Être victime de discrimination est le fait de subir un traitement inégal, de manière intentionnelle ou non, en raison de son origine étrangère, de sa couleur de peau, de sa « race ».
On pourrait a priori dire que cela ne concerne pas les PFMP et que les enseignant·es, les DDFPT et maintenant les référent·es BDE font leur maximum pour aider, selon les mêmes critères, chacun·e de nos élèves à trouver un lieu de stage. La réalité est plus complexe, car le sujet des discriminations ethnoraciales est souvent occulté ou non formulé.
Un sujet tabou ?
Un seul rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, remontant à l’an 2000, s’est penché sur les discriminations en stage. Ce rapport n’a jamais été publié, mais il a fuité dans la presse. À l’époque, cette enquête estimait qu’entre 30 et 50 % des jeunes issu·es de l’immigration subissaient de la discrimination dans l’accès aux stages. Un phénomène suffisamment massif pour qu’on s’y intéresse. Le Ministère avait alors diffusé une circulaire (le 26 juin 2000) afin de « protéger les élèves d’éventuelles pratiques discriminatoires à l’entrée et en période de formation en entreprise ». Ne s’est ajoutée que la loi du 16 novembre 2021, rappelant que toute discrimination faite à l’entrée ou pendant le stage est pénalement répréhensible.
Depuis, à part des études scientifiques, des travaux, réalisés par des sociologues notamment et quelques sondages publiés dans la presse, le sujet reste encore tabou. Certes, la loi du 10 juillet 2024 précise que « les élèves doivent normalement évaluer la qualité de l’accueil qui leur a été accordé, et ce lors de chacune de leur PFMP », mais le racisme soupçonné est très rarement démontrable comme la sélection masquée sur l’origine sociale. Les enquêtes convergent d’ailleurs sur le fait que les élèves dénoncent peu la discrimination, au regard d’une expérience courante et répétée.
Agir contre les discriminations racistes en PFMP
Les élèves peuvent ainsi être confronté·es durant leurs PFMP à des situations de discrimination, prenant place parmi une multitude de micro-illégalités (racisme, harcèlement, travail gratuit, stages déqualifiants…). Pourtant, le vrai problème est souvent nié, la faute simplement rejetée sur l‘autre. Une des stratégies mises en place par les collectivités pour réduire ces dérives est de promouvoir des entreprises « jugées accueillantes à la diversité », au risque de se satisfaire d’une forme de sous-marché des stages. C’est une façon pour les employeurs de dire qu’ils se préoccupent de « l’intégration ». La communauté éducative dans son ensemble entre aussi dans ce jeu de dupes pour ne pas perdre des lieux d’accueil. Tant que le déni et les accommodements seront de mise, les risques discriminatoires resteront importants.
Que faire quand on est témoin ?
Face à ce type de situation, il est impératif de s’en remettre à la loi, d’abord en la rappelant. La hiérarchie doit être avertie par voie écrite. Il est également possible de saisir le Défenseur des droits. Il est toujours bon de rappeler que tout fonctionnaire témoin d’un crime ou d’un délit doit en avertir « sans délai » le procureur de la République. Cette obligation est évidemment valable pour le délit de racisme.
À ces procédures juridiques peuvent s’ajouter des actions auprès des élèves, des collègues, des parents, notamment au sein des instances de l’établissement, et des actions en collaboration avec des associations ou organismes.
Handicap et discrimination en PFMP
Depuis la loi « pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées », les LP accueillent de plus en plus de lycéen·nes en situation de handicap. Or, en plus de l’inclusion scolaire, les PLP doivent prendre en compte les PFMP. Confronté·es au monde du travail, nos élèves en situation de handicap sont surexposé·es aux discriminations (1/3 des saisies au Défenseur des droits) et souvent cantonné·és à des travaux pénibles (Dares, 2024). Quant aux femmes en situation de handicap, elles sont, en proportion, deux fois plus victimes de violences sexistes et sexuelles (DRES, 2020).
À cet égard, les PLP doivent porter une attention toute particulière à ces élèves pour s’assurer qu’ils/elles soient protégé·es contre toutes formes de discriminations ou de violences au sein des entreprises.