L’apprentissage contre l’enseignement professionnel public Pour le SNUEP-FSU, c’est non !

Le bureau national du SNUEP-FSU dénonce avec force les projets d’Emmanuel Macron qui constituent une attaque frontale contre l’enseignement professionnel public, en voulant le placer sous la tutelle du patronat. Son objectif de faire de l’apprentissage « le cœur de l’enseignement professionnel » entraînera une dégradation majeure des conditions d’études des jeunes de la voie professionnelle et des conditions d’enseignement des professeur-es de lycée professionnel.

Le développement massif de sections d’apprentissage dans tous les lycées professionnels et l’instauration de périodes de pré-apprentissage après la 3ème visent à instaurer un quasi monopole de l’apprentissage dans la formation professionnelle initiale. Faut-il rappeler que le mixage des publics et des parcours s’est révélé inefficace pour les jeunes ? Qu’il est fortement dénoncé par le SNUEP-FSU et par l’ensemble des personnels ? Faut-il rappeler que, contrairement à ce qu’avance Emmanuel Macron, l’enseignement professionnel public garantit davantage la réussite scolaire et l’insertion professionnelle ? Qu’il est souvent le dernier rempart contre le décrochage et permet à de nombreux jeunes d’accéder à une première qualification ? Le projet d’Emmanuel Macron n’a rien d’une idée « nouvelle » : vieille antienne libérale, il constitue une régression sociale majeure, renvoyant les jeunes les moins favorisé-es sous la coupe du patronat et les privant de leur véritable droit à l’éducation.

Certaines préconisations, comme celle consistant à confier certains élèves sortant de 3ème à des organismes autres que publics ou celle annonçant la création de licences par apprentissage pour les bachelier-es professionnel-les se feront au détriment de l’intérêt des jeunes concerné-es. Vouloir exclure ainsi tout un pan de la jeunesse du service public d’éducation en renvoyant la responsabilité de leur formation uniquement aux entreprises signifie clairement un désengagement de l’État vis-à-vis de l’ensemble des familles concernées.

La menace brandie par le président de la République de supprimer la taxe d’apprentissage à tous les établissements qui ne développeraient pas de sections d’apprentissage relève du chantage et augure mal du respect du dialogue social à venir.

Le SNUEP-FSU dénonce le projet du président de la République qui vise à démanteler l’enseignement professionnel public et qui s’inspire trèslargement des préconisations du Medef, à l’opposé des besoins sociaux et des enjeux économiques à relever.

Le SNUEP-FSU mettra tout en œuvre pour informer les collègues et créer les mobilisations nécessaires afin de faire échec à ce projet.

Pour le SNUEP-FSU, valoriser l’enseignement professionnel public sous statut scolaire fait partie des exigences sociales.

Communiqué intersyndical : Non au transfert aux régions de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire

 

 Aujourd’hui plus de 30% des lycéens et lycéennes suivent un parcours de formation dans la voie professionnelle et préparent un CAP, un BEP ou un bac pro qui sont des diplômes nationaux. Transférer l’ensemble des compétences en matière de formation professionnelle initiale aux Régions revient à abandonner l’ambition d’une scolarisation commune pour tous les jeunes de 3 à 18 ans. Ce serait développer des logiques strictement utilitaristes et à court terme en ne proposant que les formations répondant aux besoins immédiats des entreprises d’un territoire. Cela conduirait à accentuer les inégalités régionales et à offrir des formations ne permettant pas aux futur.es salarié.es en formation d’envisager un avenir professionnel au-delà du territoire où ils ont été scolarisés.  Ce projet constitue un recul majeur de l’État et nous ne voulons pas d’une société où l’État se désengage de la formation de 30 % de sa jeunesse. Continuer la lecture de Communiqué intersyndical : Non au transfert aux régions de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire

Le SNUEP-FSU luttera jusqu’au bout pour le maintien de l’EPP dans l’Éducation nationale

