Communiqué : rentrée dans l’enseignement professionnel

Communiqué intersyndical : Rentrée dans la voie professionnelle 
AUCUNE AMELIORATION
DES CONDITIONS DE TRAVAIL DES PERSONNELS
AUCUNE AMELIORATION DES CONDITIONS D’ETUDES DES ELEVES

L’intersyndicale de l’enseignement professionnel dénonce les conditions dans lesquelles s’est effectuée la rentrée en LP, SEP, EREA et lycées agricoles : Dans l’Education nationale, malgré l’accueil de 5000 élèves supplémentaires, 66 équivalents temps plein ont été supprimés. De plus, la réforme de la taxe d’apprentissage ainsi que les restrictions budgétaires qui touchent les collectivités locales ne permettent plus à ces établissements de fonctionner correctement. Le ministère de l’Éducation Nationale prend acte du fait que l’enseignement professionnel sous statut scolaire concentre de nombreuses difficultés mais pas la moindre mesure n’a été prise pour cette rentrée : aucune mesure pour améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des élèves. De son côté le Ministère de l’Agriculture continue de nier la réalité de l’échec de la voie professionnelle et de diminuer les crédits consacrés aux élèves les plus en difficulté.

Alors que l’enseignement professionnel est bien souvent le dernier rempart contre la sortie sans qualification des jeunes et alors que cette année voit la mise en œuvre d’un droit de retour en formation qualifiante dans nos établissements, aucun moyen supplémentaire ne lui est alloué sur les 4000 postes prévus dans la loi de refondation. 40 % des professeurs stagiaires PLP ne bénéficient pas, cette année encore, de décharge horaire pour se former au métier. C’est encore dans cette voie du lycée qu’il y a le plus de professeur-es contractuel-les.

La ministre de l’EN a annoncé l’ouverture de discussions sur l’enseignement professionnel et des mesures dès la rentrée 2016. L’intersyndicale demande que ces discussions (qui doivent aussi concerner l’Enseignement agricole public) s’engagent le plus rapidement possible. En effet, régulièrement annoncé par les précédents ministres depuis 2012 le bilan de la réforme n’a toujours pas été effectué six ans après sa mise en œuvre. Nous demandons qu’aucun sujet ne soit écarté, notamment ceux des moyens, des parcours et des modalités de certifications (comme la généralisation des CCF).

L’exclusion pure et simple de l’enseignement professionnel du système de pondération dont bénéficie la voie générale et technologique reste pour nous inacceptable. L’intersyndicale dénonce cette inégalité de traitement et revendique une pondération pour l’ensemble des trois voies du lycée. L’indemnité de 300 € annuels ne compensant nullement cette inégalité. Au ministère de l’Agriculture les personnels restent à ce jour sans informations sur l’évolution de leur statut.

Nos organisations – CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SYAC-CGT, SNALC, SNEP-FSU, SNETAP-FSU, SNUEP-FSU, SUD Education – exigent des mesures concrètes pour une revalorisation de la voie professionnelle dans le public comme dans le privé. Cette revalorisation nécessite des moyens urgents pour améliorer la qualité de la formation dispensée aux élèves afin de leur permettre de s’insérer professionnellement et de réussir leurs poursuites d’études. Les conditions de travail fortement dégradées des personnels doivent être améliorées sans plus de délai et un plan de revalorisation salariale doit être mis en œuvre rapidement à commencer par le dégel du point d’indice.

Rapport StraNES

Ou comment exclure les bachelier-es professionnel-les
de l’université

Le SNEP, SNETAP, SNPI et SNUEP-FSU ont pris connaissance du rapport StraNes qui définit « les priorités de la Nation pour son enseignement supérieur ». Bien que nos organisations partagent le constat des difficultés rencontrées par les élèves de la voie professionnelle dans le supérieur, elles estiment que les causes n’ont pas été analysées sérieusement et désapprouvent totalement la préconisation visant à mettre en place un « examen des capacités de réussite » pour les bachelier-es professionnel-les.

Face à l’échec des bachelier-es professionnel-les à l’université, le rapport préconise une procédure d’orientation chargée d’évaluer les capacités de réussite des jeunes, ce qui risquerait de leur fermer certains choix d’orientation. Nos organisations dénoncent vigoureusement cette proposition qui entérine officiellement le fait que tous les baccalauréats ne se valent pas, remet en cause ce diplôme comme 1er grade des universités – remettant en cause ainsi le droit formel à la poursuite d’études pour l’ensemble des
bachelier-es.

