Déclaration du SNUEP-FSU au Conseil supérieur de l’Éducation

Monsieur le ministre

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Supérieur de l’Education

Le SNUEP-FSU tient tout d’abord à adresser ses vœux à l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale ainsi qu’à ses usagers.

L’Education Nationale est un service public fondamental du Pacte Républicain, et, comme son nom l’indique, son rôle est de rendre service au public qui la fréquente. Or, depuis un peu moins de 10 ans, aux yeux du SNUEP-FSU, ce rôle est détourné : dans la Voie Professionnelle, le service ne semble plus être rendu prioritairement aux élèves, et certains textes présentés aujourd’hui pourraient en être une forme d’illustration :

  • La transformation des BMA en BNMA réduit d’un an la formation des jeunes et amoindrit leur capacité d’initiative pour continuer d’atteindre le niveau 4. L’industrie du luxe a besoin de davantage d’exécutants, l’Education Nationale répond présente ! Que ces exécutants aient maintenant besoin de poursuivre au-delà du BNMA pour laisser libre-court à leur créativité est pourtant tout simplement scandaleux, d’autant que l’architecture même du BNMA, calquée sur un BAC Pro incluant un parcours personnalisé, est clairement faite pour que le moins d’élèves possible poursuivent après le niveau 4…
  • Il en va de même, par exemple, avec la rénovation du BAC Pro Boucherie, Charcuterie, Traiteur, qui, vidé d’une bonne partie de sa substance, se met hors-jeu par rapport au parcours préféré de la Branche et de ses employeurs : CAP en 2 ans puis Brevet Professionnel, le tout en apprentissage. Là encore, on peut s’interroger sur les destinataires réels des services rendus !
  • Hors ordre du jour, d’autres exemples foisonnent, comme l’abandon de l’ambition d’élever le niveau de qualification de tous les enfants de la République, si bien illustré par la priorisation maintenant accordée à l’insertion dans la Voie Professionnelle. Le sentiment est dorénavant le suivant : ce qui compte, c’est d’insérer, que le jeune soit qualifié ou pas ! Or, vous le savez, toutes les études prouvent encore et toujours que l’obtention puis la stabilisation et enfin l’évolution dans l’emploi sont fortement corrélés au niveau de qualification initial. ? Là encore, on peut donc se demander si cette priorisation de l’insertion professionnelle est réellement menée en faveur des élèves.

Déterminé à défendre, proposer et agir, le SNUEP-FSU s’impliquera dans le Comité de Suivi et ses GT si l’action de ce dernier ne se limite pas à quelques ajustements techniques mais permet réellement d’établir un état des lieux partagé ainsi que de mener une réflexion de fond et de proposer une évolution de l’Enseignement Professionnel scolarisé qui prenne à nouveau en compte l’intérêt du public auquel l’Education Nationale a normalement vocation de rendre service.

Merci.