Monsieur le Ministre, Monsieur le Président, Madame la Directrice, mesdames et messieurs les membres du CSE, le 26 février dernier, le Premier ministre a profité du remaniement technique de son gouvernement pour réinstaurer en catimini une délégation ministérielle rapprochant l’enseignement professionnel et l’apprentissage et mettant à nouveau les lycées pros sous tutelle du Travail par l’intermédiaire de Sabrina Roubache.
Une ministre déléguée sous la double tutelle Travail / Éducation nationale, comme C. Grandjean, mais avec en plus la charge de l’apprentissage qui semble ainsi devenir l’unique horizon pour la formation professionnelle initiale !
La précédente double tutelle avait débouché sur une réforme de l’enseignement professionnel sous statut scolaire pour le rapprocher de l’apprentissage. L’objectif était d’augmenter le temps en entreprise tout en diminuant le temps de formation en LP. Collectivement, syndicalement, dans la durée, nous y avons fait échec. Les réformes successives de l’apprentissage sont, elles aussi, un échec : malgré les dizaines de milliards d’argent public injectés dans le système qui ont surtout bénéficié au développement d’organismes privés très lucratifs, près d’un jeune sur cinq est encore au chômage, le nombre de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) n’a pas baissé et le manque de main d’œuvre dans les métiers en tension persiste.
Le SNUEP-FSU dénonce la création de cette délégation ainsi que la double tutelle ministère du Travail / ministère de l’Éducation nationale. Nul doute que le retour d’une telle délégation peut être source de nouvelles réformes ou de nouveaux dispositifs qui ne pourront qu’une fois encore dénaturer le lycée professionnel.
Le SNUEP-FSU considère qu’il est plus que temps de laisser les personnels respirer et faire leur métier pour que les élèves bénéficient d’une formation professionnelle globale, citoyenne et émancipatrice.
Concernant plus précisément l’ordre du jour de ce CSE, nous allons étudier un arrêté dont l’objectif est de réduire à 2 semaines le parcours personnalisé en Terminale BAC Pro et qui précise, dans sa note de présentation, que les épreuves écrites se tiendront à nouveau à partir de mi-juin.
Lors du lancement du Comité de suivi de la voie professionnelle en janvier, le ministre E. Geffray a enfin reconnu l’échec du parcours différencié de fin d’année et de l’avancée des examens en mai. Les organisations syndicales étaient unanimes pour réclamer le retour des examens mi-juin et l’abrogation du parcours différencié, devenu personnalisé, dès cette année. Mi-février, le ministre annonçait que les épreuves de terminale bac pro se tiendraient à partir de la mi-juin en 2027. C’est une victoire des personnels mobilisés et des organisations syndicales qui n’ont rien lâché depuis trois ans. Nous ne pouvons que nous en féliciter lors de ce CSE.
Mais le recul n’est pas encore complet. Un parcours personnalisé de deux semaines est maintenu pour que subsiste l’esprit de la transformation des lycées pros voulue par E. Macron. Lors de ces deux semaines, possiblement non consécutives, les élèves auront toujours à choisir entre se préparer à l’insertion professionnelle, via un stage gratifié en entreprise, ou se préparer aux poursuites d’études en restant au lycée, sans rémunération. Les dés ainsi pipés prouvent bien que la volonté de trier demeure, ce que continue de dénoncer le SNUEP-FSU pour qui l’article L 333.4 n’est plus respecté. En effet, le code de l’éducation précise bien dans celui-ci que l’examen du baccalauréat général, technologique ou professionnel doit sanctionner une formation équilibrée qui ouvre la voie à la poursuite d’études supérieures et à l’insertion professionnelle.
Merci de votre attention