A l’instar du BPS (Brevet professionnel supérieur du rapport Lerminiaux), une formation supérieure professionnelle dédiée spécifiquement aux élèves de la voie professionnelle est prônée alors même qu’aucune étude d’opportunité n’a été effectuée. Le rapport réclame aussi le développement des « Campus des Métiers et des Qualifications », qui permettrait « de mettre en place une offre de formation adaptée aux emplois présents » alors qu’aucun bilan ne le confirme. L’apprentissage est encouragé en rendant les formations professionnelles du supérieur automatiquement éligibles aux fonds de la Formation Professionnelle et de l’apprentissage – il est inscrit explicitement que 0,25 % de la masse salariale des entreprises doit être orienté vers le supérieur. Alors que de nombreux LP dysfonctionnent du fait d’un reversement de taxe d’apprentissage toujours plus faible, une remise à plat de la TA est indispensable pour une répartition plus juste entre les différents opérateurs et afin que l’enseignement professionnel public sous statut scolaire ne soit pas encore plus affecté par cette mesure.

Pour nos organisations, tout doit être mis en œuvre pour améliorer la réussite des élèves de la voie professionnelle dans le supérieur car ils participeront à atteindre l’objectif annoncé de 60 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur. Pour cela, nous revendiquons pour les bachelier-es professionnel-les une année de mise à niveau post-bac mais aussi l’augmentation des capacités d’accueil en BTS et IUT. Aucun sujet ne doit être écarté et surtout pas une analyse objective sur les raisons de leurs échecs actuels. La question des parcours et des moyens doit être aussi au centre des réflexions. Le rapport Stranes démontre une profonde méconnaissance de la voie professionnelle voire un mépris pour ces élèves majoritairement issus des classes populaires qui partagent l’ambition d’élever leur niveau de qualification.

 

Motion de soutien aux personnels du LP Condé de Besançon

Conseil national du SNUEP-FSU
10 et 11 septembre 2015

Motion de soutien aux personnels du LP Condé de Besançon

Le SNUEP-FSU réuni en Conseil national ce vendredi 11 septembre apporte tout son soutien aux personnels enseignants et non-enseignants du Lycée professionnel Condé de Besançon en grève depuis le 1er septembre.

Ce mouvement est né des souffrances au travail subies par des personnels du lycée suite aux agissements inacceptables du chef d’établissement. Ces agissements consisteraient en des propos sexistes et racistes et des comportements graves qui relèveraient d’un manquement majeur à l’éthique des fonctionnaires.
Alerté par les personnels accompagnés des organisations syndicales dès le mois de juillet, le recteur de l’académie de Besançon n’a pas pris les mesures permettant un retour à climat serein. La tenue d’un CHSCT extraordinaire académique a enfin été accepté mais en ce jour aucune mesure conservatoire et aucune enquête administrative ne sont mises en place malgré trois dépôts de plainte pour harcèlement. Le SNUEP-FSU soutient les revendications des personnels notamment celle qui exige que le proviseur soit écarté de ses fonctions le temps que les enquêtes rendent compte de leurs résultats. Il est maintenant urgent que le recteur de Besançon prenne les mesures qui s’imposent pour permettre aux collègues de reprendre le travail dans des conditions sereines.

Le SNUEP-FSU condamne fortement toutes les dérives managériales qui conduisent à générer de la souffrance chez les personnels enseignants et non-enseignants et tous les comportements qui sont en contradiction totale avec les valeurs de respect et d’égalité pourtant fortement prônées par le ministère et explicitement inscrites dans les textes officiels.

Le SNUEP-FSU appelle à signer la pétition de soutien aux personnels et à participer à la caisse de solidarité.

Pétition pour la protection et la sécurité de l’ensemble des personnels enseignants, agents et administratifs du lycée Condé :

http://www.mesopinions.com/petition/enfants/protection-securite-ensemble-personnels-enseignants-agents/15717

Caisse de solidarité en ligne :
https://payname.fr/c/yezWW/Soutenez-les-personnels-du-lycee-Conde-en-greve

Salaires, service public, emploi

les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires et FAFP de la Fonction publique ont décidé d’organiser une grande consultation démocratique des personnels de la Fonction publique du 21 septembre au 3 octobre 2015.

consultationsalaires

Depuis de trop longues années, la situation de la Fonction publique se dégrade sous l’effet des politiques d’austérité menées par les gouvernements successifs.
Nos salaires sont en baisse continue en terme de pouvoir d’achat, situation principalement liée au gel de la valeur du point d’indice.
Les suppressions d’emploi se poursuivent dans de nombreux secteurs et vont s’accroître encore avec les diverses réformes de l’action publique en cours et à venir.
Nos conditions de travail et la qualité du service public se détériorent.
Cette situation n’est satisfaisante ni pour les usagers, ni pour les fonctionnaires et agents publics, ni pour la cohésion sociale et le développement économique.

Il est urgent d’opérer d’autres choix !

