Pourtant, selon le Baromètre de Santé publique France 2021, 65 % des femmes considèrent être en bonne ou très bonne santé, contre 71 % des hommes. En matière de santé au travail, de l’aveu du ministère lui-même, le constat est là encore sans appel : les femmes, qui composent 73,1 % des effectifs du ministère, sont surreprésentées parmi les victimes d’accident de service (79,1 %). La pénibilité du travail des femmes est invisibilisée, les outils de travail ne sont pas conçus à l’aune du genre, pas plus que l’organisation du travail. La santé des femmes ne se réduit pas à leur santé gynécologique ou reproductive. Il est essentiel de rappeler qu’elles sont par exemple le plus exposées aux maladies cardio-vasculaires. Le sujet de la santé des femmes doit aussi être étudié sous l’angle de la santé mentale (charge mentale, burn-out, dépression post-partum, voire périnatale). Les répercussions du travail sur la santé des femmes restent peu étudiées. Certains troubles musculosquelettiques (TMS) liés au port de charges ou aux contraintes de posture commencent à être repérés, mais les TMS liés à des tâches fines répétitives et réalisées dans un temps contraint (travail sur clavier informatique par exemple) sont sous-évalués. Les répercussions sur la santé mentale des violences, discriminations, harcèlement et agissements sexistes (VDHAS), y compris les violences intra-familiales, ne peuvent plus être ignorées par les rectorats qui ont été contraints de mettre en œuvre un dispositif académique de signalement et de traitement. En revanche, les exigences émotionnelles et organisationnelles fortes liées à l’inégale répartition des tâches dans les autres sphères de vie (notamment la charge domestique et des enfants) sont des facteurs de risques psychosociaux (RPS) qui contribuent à renforcer l’usure professionnelle sur le plan psychique comme sur le plan physique.
Que prévoit le PNA sur la santé au travail des femmes ?
- Sexuer toutes les données relatives à la santé au travail.
- Réaliser une campagne nationale d’information sur les principales pathologies féminines des femmes.
- Promouvoir les enquêtes et mettre en place des études sur les liens entre les conditions de travail et la santé des femmes.
- Améliorer la traçabilité et la prévention de l’exposition aux risques professionnels des femmes dans les plans de prévention.
- Former les professionnels (préventeurs et personnels de la santé au travail) et informer les agent·es.
- Renforcer le suivi de l’adaptation du poste de travail.
La médecine du travail souffre d’un manque chronique de personnels (médecins du travail, infirmières santé au travail, psychologues, ergonomes), que ne cesse de dénoncer la FSU. Malgré cela, les militant·es qui siègent dans les instances santé sécurité conditions de travail (F3SCT) pèseront pour que la prévention des risques soit mise en œuvre en prenant en compte les spécificités et pénibilités du travail des femmes.