L’école de l’extrême droite : autoritarisme et tri social renforcé

Plus l’extrême droite gagne du terrain, plus ses propositions pour l’école se précisent et inquiètent. Le RN et ses alliés veulent imposer une école de la soumission, du tri social et de l’exclusion. Tout l’opposé des valeurs d’émancipation, d’égalité et de solidarité qui fondent le service public d’éducation.

Au cœur du programme de l’extrême droite figure la préférence nationale. Appliquée à l’école, cette logique revient à institutionnaliser les discriminations : exclusion des élèves sans papiers, remise en cause de l’accès à la cantine ou aux bourses pour les enfants étrangers, suppression des AESH pour les élèves non français, conditions d’accès durcies à l’école pour les enfants de familles immigrées. C’est une attaque brutale contre l’universalité du droit à l’éducation inscrite dans la Constitution et dans les engagements internationaux. Ce serait institutionnaliser le séparatisme entre élèves. Les personnels, transformés en contrôleurs suspicieux et placés en position d’acteurs de ce tri, seraient les instruments de ce système dangereux. 

Une vision utilitariste et marchande de la jeunesse 

Si le projet du Rassemblement national pour l’école évoque peu le lycée professionnel, sa mise en œuvre déboucherait pourtant sur une accentuation brutale des délétères réformes Blanquer et Grandjean. Le RN prône d’ailleurs la fin du collège unique, afin d’accélérer le tri social et orienter plus tôt les élèves selon leur origine ou leur rapport à la norme scolaire dominante. Apprentissage précoce, allongement des périodes de stage, conception purement utilitariste des savoirs et limitation des compétences professionnelles aux seuls gestes techniques, ce sont, dans la perspective de l’extrême droite comme dans celle du pouvoir actuel, autant d’outils de mise à disposition des entreprises d’une main-d’oeuvre gratuite, malléable et exploitable. 

Conjugué à la préférence nationale, leur projet renforcerait une logique discriminatoire d’accès aux stages : les un·es envoyé·es en priorité sur des lieux de stages valorisants, les autres relégué·es vers des stages dégradés, en fonction de leur statut administratif. Leur vision naturaliste et sexiste des rôles sociaux enfermerait les filles dans les filières du soin, de la relation et du service au nom de qualités prétendument innées, douceur, attention, disponibilité, que l’extrême droite n’a jamais cessé d’assigner aux femmes. 

Avec le RN et ses alliés, le lycée pro serait encore plus considéré comme une simple antichambre du marché du travail et comme un instrument de la ségrégation sociale et sexuée des métiers. Cet objectif de soumission sociale et genrée est profondément réactionnaire : c’est une école de la reproduction sociale assumée, au service d’un modèle économique inégalitaire et d’une idéologie dangereuse.

Comment l’extrême droite fait-elle de l’entrisme à l’école ? 

SOS Éducation, Parents vigilants… autant d’associations et de collectifs qui sont les chevaux de Troie de l’extrême droite. Leurs cibles : les contenus des programmes, mais aussi les personnels. Ils traquent tout ce qui contredit leur idéologie fondée sur l’exclusion, le repli sur soi et la révision de l’histoire. Leur stratégie : siéger en conseil d’administration et ainsi avoir voix au chapitre. 

Le danger de cet entrisme réside dans son caractère pernicieux. Les propos outranciers sur le wokisme, les théories du genre et contre l’école inclusive pourraient faire office d’épouvantails. À grand renfort de communication sur les réseaux sociaux, accueillis au Sénat, leur image se banalise autant que leurs propos. En discréditant l’école, ils la déstabilisent pour mieux mettre en œuvre leur programme : transformer l’école, outil d’émancipation, en instrument de contrôle.

Quand le macronisme met en œuvre les idées des extrêmes droites

Les réformes successives depuis 2018 ont profondément transformé la structure de l’Éducation nationale en promouvant des idées conservatrices et anti-démocratiques.

La fin du paritarisme a démantelé les principes qui unissent le fonctionnaire à l’État pour les remplacer par un simple contrat. L’affaiblissement des organisations syndicales, la hausse du nombre de contractuel·les, l’interdiction de toute critique publique constituent un socle qui faciliterait la mise en œuvre du projet des extrêmes droites pour l’école.

De nombreuses idées du RN ont été déployées depuis 2018 : l’uniforme, le DNB comme barrage à l’entrée en seconde pour dynamiter le collège unique et l’enseignement professionnel comme vivier de main-d’œuvre pour les entreprises.

Le RN rêve d’assujettir la puissance publique à son projet libéral-autoritaire, le macronisme s’y est déjà employé !

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