Bac Pro GA : Halte au saccage !

Le Bac Pro Gestion Administration (fusion des bacs secrétariat et comptabilité) a été imposé à la profession et aux élèves en 2011 malgré un vote en « contre » au CSE.
Depuis ce passage en force, le SNUEP- FSU alerte le ministère sur les dérives et les incohérences de cette filière qui ont profondément dégradé les conditions d’études des élèves et de travail des enseignant-es. Suite à nos interpellations et à nos interventions en CHSCT, la DGESCO a enfin décidé début 2014 d’organiser des groupes de travail pour, dans un premier temps, pallier les problèmes urgents et, dans un second temps, élaborer un bilan global.
Le SNUEP-FSU a participé aux 3 réunions, il est intervenu aussi dans plusieurs instances pour mettre en lumière la souffrance au travail patente des collègues et pour porter des propositions spécifiques immédiates à cette filière – notamment réinjecter un enseignement de comptabilité pour les élèves, harmoniser les consignes pédagogiques, déconnecter le passeport de compétences de la certification, former les PLP, utiliser des logiciels compatibles et gratuits… Le SNUEP-FSU exige aussi une remise à plat complète de cette filière tant les problèmes sont pléthoriques.
Après 10 mois de travail, aucune mesure concrète n’a encore été prise malgré l’urgence de la situation. Face à cet immobilisme de l’administration, sourde au quotidien très difficile des enseignant-es et des élèves de cette filière, le SNUEP-FSU appelle l’ensemble des collègues à se faire entendre et à s’emparer de la campagne cartes postales Bac Pro GA : halte au saccage ! lancée le 15 septembre par le SNUEP-FSU.

Ensemble, avec le SNUEP-FSU, nous devons contraindre le ministère à prendre des mesures immédiates pour les collègues et pour les élèves de GA mais aussi pour l’enseignement professionnel public sous statut scolaire !

Conférence de presse de rentrée du SNUEP-FSU

Dans ce contexte inédit de la démission du gouvernement Valls, le SNUEP-FSU fera le bilan de la politique éducative menée depuis l’élection de François Hollande dans l’enseignement professionnel, de sa soi-disant priorité affichée envers la jeunesse et l’Éducation nationale.

Depuis 2 ans le SNUEP-FSU n’a pas cessé de réclamer un changement de cap et d’en finir avec la politique d’austérité pour enfin redonner au service public d’éducation les moyens de faire réussir tous les jeunes.

Loin de régler le problème réel des sorties sans qualification, le président de la République met le paquet sur l’apprentissage et renonce ainsi à la nécessité de former et de qualifier les milliers de jeunes aujourd’hui exclus de l’école. Une fois de plus, l’enseignement professionnel public sera le grand oublié de cette rentrée scolaire.

Cette conférence de presse sera l’occasion pour le SNUEP-FSU de faire le point sur l’ensemble des difficultés qui touchent l’Enseignement professionnel public (réforme du Bac Pro 3 ans, Contrôle en Cours de Formation, formation des enseignant-es, revalorisation du métier des PLP…), dossiers portés régulièrement par le SNUEP-FSU auprès du ministère de l’Éducation nationale.

Collèges et lycées au service de l’apprentissage

Un rapport des IG (1) sur « les freins non financiers au développement de l’apprentissage » dans l’EN (2) recommande de transformer les lycées professionnels en succursales de l’apprentissage et souhaite obliger les collèges à en faire la promotion.

Ce rapport préconise de :
– rendre obligatoire la découverte de l’apprentissage au collège ;
– relancer le pré-apprentissage pour réduire les ruptures de contrat ;
– améliorer la prise en compte de l’apprentissage dans les procédures d’orientation de fin de 3ème ;
– introduire un module dans la formation des nouveaux/elles enseignant-es et Co-Psys ;
– davantage tenir compte des apprenti-es pour l’attribution des dotations en personnels, pour le déroulement de carrière des proviseurs de LP, pour le calcul des services des enseignant-es en formations mixtes ;
– permettre aux enseignant-es titulaires d’effectuer tout leur service en apprentissage ;
– développer la mixité des publics et des parcours (en assouplissant les emplois du temps des enseignant-es) ;
– mieux prendre en compte les spécificités de l’apprentissage lors des rénovations des diplômes professionnels ;
– réduire les contraintes juridiques, notamment sur la durée des contrats ;
– confier aux régions l’intégralité du contrôle financier des CFA (3).

Le SNUEP-FSU dénonce ce rapport car :
– promouvoir l’apprentissage, c’est soutenir le désengagement du gouvernement vis-à-vis des familles les plus pauvres ;
– regrouper les PFMP(4) sur une seule année scolaire et développer les classes aux publics mixtes participe d’un mépris du travail pédagogique des enseignant-es et révèle la soumission des IG au monde du travail aux dépens d’une formation de qualité ;
– relancer le pré-apprentissage c’est exclure de la voie scolaire des élèves de 15 ans qui risquent de décrocher, faute de contrats ou
après d’inévitables ruptures.
Cette vision réactionnaire ne permettra en rien de remédier aux problèmes d’insertion professionnelle de ces jeunes sans formation initiale suffisante.

Constats sur l’apprentissage rappelés par les IG 
– coût exorbitant (8 milliards d’euros pour 436 000 apprentis) ;
– désintérêt des entreprises pour cette voie de formation ;
– contrôle quasi-inexistant de la qualité de la formation en entreprise et dans les CFA (sauf en cas de plainte) ;
– orientation souvent par défaut ;
– voie scolaire et apprentissage en concurrence accrue avec le Bac Pro 3 ans et la crise ;
– taux de ruptures de contrats
importants (33 % au niveau V !).

(1) IGEN (Inspection générale de l’éducation nationale), IGAENR
(Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale
et de la recherche), IGA (Inspection générale de l’administration),
IGAS (Inspection générale des affaires sociales).
(2) Éducation nationale.
(3) Centre de formation d’apprenti-es.
(4) Périodes de formation en milieu professionnel.

 

BAC PRO GA

BAC PRO GA

Symbolique d’une vision de la formation initiale qui prône les compétences aux dépens des savoirs et dévalorise les diplômes, la fusion des Bacs pro Comptabilité et Secrétariat en un Bac pro GA a  été combattue dès le début par le SNUEP-FSU. Pour mettre en avant le danger que cette réforme représente, les délégués au congrès national 2014 du SNUEP-FSU en ont fait un Zoom spécial lors du renouvellement des mandats.

BAC PRO GA

BAC PRO GA: une réforme catastrophique!

En mai 2014, le SNUEP-FSU a réalisé un supplément de 4 pages pour présenter la réforme catastrophique du Bac Pro Gestion-Administration et les actions menées par le SNUEP-FSU pour la dénoncer à tous niveaux.

Une page du supplément CPC est également consacrée à cette “première victime des recommandations européennes”…

Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel Tél : 01 45 65 02 56