Apprentissage en lycée professionnel

Le 30 avril 2025, la ministre du Travail a annoncé une nouvelle réforme du financement de l’apprentissage. Derrière les discours sur la « soutenabilité financière », il s’agit surtout de recentrer la formation sur les métiers en tension et les premiers niveaux de qualification. L’objectif reste clair : mettre les jeunes au travail le plus vite possible, au service des entreprises, tout en réduisant les dépenses publiques.

L’apprentissage : un modèle coûteux et inefficace

  • Plus de 10 milliards d’euros par an sont engloutis dans un système qui n’a jamais prouvé son efficacité en matière d’insertion durable ;
  • Les discriminations (genre, origine, handicap…) persistent, et les jeunes les plus fragiles sont les plus exclus ;
  • L’apprentissage sert avant tout à abaisser le coût du travail : main-d’œuvre bon marché, aides massives aux employeurs, transfert des coûts de formation d’adaptation sur poste de travail de la responsabilité de l’employeur vers la formation initiale.

Des effets préoccupants sur l’emploi

  • 1 apprenti·e sur 5 se retrouve à l’Assurance chômage après son contrat ;
  • Les parcours en alternance retardent l’accès à un emploi stable ;
  • Le taux de rupture reste élevé (21 % en moyenne) ;
  • Le chômage des jeunes et les pénuries de main-d’œuvre persistent, malgré la massification du dispositif ;
  • Le nombre de NEET n’a pas réellement baissé depuis 10 ans.

Une aubaine pour le privé

Depuis la loi de 2018, des milliers de CFA privés lucratifs se sont développés grâce aux subventions publiques. Résultat : un marché de la formation largement financé par l’argent public, sans contrôle réel de la qualité pédagogique.

Que prévoit la réforme ?

  • Participation financière obligatoire des employeurs pour les formations de niveau bac+3 et plus ;
  • Priorité donnée aux CAP et bac pro, avec modulation des financements par les branches ;
  • Baisse des prises en charge pour les formations à distance et contrôle renforcé des CFA… en théorie.

À savoir

La position de la SNUEP-FSU

Cette réforme ne change rien au fond : elle poursuit la logique de mise en marché de la formation professionnelle et fragilise encore les lycées pros et l’enseignement supérieur public.

Le SNUEP-FSU exige :

  • L’abrogation de la loi de 2018 ;
  • L’arrêt des aides publiques à l’embauche d’apprenti·es ;
  • Un retour à une régulation publique et à un vrai contrôle des formations ;
  • Des moyens renforcés pour le service public afin de garantir à chaque jeune le droit d’étudier dans de bonnes conditions.

Carte des formations à la main du patronat

La carte des formations de l’apprentissage est uniquement dans le giron des branches professionnelles et échappe à tout contrôle de l’Etat et des Régions. Ce qui permet aux patronats d’ouvrir ou fermer des formations en fonction de leurs besoins, varier les offres de formation et multiplier les certificats professionnels. A l’opposé, la carte des formations de l’enseignement professionnel évolue très peu. Elle est souvent utilisée pour gérer les flux des élèves. Les créations de quelques formations sont compensées par la fermeture d’autres à moyen constant.  Le SNUEP-FSU demande une vraie politique de développement des formations professionnelles initiales publiques sous statut scolaire permettant de prendre en compte la demande sociale des jeunes et de répondre réellement aux enjeux économiques et écologiques.

Réforme de l’apprentissage : tri et contrôle des jeunes, cadeaux aux entreprises

On en parle …

… en actualité syndicale

Aucune actualité syndicale sur ce thème.

…dans le journal ACTU’

N°137 – Décembre 2023

Politiques éducatives

Nouvelle hausse budgétaire pour l’apprentissage

En préparant le budget 2024, le gouvernement confirme vouloir poursuivre le développement de l’apprentissage.

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