NOUVEAU DÉROULEMENT DE CARRIÈRE : MODALITÉS

Depuis la création du corps des PLP en 1985 en deux grades PLP1 et PLP2, puis l’intégration progressive dans le corps de PLP2 jusqu’aux années 2000, les PLP n’avaient pas réellement connu d’évolution significative en termes de carrière et de rémunération. Pire, les enseignant-es en France étaient les seul-es en Europe à connaître une baisse régulière de leur pouvoir d’achat. Ainsi, de 2000 à 2016, le traitement net d’un-e enseignant-e a perdu au moins 2 mois de sa valeur en euros constants. En cause, la faible revalorisation du point d’indice puis son gel depuis 2010 et l’augmentation de la retenue pour pension liée à la réforme des retraites. Le gel du point d’indice, à lui seul, a engendré 8 % de perte.
Aujourd’hui, en France le salaire moyen d’un-e professeur-e est inférieur de 31 % à celui d’un cadre de la FP, qui touche davantage de primes, et de 38 % à celui d’un cadre du secteur privé.
C’est dans ce contexte qu’à moins d’un an de l’élection présidentielle, le gouvernement a décidé d’un plan de reva- lorisation salariale des enseignant-es. La ministre de l’EN a donc ouvert le 1er juin, des négociations avec les organisations syndicales sur de nouvelles mesures de revalorisation et de déroulement de carrière qui seront mises en application progressivement pour l’ensemble des personnels d’éducation de 2017 à 2020.
L’ensemble des mesures proposées est une déclinaison du protocole PPCR négociée dans la FP et pour lequel la FSU avait donné sa signature à l’automne dernier. Ces mesures entraîneraient une dépense supplémentaire d’un milliard d’euros de hausse de salaires d’ici à 2020 pour l’EN dont la moitié en 2017.
Même si cette revalorisation va dans le bon sens, ni celle-ci ni l’augmentation du point d’indice de 1,2 % en deux ans arrachée par les organisations syndicales, ne compenseront la perte de pouvoir d’achat cumulée depuis plus de 15 ans. Ces mesures indiciaires et la nouvelle progression de carrière doivent être un point d’appui pour poursuivre nos actions afin d’améliorer davantage nos salaires et nos conditions de travail.
Le SNUEP-FSU restera vigilant pour que ces mesures puissent bénéficier aux PLP et CPE. Il n’acceptera pas une réforme de l’évaluation qui se ferait contre les enseignant-es. Il continuera à mobiliser l’ensemble des personnels dès la rentrée pour demander un véritable plan de rattrapage du point d’indice et une véritable amélioration de l’évaluation des enseignant-es.


Nouvelle progression de carrière : augmentation des traitements mais les inégalités demeurent !

Consulter les nouvelles grilles 

Calendrier 2017-2020

Janvier 2017 : Augmentation de 2 à 7 points d’indice selon les échelons, auxquels s’ajoutent 4 points avec la transformation d’une partie de l’ISOE part fixe.
Septembre 2017 : Le nouveau déroulement de carrière est basé sur un rythme commun à tou-tes. L’indice de l’échelon 1 est augmenté de 34 points (383) mais il faut désormais 1 an d’ancienneté (au lieu de 4 mois) pour passer à l’échelon 2 (436). Chacun-e sera reclassé-e dans la nouvelle grille, à échelon égal pour la classe normale, à échelon -1 pour la HC (exemple : le 6e échelon actuel de la HC sera renuméroté au 5e). Dans les deux cas, l’ancienneté acquise dans l’ancien échelon est conservée. La HC sera accessible aux personnels ayant atteint le 9e échelon depuis 2 ans (7e échelon actuellement). Parallèlement une classe exceptionnelle est créée.
Janvier 2018 : Transformation d’une partie de l’ISOE part fixe correspondant à 5 points d’indice.
Janvier 2019 : Les indices, excepté celui du 2e, augmentent de 2 à 15 points selon les échelons.
Janvier 2020 : Au final l’indice terminal de la CN est 673 (658 actuellement) et celui de la HC est 821 points (783 actuellement).

L’inégalité dans l’avancement perdure

Cette nouvelle carrière est fondée partiellement sur un avancement à un rythme unique pour tou-tes, calqué sur l’avancement actuel au Choix, avec 2 moments d’accélération pour certain-es. Au 6e et 8e échelon, 30 % des enseignant-es bénéficieront d’un avancement accéléré de 1 an. Le temps cumulé en CN durera de 24 à 26 ans, contre 20 à 30 ans actuellement. Les personnels seront soumis à un RV de carrière qui conditionnera leur passage à la HC.

La hors classe pour tou-tes ?

Si le ministère affiche la volonté de permettre à tou-tes de dérouler une carrière sur au moins 2 grades (CN + HC), pour le garantir il serait indispensable que le ratio promus/promouvables permette, chaque année, de définir un contingent suffisant de promotions afin de permettre à chaque collègue d’ atteindre les indices de traitement les plus élevés.

