Depuis plusieurs années, le SNUEP-FSU alerte sur la crise de recrutement qui frappe les CAPLP. Après avoir été déplacés en fin de master sous Jean-Michel Blanquer, les concours de recrutement ont de nouveau été réformés en 2025.
La réforme Blanquer visait à améliorer l’attractivité du métier d’enseignant non par les salaires, mais par une professionnalisation accrue des concours. Le concours a été déplacé en fin de master, accompagné de dispositifs de préprofessionnalisation et d’un entretien supplémentaire. La FSU et le SNUEP ont dénoncé cette réforme, dont le bilan est un échec : la crise du recrutement s’est aggravée. Face à ce constat, un nouveau projet est lancé : le retour du concours au niveau licence. Mais il ne s’agit pas d’un retour à l’ancien modèle, car le concours doit être passé durant la L3, obligeant les étudiants à préparer simultanément licence et concours.
Une réforme mal préparée
Seules une partie des disciplines générales sont concernées. L’intégration de certaines disciplines professionnelles avait été envisagée, mais le SNUEP-FSU a obtenu leur maintien dans le système actuel, évitant un relèvement absurde du niveau d’accès qui aurait eu pour effet un appauvrissement du vivier. La réforme est mise en œuvre dans la précipitation, avec un calendrier contraint et sans réelle concertation, plongeant les universités et les candidats dans l’incertitude. Les maquettes universitaires doivent être modifiées dans l’urgence, sans moyens supplémentaires. Pour le SNUEP-FSU, cette improvisation renforce le manque d’attractivité du métier.
L’enseignement professionnel oublié
En outre, l’enseignement professionnel est largement négligé. Les PLP des disciplines professionnelles restent en marge du nouveau dispositif, et les modalités de formation des futurs lauréats, nommés directement en responsabilité, demeurent floues. Pour le SNUEP-FSU, cela affaiblit encore la reconnaissance et l’attrait de la voie professionnelle.
La distinction entre section professionnelle et section des métiers a maintenant disparu. Pour être enseignant-e dans les disciplines professionnelles, il suffit de remplir l’un des conditions suivantes :
- 5 années de pratique professionnelle ou d’enseignement de cette pratique ET posséder un brevet de technicien supérieur (BTS), ou un diplôme universitaire de technologie (DUT), ou un titre ou un diplôme de niveau égal ou supérieur, ou avoir bénéficié d’une action de formation continue conduisant à une qualification professionnelle de niveau 5 (anciennement niveau III) du cadre national des certifications professionnelles (CNCP)
OU
- 7 années d’une pratique professionnelle ou d’enseignement d’une telle pratique ET d’un diplôme de niveau 4 (anciennement niveau IV / baccalauréat) du cadre national des certifications professionnelles (CNCP).
OU
- être inscrit en dernière année d’études en vue de l’obtention d’une licence (L3) ou d’un titre ou diplôme reconnu comme équivalent ou être titulaire d’une licence ou d’un titre ou diplôme reconnu comme équivalent.
Pour le SNUEP-FSU, quel que soit le niveau de recrutement nous exigeons une formation menant à un niveau de qualification master.