Archives de catégorie : Communiqués

Rapport StraNES

Ou comment exclure les bachelier-es professionnel-les
de l’université

Le SNEP, SNETAP, SNPI et SNUEP-FSU ont pris connaissance du rapport StraNes qui définit « les priorités de la Nation pour son enseignement supérieur ». Bien que nos organisations partagent le constat des difficultés rencontrées par les élèves de la voie professionnelle dans le supérieur, elles estiment que les causes n’ont pas été analysées sérieusement et désapprouvent totalement la préconisation visant à mettre en place un « examen des capacités de réussite » pour les bachelier-es professionnel-les.

Face à l’échec des bachelier-es professionnel-les à l’université, le rapport préconise une procédure d’orientation chargée d’évaluer les capacités de réussite des jeunes, ce qui risquerait de leur fermer certains choix d’orientation. Nos organisations dénoncent vigoureusement cette proposition qui entérine officiellement le fait que tous les baccalauréats ne se valent pas, remet en cause ce diplôme comme 1er grade des universités – remettant en cause ainsi le droit formel à la poursuite d’études pour l’ensemble des
bachelier-es.

A l’instar du BPS (Brevet professionnel supérieur du rapport Lerminiaux), une formation supérieure professionnelle dédiée spécifiquement aux élèves de la voie professionnelle est prônée alors même qu’aucune étude d’opportunité n’a été effectuée. Le rapport réclame aussi le développement des « Campus des Métiers et des Qualifications », qui permettrait « de mettre en place une offre de formation adaptée aux emplois présents » alors qu’aucun bilan ne le confirme. L’apprentissage est encouragé en rendant les formations professionnelles du supérieur automatiquement éligibles aux fonds de la Formation Professionnelle et de l’apprentissage – il est inscrit explicitement que 0,25 % de la masse salariale des entreprises doit être orienté vers le supérieur. Alors que de nombreux LP dysfonctionnent du fait d’un reversement de taxe d’apprentissage toujours plus faible, une remise à plat de la TA est indispensable pour une répartition plus juste entre les différents opérateurs et afin que l’enseignement professionnel public sous statut scolaire ne soit pas encore plus affecté par cette mesure.

Pour nos organisations, tout doit être mis en œuvre pour améliorer la réussite des élèves de la voie professionnelle dans le supérieur car ils participeront à atteindre l’objectif annoncé de 60 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur. Pour cela, nous revendiquons pour les bachelier-es professionnel-les une année de mise à niveau post-bac mais aussi l’augmentation des capacités d’accueil en BTS et IUT. Aucun sujet ne doit être écarté et surtout pas une analyse objective sur les raisons de leurs échecs actuels. La question des parcours et des moyens doit être aussi au centre des réflexions. Le rapport Stranes démontre une profonde méconnaissance de la voie professionnelle voire un mépris pour ces élèves majoritairement issus des classes populaires qui partagent l’ambition d’élever leur niveau de qualification.

 

Motion de soutien aux personnels du LP Condé de Besançon

Conseil national du SNUEP-FSU
10 et 11 septembre 2015

Motion de soutien aux personnels du LP Condé de Besançon

Le SNUEP-FSU réuni en Conseil national ce vendredi 11 septembre apporte tout son soutien aux personnels enseignants et non-enseignants du Lycée professionnel Condé de Besançon en grève depuis le 1er septembre.

Ce mouvement est né des souffrances au travail subies par des personnels du lycée suite aux agissements inacceptables du chef d’établissement. Ces agissements consisteraient en des propos sexistes et racistes et des comportements graves qui relèveraient d’un manquement majeur à l’éthique des fonctionnaires.
Alerté par les personnels accompagnés des organisations syndicales dès le mois de juillet, le recteur de l’académie de Besançon n’a pas pris les mesures permettant un retour à climat serein. La tenue d’un CHSCT extraordinaire académique a enfin été accepté mais en ce jour aucune mesure conservatoire et aucune enquête administrative ne sont mises en place malgré trois dépôts de plainte pour harcèlement. Le SNUEP-FSU soutient les revendications des personnels notamment celle qui exige que le proviseur soit écarté de ses fonctions le temps que les enquêtes rendent compte de leurs résultats. Il est maintenant urgent que le recteur de Besançon prenne les mesures qui s’imposent pour permettre aux collègues de reprendre le travail dans des conditions sereines.