Cette consultation vise à permettre l’expression la plus large possible des agents de la Fonction publique afin de donner plus de poids à l’expression des revendications auprès du gouvernement.

Télécharger le tract de la consultation et remettez-le à un-e militant-e !

Enseignement professionnel public : début de reconnaissance ou opération de communication ?

Le 4 septembre au lycée professionnel François Rabelais à Dardilly (académie de Lyon), à l’occasion du lancement des « 30 ans du Bac pro », la ministre a annoncé 5 chantiers pour l’enseignement professionnel. Deux ans après la loi de Refondation de l’école et après les interpellations sans répit des syndicats de la FSU et notamment du SNUEP-FSU, le ministère semble enfin reconnaître l’existence de l’enseignement professionnel public, de ses élèves comme de ses personnels.

Les annonces de la ministre répondent en partie aux préoccupations exprimées que ce soit sur la nécessité pour l’offre de formations de
« 
l’établissement d’une véritable stratégie nationale, au-delà des travaux conduits entre les académies et leurs partenaires régionaux » ou sur la nécessité de prendre en compte « la singularité du métier de professeur en Lycée professionnel » en réfléchissant « à la pédagogie particulière et aux parcours de formations adaptés que les ESPE doivent pouvoir proposer au public spécifique que représentent les PLP, qu’il s’agisse de professionnels en reconversion ou des jeunes issus des filières professionnelles ».

Le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU et le SNPI-FSU rappellent qu’ils sont extrêmement critiques sur la réforme de la voie professionnelle mise en place en 2009 et que lors des discussions sur le bilan des lycées qui vont s’ouvrir prochainement, aucun sujet ne devra être écarté. C’est l’ensemble de la reforme qu’il faut questionner et revoir : parcours, contenus, modalités d’évaluation, organisation et dispositifs pédagogiques, éducation prioritaire… Le chantier sur « l’amélioration du fonctionnement, pour les enseignants comme pour les lycéens, de la première année de formation en lycée professionnel » ne répond que partiellement à nos demandes même si nous comprenons que les mesures qui doivent être prises dès 2016 doivent en priorité être mises en œuvre sur la classe de seconde. Par ailleurs, ces annonces n’occultent pas la promotion incessante de l’apprentissage à l’œuvre, qui se construit au détriment et sur le dos de l’enseignement professionnel public et de ses moyens. 

La loi de refondation de l’Ecole avait occulté la voie de l’enseignement professionnel, aussi le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU et le SNPI-FSU prennent acte des points positifs du discours de la ministre et s’inscrivent dans les démarches visant à valoriser cet enseignement. Mais le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU et le SNPI-FSU rappellent que revaloriser l’enseignement professionnel ne peut se limiter à de la communication. Au-delà des quelques annonces, ce sont bien de mesures concrètes et de moyens dont ont besoin les professeur-es de LP pour améliorer la réussite des jeunes qui s’orientent dans la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. La revalorisation de cette voie de formation passe aussi par l’amélioration de leurs conditions de travail et une réelle revalorisation salariale, reconnaissance de leur engagement professionnel au service de la réussite des lycéen-nes de la voie professionnelle.

Consultation PPCR

Les syndicats des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation de la FSU (SNES, SNEP, SNUEP et SNUipp) ont décidé de mener le débat sur les dispositions figurant dans le protocole en engageant une vaste consultation des personnels (syndiqués et non syndiqués), afin de recueillir leur avis sur les propositions ministérielles et construire les modalités de mobilisation à mettre en place.

L’enjeu d’une consultation commune est de porter d’une même voix la parole de personnels.

Pour informer les personnels et leur permettre de mener le débat, les syndicats du second degré publient un 4 pages donnant les enjeux et les conséquences de ce protocole sur nos carrières et nos rémunérations. La FSU propose un 4 pages présentant les enjeux pour les 3 versants de la Fonction publique.

Lire le texte intégral PPCR

Lire le 4 pages SNUEP SNES SNUIPP SNEP

En cette période de rentrée scolaire, il nous faut agir vite, la ministre réunissant les organisations syndicales fin septembre pour recueillir leur décision. Mais la FSU déterminera si elle signe ou non le protocole lors de la réunion de son instance délibérative des 15 et 16 septembre.

La consultation organisée par les syndicats des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation de la FSU se déroulera donc du 31 août au 11 septembre. Il y a donc urgence à se réunir et à appeler les collègues à répondre à la consultation.

En tout état de cause, rien ne se fera sans la mobilisation de l’ensemble des personnels pour obtenir de réelles avancées.

Donnez votre avis, il compte pour nous.

consultation disponible sur : www.consultppcr.fr (Consultation ouverte du 31 août au 11 septembre)

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Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel Tél : 01 45 65 02 56