Le mixage des publics où, dans un premier temps, des formations spécifiques et à faibles effectifs sont visées et les personnels sont invités à accepter les apprenti·es dans leurs classes afin de préserver leurs emplois. Mais l’objectif principal des décideurs, c’est d’optimiser le coût des formations sans tenir compte des effets négatifs sur la formation professionnelle initiale sous statut scolaire.
L’instauration d’un rythme de formation à plusieurs vitesses a des conséquences négatives sur la scolarité des élèves de la voie professionnelle, publics en grande difficulté. Car le temps passé par les apprenti·es dans l’entreprise peut atteindre 75 % de la durée globale de la formation ce qui n’est pas le cas des élèves qui doivent effectuer 20 semaines de stages sur 3 ans en bac pro et 12 à 14 semaines sur 2 ans en CAP. Donc à chaque fois le rythme de la formation doit être retardé pour permettre aux apprenti·es de suivre les cours et les différentes activités professionnelles. Ainsi les enseignant·es devront mettre en place un enseignement à la carte pour prendre en compte les absences des apprenti·es. Donc, encore davantage de dégradation des conditions d’études des jeunes de la voie professionnelle et des conditions d’enseignement des professeur·es de lycée professionnel qui deviennent intenables.
Avec la mixité des publics les ruptures deviennent invisibles car en perdant son contrat de travail l’apprenti·e devient élève, ce qui va permettre à quelques employeurs de continuer à exploiter, discriminer et sélectionner les jeunes. Il clair que cette mixité engendrera d’autres difficultés (suivi en entreprise, évaluations, absences, sanctions). Mais le grand problème c’est dévier, progressivement, l’enseignement professionnel sous statut scolaire de sa mission principale.