Le SNUEP-FSU condamne fortement toutes les dérives managériales qui conduisent à générer de la souffrance chez les personnels enseignants et non-enseignants et tous les comportements qui sont en contradiction totale avec les valeurs de respect et d’égalité pourtant fortement prônées par le ministère et explicitement inscrites dans les textes officiels.

Le SNUEP-FSU appelle à signer la pétition de soutien aux personnels et à participer à la caisse de solidarité.

Pétition pour la protection et la sécurité de l’ensemble des personnels enseignants, agents et administratifs du lycée Condé :

http://www.mesopinions.com/petition/enfants/protection-securite-ensemble-personnels-enseignants-agents/15717

Caisse de solidarité en ligne :
https://payname.fr/c/yezWW/Soutenez-les-personnels-du-lycee-Conde-en-greve

Enseignement professionnel public : début de reconnaissance ou opération de communication ?

Le 4 septembre au lycée professionnel François Rabelais à Dardilly (académie de Lyon), à l’occasion du lancement des « 30 ans du Bac pro », la ministre a annoncé 5 chantiers pour l’enseignement professionnel. Deux ans après la loi de Refondation de l’école et après les interpellations sans répit des syndicats de la FSU et notamment du SNUEP-FSU, le ministère semble enfin reconnaître l’existence de l’enseignement professionnel public, de ses élèves comme de ses personnels.

Les annonces de la ministre répondent en partie aux préoccupations exprimées que ce soit sur la nécessité pour l’offre de formations de
« 
l’établissement d’une véritable stratégie nationale, au-delà des travaux conduits entre les académies et leurs partenaires régionaux » ou sur la nécessité de prendre en compte « la singularité du métier de professeur en Lycée professionnel » en réfléchissant « à la pédagogie particulière et aux parcours de formations adaptés que les ESPE doivent pouvoir proposer au public spécifique que représentent les PLP, qu’il s’agisse de professionnels en reconversion ou des jeunes issus des filières professionnelles ».

Le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU et le SNPI-FSU rappellent qu’ils sont extrêmement critiques sur la réforme de la voie professionnelle mise en place en 2009 et que lors des discussions sur le bilan des lycées qui vont s’ouvrir prochainement, aucun sujet ne devra être écarté. C’est l’ensemble de la reforme qu’il faut questionner et revoir : parcours, contenus, modalités d’évaluation, organisation et dispositifs pédagogiques, éducation prioritaire… Le chantier sur « l’amélioration du fonctionnement, pour les enseignants comme pour les lycéens, de la première année de formation en lycée professionnel » ne répond que partiellement à nos demandes même si nous comprenons que les mesures qui doivent être prises dès 2016 doivent en priorité être mises en œuvre sur la classe de seconde. Par ailleurs, ces annonces n’occultent pas la promotion incessante de l’apprentissage à l’œuvre, qui se construit au détriment et sur le dos de l’enseignement professionnel public et de ses moyens. 

La loi de refondation de l’Ecole avait occulté la voie de l’enseignement professionnel, aussi le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU et le SNPI-FSU prennent acte des points positifs du discours de la ministre et s’inscrivent dans les démarches visant à valoriser cet enseignement. Mais le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU et le SNPI-FSU rappellent que revaloriser l’enseignement professionnel ne peut se limiter à de la communication. Au-delà des quelques annonces, ce sont bien de mesures concrètes et de moyens dont ont besoin les professeur-es de LP pour améliorer la réussite des jeunes qui s’orientent dans la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. La revalorisation de cette voie de formation passe aussi par l’amélioration de leurs conditions de travail et une réelle revalorisation salariale, reconnaissance de leur engagement professionnel au service de la réussite des lycéen-nes de la voie professionnelle.

Conférence de presse rentrée 2015

Conf-presse-2015QUELLE RENTRÉE POUR L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL PUBLIC ?

 Le SNUEP-FSU tiendra sa conférence de presse de rentrée, le vendredi 28 août à 10 h dans ses locaux au 38 rue Eugène Oudiné 75013 PARIS.

