue aura comme obligation de service 15 h hebdo en initiale et 8 h (4 x 2) pour l’UFA et sans aucune rémunération d’HS !

Contourner le statut par le développement du mixage des publics !
Dans une logique libérale et en période d’austérité budgétaire, le gouvernement veut développer l’apprentissage. Financer des postes gagés revenant cher, il instaure le mixage des publics : apprenti-es et élèves en formation initiale. Le mixage permet aux EPLE de répondre aux injonctions des recteurs et de justifier d’une « sauvegarde » des filières lorsque les effectifs en initial sont insuffisants. Mixer des publics permet au ministère de ne pas financer l’UFA tout en profitant des financements de l’initiale qui accueille les apprenti-es. Ce faisant le ministère règle la question du statut et de la rémunération des personnels puisque ceux/celles-ci sont rémunérés comme d’habitude. Ainsi l’enseignant-e, qui se verra imposer l’accueil de publics mixés ne verra pas sa rémunération augmenter malgré la pénibilité de ses conditions de travail.
La loi précise (2) : «… Ils participent aux actions de formation continue des adultes et aux formations par apprentissage ». Ce texte précise donc qu’enseigner dans ce type de formation relève de nos mis- sions mais ne dit pas clairement si on peut ou non refuser !

Si les PLP ont effectivement pour vocation première d’enseigner auprès « d’élèves » (3), à savoir un public en formation initiale sous statut scolaire, aucune disposition du décret ne permet de limiter cette mission à ces derniers. Cependant, si l’accord du PLP n’est pas statutairement requis pour qu’il accueille dans sa classe sous statut scolaire un public mixte, l’article 30 alinéa 2 du décret précité3 prévoit que s’il est amené à assurer un complément de service dans des types de formation autres que la formation initiale, l’accord de l’intéressé-e est nécessaire. En conséquence, il paraît nécessaire de confier ce type de classe à des enseignant-es titulaires et non-titulaires volontaires, avec comme limite le caractère « volontaire ». On comprend mieux la volonté ministérielle de « lever les freins » à l’apprentissage…

1. Unités de formation en apprentissage.
2. Code de l’éducation, article L912-1 modifié par la loi n°2013-595 du 8 juillet 2013 – art. 72.
3. Conformément à l’article 2 du décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992.

 

 

Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel Tél : 01 45 65 02 56