C’est dans un contexte politique très inquiétant que le SNUEP-FSU a tenu son 6ème congrès du 27 au 31 mars à Bourges. Encore sous le coup des différentes mesures engagées par les derniers gouvernements successifs, l’enseignement professionnel public se voit de nouveau menacé par les projets de certain-es canditat-es aux élections présidentielles, qui annoncent leur volonté de transférer les pleines compétences de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire aux régions. Ces attaques frontales affichent clairement leur détermination à voir l’État se désengager de ses missions de service public d’éducation, aux dépens des 700 000 jeunes qu’il scolarise et de ses personnels. Continuer la lecture de Le SNUEP-FSU luttera jusqu’au bout pour le maintien de l’EPP dans l’Éducation nationale

Présidentielle : le SNUEP-FSU porte au débat ses 6 priorités et 28 propositions pour l’EPP

Face aux enjeux majeurs que représentent l’éducation en général et l’enseignement professionnel pour l’avenir des jeunes, le SNUEP-FSU met en débat ses 6 priorités et 28 propositions pour l’enseignement professionnel public.
Dans ce cadre, le SNUEP-FSU interpellera les candidat-es sur leurs projets respectifs. Déjà, certain-es prévoient le développement à tout-va de l’apprentissage, en concurrence avec la voie professionnelle publique sous statut scolaire. Pire encore, des projets évoquent une refonte du système éducatif, avec le transfert de compétence de l’enseignement professionnel public de l’État vers les régions, ce qui ne manque pas d’inquiéter les personnels.
Le SNUEP-FSU souhaite pouvoir informer la population des projets des différents candidat-es, aussi il rendra publiques les réponses reçues afin que chacun et chacune puisse se déterminer au moment du vote.
Pour sa part, le SNUEP-FSU considère que l’enseignement professionnel public doit rester de la compétence de l’État et que chaque jeune doit pouvoir accéder à une formation professionnelle de qualité et sous statut scolaire, de façon égalitaire sur tout le territoire.
Le SNUEP-FSU tiendra son congrès national à Bourges du 27 au 31 mars 2017 où il développera son projet pour la mise en œuvre d’une réelle valorisation de l’enseignement professionnel public.

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500 nouvelles formations : la manipulation par les chiffres

En 2015, le président Hollande promettait la revalorisation de l’enseignement professionnel et annonçait par la suite la création de 500 formations et 1000 postes en lycée professionnel pour préparer aux métiers dits de demain. Aujourd’hui, la ministre communique à tout va sur la concrétisation de cette promesse qui ne résiste pas à l’épreuve des chiffres.
Sur 500 formations, seules 150 concernent des sections de CAP et de bacs pros. Un comble lorsqu’on sait que certaines annonces de « créations » ne sont en réalité que de simples augmentations de capacités d’accueil. De plus, le « chiffrage » de la ministre ne soustrait pas les fermetures massives imposées partout dans les académies : dans deux tiers des académies, un CAP est fermé pour deux ouvertures, un bac pro est fermé pour 1,5 ouverture ! Quant à l’ouverture de sections de BTS, le SNUEP-FSU aurait pu l’acter positivement si elle n’avait pas été financée en partie sur le dos des fermetures de sections de CAP et bacs pros.
En définitive, la promesse de revalorisation de l’enseignement professionnel se réduit comme une peau de chagrin. Là où on attendait 1000 postes pour accompagner ces nouvelles formations, ce sont 234 postes qui auront été budgétisés dans la loi de finances 2017, les fermetures de sections énoncées plus haut permettant encore une fois la manipulation des chiffres. Il en est de même à propos des capacités d’accueil : 500 nouvelles formations auraient dû mécaniquement entraîner de nombreuses places supplémentaires en 2nde professionnelle et en 1ère année de CAP… Or, le ministère prévoit à la baisse les effectifs dans la voie professionnelle pour les prochaines rentrées. Comment taire notre profonde amertume lorsque, en totale contradiction avec ses objectifs d’élévation du niveau de qualification et de lutte contre le décrochage, notre ministère annonce l’ouverture de formations non diplômantes, telles que les FCIL ? Lorsque, sur 500 formations, une sur cinq est prévue en apprentissage ?
La responsabilité du ministère est lourde. Après avoir « oublié » la voie professionnelle publique dans la loi de Refondation de l’école, il se révèle incapable de remédier à ses difficultés et de la revaloriser, à l’heure où nombre de programmes électoraux projettent son exclusion de l’Éducation nationale. Les personnels et les élèves de l’enseignement professionnel public méritaient mieux !

Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionel Tél : 01 45 65 02 56