Dans le contexte du trentenaire du Bac Pro, le SNUEP-FSU fera le bilan des politiques éducatives menées dans l’enseignement professionnel et de ses actions en faveur de la revalorisation de cet enseignement.

Le SNUEP-FSU ne cesse de réclamer un changement de cap et d’en finir avec la politique d’austérité pour enfin redonner au service public d’éducation les moyens de faire réussir tous les jeunes.

Loin de régler le problème réel des sorties sans qualification, le président de la République fait le choix du développement de l’apprentissage avec des résultats qualitatifs et quantitatifs qui ne sont pas au rendez-vous.

Cette conférence de presse sera l’occasion pour le SNUEP-FSU de faire le point sur l’ensemble des difficultés qui touchent l’Enseignement professionnel public (réforme du Bac Pro 3 ans, Contrôle en cours de formation, formation des enseignant-es et non-titulaires, revalorisation du métier des PLP, apprentissage…), dossiers régulièrement portés par le SNUEP-FSU auprès du ministère de l’Éducation nationale.

MAINTIEN DES SEGPA !

Les SEGPA sont sauvées !

Un nouveau groupe de travail SEGPA s’est tenu ce lundi 29 juin au ministère. Il avait pour mission de conclure le travail engagé depuis février 2014 sur la réécriture de la circulaire de SEGPA, pour la mettre en conformité avec la loi de refondation de l’école et la mise en place des nouveaux cycles.

Le SNUEP-FSU n’a eu de cesse de rappeler son attachement au maintien de cette structure à 4 divisions de la 6ème à la 3ème, ainsi qu’à la procédure d’orientation à la fin du CM2, ces deux éléments permettant de garantir une cohérence des enseignements adaptés dans le second degré. Le risque de suppression de la classe de 6ème SEGPA a été écarté, ainsi que la volonté de transformer la structure en simple dispositif d’inclusion.

Le SNUEP-FSU a obtenu que les PLP fassent partie de l’équipe pédagogique et participent aux heures de synthèse et coordination. Mais il sera très vigilant à la transformation du paiement de ces heures par la mise en place d’une IMP prévue pour la rentrée 2016. Il a demandé à nouveau que les effectifs dans les enseignements professionnels soient définis clairement et permettent de mettre en place les apprentissages en petits groupes dans les ateliers. La formation au 2CA-SH sera remise à plat, ainsi que le DDEEAS. Le SNUEP-FSU a demandé que les départs en formation soient relancés dans tous les départements et que la formation DDEEAS soit revalorisée.

Pour le SNUEP-FSU, des évolutions paraissent positives : possibilité d’orienter sans redoublement, renforcement du pilotage national pour améliorer son fonctionnement et lui garantir son efficacité. Cependant, il faudra une incitation plus grande des DASEN à respecter les procédures d’orientation et les décisions de la CDOEA notamment afin d’éviter un assèchement des demandes de dossier vers les enseignements adaptés.

Le SNUEP-FSU acte le fait que la nouvelle écriture de cette circulaire garantit la pérennisation de cette structure SEGPA en permettant sa meilleure inclusion et celle de ses élèves dans le collège. Il restera cependant vigilant quant à sa mise en œuvre dans les académies.

LES ENSEIGNANT-ES TRAVAILLENT BIEN ASSEZ ! STOP AU MEPRIS

La réforme de la voie professionnelle a généré une destruction importante de postes et a considérablement alourdi la charge de travail des PLP. Depuis, la dégradation de leurs conditions de travail s’est encore accentuée. Dans un contexte de blocage des salaires sans précédent dans la Fonction publique, le ministère demande aux enseignant-es de toujours travailler plus tout en restant sourd aux revendications d’amélioration de leurs conditions de travail et de revalorisation salariale.

Le choix ministériel de fixer la journée de pré-rentrée au 31 août est caractéristique de cette politique qui préfère satisfaire l’idée démagogique que les enseignant-es ne travailleraient pas assez, sans répondre aux urgences de la profession.

Le SNUEP-FSU tient à souligner les problèmes de responsabilité ainsi posés pour les agent-es nouvellement affecté-es au 1er septembre.

Afin de dénoncer ce mépris de la part de notre employeur et de couvrir l’ensemble des collègues, le SNUEP-FSU dépose un préavis de grève pour la journée du 31 août 2015.