Tous les résultats des CAPLP 2026 sont désormais connus. Le constat est sans appel : derrière une hausse en trompe-l’œil du nombre de postes offerts, portée par la nouvelle voie de recrutement « L3 » issue de la réforme de la formation des enseignant·es, se cache une aggravation de la crise du recrutement des professeur·es de lycée professionnel (PLP).
CAPLP externe : plus de postes ouverts, plus de postes vacants
Le nombre de postes proposés remonte en 2026 à 1 249, contre 1 092 en 2025, soit une hausse de 157 postes. Mais cette embellie apparente ne doit pas masquer une trajectoire de fond dégradée depuis 2019 : le nombre de postes ouverts a baissé de 13 % en sept ans. Malgré une hausse de 11,4 % des candidatures cette année (+775), le taux de postes non pourvus se dégrade par rapport à 2025 (14,5 % contre 13,9 %). Autrement dit, l’administration peine toujours à pourvoir un poste sur sept, alors même qu’elle en a créé davantage. Un exemple emblématique : le nombre de lauréat·es en maintenance des véhicules n’a jamais été aussi bas (près d’un poste sur deux non pourvus cette année) alors que les besoins sont conséquents.
Le cas emblématique des concours en L3 ou des doubles concours
La réforme de la formation des enseignant·es a introduit en 2026 une nouvelle voie de recrutement en fin de licence (L3), dédoublant l’offre de postes dans deux disciplines d’enseignement général du CAPLP. Lettres-Histoire-Géographie et Mathématiques-Sciences physiques conservent cette année et l’année prochaine le concours en fin de master. C’est cette mesure, et elle seule, qui explique la remontée du nombre global de postes ouverts.
Le résultat est éloquent : sur les 270 postes de Lettres-Histoire-Géographie, 51 restent vacants ; sur les 190 postes de Mathématiques-Sciences physiques, 68 ne sont pas pourvus – près d’un poste sur trois. La voie L3 en mathématiques-sciences physiques est en quasi-échec : seuls 42 postes sur 95 ont pu être pourvus (44 %), avec un ratio admissibles/postes de 1,22 seulement, preuve d’un vivier de candidat·es quasiment inexistant.
Moins de spécialités ouvertes
L’analyse par discipline révèle une réduction du nombre de spécialités ouvertes au concours externe : six sections ne sont plus ouvertes en 2026 alors qu’elles l’étaient entre 2019 et 2025, parmi lesquelles Bâtiment option peinture-revêtements, Design et métiers d’art option métiers d’art, trois options de Génie civil (construction et économie, construction et réalisation des ouvrages, équipements techniques-énergie), et Langues vivantes-lettres allemand. Ces fermetures fragilisent l’offre de formation professionnelle et d’enseignement de l’allemand sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les spécialités du bâtiment et des travaux publics déjà en tension.
CAPLP interne : recrutement stable
L’amélioration du taux de couverture (95,5 % cette année contre 86,1 % l’an dernier) ne se traduit pas par une hausse des recrutements puisque le nombre de postes pourvus reste rigoureusement identique (384) et le nombre de postes ouverts a, lui, reculé de 10 %.
Pour le SNUEP-FSU, ces chiffres confirment que la crise du recrutement des PLP ne se résoudra pas par un simple affichage de postes supplémentaires sur le papier ni une communication sur la réforme de la formation initiale non pensée pour les PLP, notamment dans les disciplines professionnelles.
Pour le SNUEP-FSU, la formation initiale et les conditions d’entrée dans le métier doivent être repensées pour prendre en compte les spécificités du métier de PLP, un métier qui s’apprend.
Pour le SNUEP-FSU, il y a urgence à revaloriser le métier de PLP par l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Il appelle à construire, dès la rentrée, les conditions pour une mobilisation d’ampleur, notamment le 29 septembre, journée d’actions et de grève dans la Fonction publique.