Certificat d’aptitude professionnelle (CAP)

Attaque d’une ampleur inédite contre les lycées professionnels, la réforme Blanquer du CAP et la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel poursuivent un objectif : celui de démanteler la voie professionnelle scolaire. Par les choix opérés, le ministère méprise ouvertement l’investissement au quotidien des personnels qui chaque jour œuvrent à faire réussir leurs élèves.

L’instauration de dispositifs supposés pédagogiques vise à nous assommer de travail et à casser notre statut. La diminution des heures d’enseignement professionnel, l’imposition de la co-intervention, la réalisation d’un chef-d’œuvre et les familles de métiers entraînent une déprofessionnalisation des formations. Les programmes des enseignements généraux ont été conçus pour répondre quasi uniquement aux pratiques professionnelles et faire accepter à nos élèves la vision libérale des politiques menées. Les savoirs ne pourront être que survolés au regard du peu de temps dédié pour les enseigner. L’objectif d’une insertion professionnelle durable, sociale et citoyenne est purement et simplement sacrifié.

Avec la baisse drastique de la taxe d’apprentissage, les personnels vont être contraints à chercher des contrats pour leurs élèves, et donc les pousser vers l’apprentissage, afin de maintenir le financement des formations scolaires.

À savoir

Le SNUEP-FSU revendique 35 heures d’enseignement par semaine pour les CAP et la création de classes de CAP en 3 ans, permettant un renforcement disciplinaire dans toutes les matières professionnelles et d’enseignement général. Considérant que les élèves doivent bénéficier du même temps de formation en classe, le SNUEP-FSU s’oppose à tout parcours ou dispositif créant des inégalités entre candidat·es au CAP.

Désorganisation, contraintes innombrables, travail accru, concurrence sauvage, transformation de nos missions, voilà les conséquences des réformes menées. Le développement de l’apprentissage dans nos établissements ne pourra se faire qu’à la condition d’une refonte de notre statut. Le ministère le considère d’ailleurs comme problématique et souhaite toujours augmenter notre obligation de service face aux élèves. C’est la casse du service public de l’enseignement professionnel dont il s’agit ici.

Nous savons que la voie professionnelle permet des parcours de réussite et notre devoir est de les favoriser, de permettre à tous les jeunes de réussir. Levons-nous ensemble contre cette politique menée depuis plusieurs années, pour des formations solides et équilibrées, pour une reconnaissance de notre travail et une revalorisation de nos salaires. Refusons toute augmentation de charge de travail et l’imposition de dispositifs non définis par des textes réglementaires. Dénonçons toute pression hiérarchique et agissons collectivement, dans les établissements, les académies, nationalement pour l’abandon pur et simple de cette transformation de la voie professionnelle.

Par rapport aux précédents horaires, les élèves ont de 1,5 à 3 h d’enseignement hebdomadaire en moins soit 3 à 6 semaines sur les 2 ans. Cette nouvelle organisation horaire ne permettra pas d’élever le niveau de compétence des élèves.

Co-intervention et annualisation : l’organisation de la co-intervention ne doit pas amener au non-respect de nos obligations de service hebdomadaires. Un regroupement de la co-intervention sur une semaine doit être synonyme de suppression des cours disciplinaires.

On en parle …

… en actualité syndicale

Aucune actualité syndicale sur ce thème.

…dans le journal ACTU’

N°144 – Janvier 2025

Dossier

Regard sur le CAP

Le CAP a longtemps favorisé une insertion rapide dans le monde du travail. En 1, 2 ou 3 ans, il…

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