APPEL ET SOUTIEN AUX MOBILISATIONS POUR L’EDUCATION PRIORITAIRE

Décidément, les choix des politiques éducatives menées par le ministère sont mauvais. Le ministère présente une carte des REP établie à moyens constants, et qui de plus exclut les lycées. Exclure l’enseignement professionnel de l’éducation prioritaire, c’est ignorer -ou feindre d’ignorer- la dégradation des conditions sociales et de vie de nos élèves et laisser les personnels de l’enseignement professionnel public démunis face aux difficultés grandissantes dans les classes. Dans ce contexte, nous ne pouvons qu’être très inquiets du sort qui sera fait aux lycées professionnels.

Une réforme de l’éducation prioritaire ne peut se réduire au seul périmètre de la scolarité obligatoire. Elle nécessite des moyens supplémentaires dans les LP-SEP-SEGPA-EREA pour permettre une meilleure réussite des jeunes.

Une réforme de l’éducation prioritaire ambitieuse et la promotion d’une formation professionnelle sous statut scolaire de qualité et émancipatrice nécessite des dédoublements systématiques (dédoublements qui ont disparu avec la réforme du Bac Pro 3 ans), deux professeur-es principaux par classe, la mise en place de moyens pour la vie scolaire et lycéenne, la gratuité des projets et des sorties culturelles et professionnelles, pour les enseignant-es un temps de service de 14 h devant élèves plus 4 h de concertation pour permettre le travail des équipes. Le SNUEP-FSU réaffirme la nécessité d’équipes pluridisciplinaires formées (enseignant-e, médecin, infirmier-e, assistant-e social-e, CPE) au sein de chaque établissement et l’octroi aux personnels de bonifications indiciaires fonctionnelles. Une réforme de l’éducation prioritaire ambitieuse doit également permettre l’entrée dans son dispositif de nouveaux établissements.

C’est pourquoi le SNUEP-FSU soutient les mobilisations unitaires des personnels qui se tiennent cette semaine et appelle les personnels à participer massivement au rassemblement du 17 décembre qui se tiendra lors du CTM.

LA LUTTE CONTRE LE DECROCHAGE SOUS LE REGNE DE L’AUSTERITE

Dans un contexte de crise globale, accompagnée d’une aggravation continue des inégalités sociales et d’explosion des chiffres du chômage, le 1er ministre et la ministre de l’EN ont présenté un plan national de lutte contre le décrochage scolaire.

Annoncée comme une priorité nationale absolue lors de la campagne présidentielle avec l’objectif de diviser par 2 le nombre de décrocheurs d’ici la fin du quinquennat, la lutte contre le décrochage scolaire avait déjà fait l’objet d’un plan annoncé par Vincent Peillon en décembre 2012.

Les mesures présentées aujourd’hui n’apportent rien de nouveau par rapport aux mesures Peillon, si ce n’est l’octroi de 50 millions d’euros supplémentaires par an, bien dérisoire au regard des enjeux. Sur 140 000 décrocheurs, cette enveloppe se traduit en réalité par moins de 400 euros par élève décrocheur.

La lutte contre le décrochage est une question de justice sociale. Avec l’enveloppe supplémentaire annoncée, l’impasse sur les questions de réduction des effectifs et d’instauration de seuils de dédoublement –notamment pour les 3e PP-, une carte des REP édifiée actuellement à moyens constants, le gouvernement présente un plan bien en deçà des enjeux éducatifs et sociaux.

Pour le SNUEP-FSU, diminuer le décrochage et permettre le retour en formation sous statut scolaire des milliers de jeunes aujourd’hui sans qualification professionnelle, il y a urgence à donner des moyens supplémentaires à l’enseignement professionnel public.

Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel Tél : 01 45 65 02 56