Baisse des montants : les lycées professionnels en première ligne
Depuis plusieurs années, les lycées professionnels subissent de plein fouet la baisse des moyens. La diminution progressive de la taxe d’apprentissage versée directement aux établissements aggrave cette situation. Alors que cette ressource constituait un appui important pour financer du matériel pédagogique, des équipements techniques ou des projets éducatifs, son assèchement fragilise encore davantage les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels.
Une taxe vidée de sa substance
La réforme de l’apprentissage de 2018 a profondément modifié le financement de la taxe. La part libre, que les entreprises pouvaient attribuer directement aux lycées, a été réduite à portion congrue, puis quasiment supprimée. Résultat : les établissements, déjà sous-dotés, perdent une ressource précieuse et se retrouvent dépendants de financements aléatoires. Dans un contexte où les plateaux techniques doivent être modernisés pour suivre l’évolution des métiers, ce manque de moyens est dramatique.
Des conséquences concrètes pour les jeunes
Les formations professionnelles nécessitent des équipements lourds, coûteux et régulièrement renouvelés : machines-outils, matériels de cuisine, équipements numériques, véhicules, etc. Sans financements suffisants, les lycées professionnels ne peuvent plus offrir aux élèves des conditions de formation optimum. Cela pénalise directement l’insertion professionnelle des jeunes, qui sortent avec moins de compétences pratiques et moins de confiance en eux.
Le paradoxe des discours gouvernementaux
Le gouvernement répète vouloir « revaloriser » la voie professionnelle et répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans les métiers en tension. Mais dans le même temps, il prive les établissements des moyens nécessaires à une formation de qualité. Ce double discours est insupportable : comment préparer sérieusement les jeunes aux métiers de demain sans investir massivement dans leurs lieux de formation ?
La nécessité d’un budget de fonctionnement renforcé
Le SNUEP- FSU appelle à un véritable plan de financement des lycées professionnels. Cela suppose :
- D’augmenter le budget de fonctionnement alloué par l’État et les Régions,
- De compenser la disparition des ressources issues de la taxe d’apprentissage,
- De garantir des plateaux techniques modernes et entretenus,
- De permettre aux équipes éducatives de développer des projets ambitieux pour leurs élèves.
Investir dans les jeunes, pas dans les profits
L’argent public doit servir à former et émanciper la jeunesse, pas à subventionner massivement l’embauche à moindre coût via l’apprentissage en entreprise. Donner des moyens aux lycées professionnels, c’est garantir à chaque jeune une formation de qualité, un avenir choisi et non subi.
Pour un lycée professionnel fort, émancipateur et bien financé, exigeons dès maintenant un budget de fonctionnement à la hauteur des besoins !