Transfert prime/points, opération « blanche » mais qui augmente les pensions

Le protocole PPCR prévoit dès le 1er janvier 2017 une transformation d’une partie de l’ISOE part fixe (506,09 €* bruts annuels) en son équivalent en points d’indice. Cette mesure sera sans effet sur le traitement net mensuel mais augmentera les futures pensions de retraite puisque le calcul est basé sur le traitement indiciaire.

De nombreux problèmes demeurent

Malgré le manque d’attractivité de nos métiers et les charges pesant sur les nouveaux personnels, la progression sera ralentie en début de carrière. La classe exceptionnelle ne serait accessible qu’à une infime minorité. Lors des discussions qui vont s’ouvrir, la FSU et ses syndicats porteront donc l’exigence d’une meilleure revalorisation des futur-es recruté-es, des garanties sur le parcours de tou-tes sur au moins 2 grades dans le cadre d’une carrière plus linéaire et plus rapide et d’une 3e classe accessible à tou-tes.

*Depuis le 1er juillet 2016   la valeur du point d’indice est de 55,8969€ brut annuel soit 4,6581€ brut mensuel


Nouvelle évaluation des enseignant-es : un projet dangereux !

Le SNUEP-FSU revendique une évaluation qui cherche à améliorer la qualité du travail pour une plus grande réussite des élèves et non à trier sur le volet quelques enseignant-es pour accélérer leur carrière. L’évaluation doit être complètement déconnectée de l’avancement de la carrière pour jouer son rôle : accompagner, former, conseiller.
Le projet actuel du ministère n’est pas ce que nous demandions et reste trop centré sur la gestion des carrières. Pour le SNUEP-FSU, il faut développer et améliorer le suivi et la formation des enseignant-es en début de carrière. Le seul objectif doit être de parfaire la formation et d’apporter aide et accompagnement aux collègues ayant moins de 15 ans de carrière.

Rendez-vous de carrière

-2 RV (6e et 8e échelon) débouchant sur une éventuelle “accélération” de carrière avec un gain d’une à deux années possible
– 1 RV pour l’accès à la HC.
– 1 RV pour l’accès à la classe exceptionnelle.
Les 2 premiers rendez-vous de carrière correspondent à une tranche d’âge estimée entre 30 et 38 ans. Les jeunes femmes risquent fort d’être discriminées puisque absentes pour des congés maternité. Nous considérons que tout-tes les collègues doivent pouvoir avancer à un rythme unique, et cela en déconnexion avec l’évaluation. L’évaluation des personnels doit porter sur le cœur de leur métier et non sur des dimensions périphériques.
L’accès à la hors classe ne peut être soumis au seul RV de carrière, au risque de ne pas remplir l’un des objectifs du PPCR : la garantie du parcours de deux grades à tous les personnels ayant déroulé l’ensemble de leur carrière en classe normale. Un barème doit donc être établi ; il doit promouvoir l’ancienneté de service. Ce barème doit prévoir une mesure afin que les bénéficiaires des 6e et 8e échelons ne soient pas les premiers à profiter de ce nouvel avance- ment.
Une vraie relation de confiance et de respect professionnel doit s’instaurer entre les personnels d’enseignement, d’éducation, d’orientation et leur hiérarchie. Il s’agit là d’un point central qui nécessite un changement culturel profond : passer d’une logique d’injonctions à une culture de l’échange. Personnels et inspecteurs/trices ne s’en porteraient que mieux pour une meilleure réussite des élèves.


Bilan Professionnel  : les personnels sous pression

Chaque RV de carrière sera précédé de la remise par l’enseignant-e de son bilan professionnel qui servirait par ailleurs de trame lors des entretiens annuels réguliers avec le /la chef-fe d’établissement. Le ministère parle de description d’activités en « contextualisant et personnalisant ses analyses », en « décrivant sa participation à la vie de l’établissement et son implication dans les relations de l’école/établissement avec son environnement ». Sous couvert de réflexion sur l’activité professionnelle, l’enseignant-e est sommé-e de livrer à sa hiérarchie son autocritique. Le SNUEP-FSU conteste ce procédé usant de la soumission.


Le SNUEP-FSU revendique

  • Une déconnexion entre l’avancement de carrière et l’évaluation de l’enseignant-e.
  • Un respect du cadre réglementaire et la fin des exigences autoritaires hors de ce cadre.
  • Une inspection et des formations co-construites qui s’inscrivent dans la confrontation de 2 expertises et non dans la domination d’un-e expert-e sur un-e autre qui imposerait des injonctions et des consignes.
  • Une inspection dont les conseils sur les plans pédagogique et technique favorisent la réflexivité des enseignant-es sur leurs pratiques.
  • Une inspection qui soit l’occasion de faire un bilan sur les besoins en formation individuels et collectifs.

 

Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel Tél : 01 45 65 02 56