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BAC PRO GA : DES MESURES QUI NE SONT PAS A LA HAUTEUR DES DIFFICULTES

Le ministère a soumis au vote du CSE du 17 décembre 2014 un arrêté modifiant la définition des sous-épreuves professionnelles E31, E32 et E33 du Bac Pro Gestion Administration. Parmi ces modifications, l’une concerne la déconnexion du passeport de compétences de l’évaluation formative, l’autre est relative à l’évaluation de 17 classes de compétences en lieu et place des 55 précédemment prévues.

Ces modifications sont issues des propositions de groupe de travail ouvert par le ministère à la demande du SNUEP-FSU. Si elles proposent certaines corrections aux erreurs de conception de ce Bac Pro, elles sont loin de résoudre l’ensemble des difficultés que nous avions soulevées lors de ce GT. C’est pour cela que le SNUEP-FSU a voté ces propositions en abstention, exprimant ainsi sa forte déception. De plus, rien n’assure que ces modifications se concrétiseront rapidement sur le terrain.

Le Bac Pro GA a entraîné une dégradation importante des conditions de travail et les modifications proposées restent très insuffisantes et resteront sans effets sans un véritable accompagnement de formation des collègues.

Aujourd’hui, il est évident que le Bac Pro GA ne répond en rien aux objectifs visés lors de sa création. Il n’est aucunement attractif pour les élèves et leurs familles, il ne résout pas le problème du décrochage scolaire et des difficultés à trouver des lieux de stage. Ce Bac Pro est à revoir dans son ensemble, à la fois dans son architecture, ses contenus de formation et ses modalités de certification.

Le SNUEP-FSU a rappelé au ministère son exigence d”un bilan global, indépendant et objectif du Bac PRO GA. Le SNUEP-FSU exige aussi que toutes les solutions soient envisagées. Si une remise à plat totale de ce Bac Pro se révéle nécessaire, elle ne devra pas être écartée. Il est inacceptable de condamner des milliers d’enseignant-es à des conditions de travail aussi dégradées et de sacrifier ainsi des générations entières de jeunes.

FACE AUX ATTAQUES, LE SNUEP-FSU APPELLE A LA MOBILISATION

Les élections professionnelles sont passées. Fort de ses résultats, le SNUEP-FSU et ses militant-es poursuivront le combat. Nous sommes plus que jamais convaincu-es que notre action syndicale ne doit céder ni au choix de l’accompagnement des politiques menées, ni à la tentation du repli corporatiste et encore moins à l’adhésion aux idées réactionnaires. Le SNUEP-FSU continuera à œuvrer pour défendre le service public d’enseignement professionnel gravement menacé par la politique libérale et austéritaire du gouvernement. Nous continuerons à informer, résister et lutter pour empêcher la destruction de l’enseignement professionnel public.

Le SNUEP-FSU n’a pas cessé d’interpeller le ministère au sujet du Bac Pro GA et des conditions impossibles faites aux élèves et aux PLP y enseignant. Le ministère propose aujourd’hui des modifications des modalités de certification. Ces aménagements proposés en urgence ne sont pas à la hauteur des attentes. S’ils constituent une première modification, ils demandent une réelle concrétisation sur le terrain pour se traduire par un allègement des conditions de travail. Le SNUEP-FSU n’en restera pas là et demande toujours un bilan indépendant et objectif du Bac Pro GA dans toutes ses dimensions (finalités contenus, évaluations).

À la revendication de revalorisation salariale de nos métiers, le ministère, après avoir écarté les PLP de la pondération, répond par des décrets indemnitaires humiliants. Ces indemnités ne peuvent en rien compenser la perte continue de notre pouvoir d’achat, le travail accompli par les PLP et les nouvelles tâches qui chaque jour s’imposent à nous. Les textes en l’état ne sont pas acceptables. Nous ne laisserons pas les chefs d’établissement décider du niveau de notre rémunération ! Le SNUEP avec la FSU interviendra pour faire modifier ces textes.

Alors que le SNUEP-FSU n’a de cesse de faire remonter les difficultés et la surcharge de travail liés au CCF, le ministère poursuit sa politique de casse des certifications avec le projet de passage en CCF de l’épreuve de français-histoire du diplôme intermédiaire. Le SNUEP-FSU combattra ce projet.

Tous ensemble, il est possible d’inverser le cours de ces politiques. Contre la promotion de l’apprentissage, pour l’amélioration de nos conditions de travail, pour la revalorisation salariale, l’unité d’actions s’impose dans l’enseignement professionnel public.

Le SNUEP-FSU soutient les mobilisations unitaires des personnels pour l’éducation prioritaire et appelle les PLP à se mobiliser et à participer massivement au rassemblement du 17 décembre qui se tiendra lors du CTM.

Le SNUEP-FSU se mandate pour que la FSU appelle à la grève début 2015 dans l’éducation sur les questions budgétaires et salariales, les conditions de travail et mais aussi sur les enjeux de l’enseignement professionnel public.

APPEL ET SOUTIEN AUX MOBILISATIONS POUR L’EDUCATION PRIORITAIRE

Décidément, les choix des politiques éducatives menées par le ministère sont mauvais. Le ministère présente une carte des REP établie à moyens constants, et qui de plus exclut les lycées. Exclure l’enseignement professionnel de l’éducation prioritaire, c’est ignorer -ou feindre d’ignorer- la dégradation des conditions sociales et de vie de nos élèves et laisser les personnels de l’enseignement professionnel public démunis face aux difficultés grandissantes dans les classes. Dans ce contexte, nous ne pouvons qu’être très inquiets du sort qui sera fait aux lycées professionnels.

Une réforme de l’éducation prioritaire ne peut se réduire au seul périmètre de la scolarité obligatoire. Elle nécessite des moyens supplémentaires dans les LP-SEP-SEGPA-EREA pour permettre une meilleure réussite des jeunes.

Une réforme de l’éducation prioritaire ambitieuse et la promotion d’une formation professionnelle sous statut scolaire de qualité et émancipatrice nécessite des dédoublements systématiques (dédoublements qui ont disparu avec la réforme du Bac Pro 3 ans), deux professeur-es principaux par classe, la mise en place de moyens pour la vie scolaire et lycéenne, la gratuité des projets et des sorties culturelles et professionnelles, pour les enseignant-es un temps de service de 14 h devant élèves plus 4 h de concertation pour permettre le travail des équipes. Le SNUEP-FSU réaffirme la nécessité d’équipes pluridisciplinaires formées (enseignant-e, médecin, infirmier-e, assistant-e social-e, CPE) au sein de chaque établissement et l’octroi aux personnels de bonifications indiciaires fonctionnelles. Une réforme de l’éducation prioritaire ambitieuse doit également permettre l’entrée dans son dispositif de nouveaux établissements.

C’est pourquoi le SNUEP-FSU soutient les mobilisations unitaires des personnels qui se tiennent cette semaine et appelle les personnels à participer massivement au rassemblement du 17 décembre qui se tiendra lors du CTM.

LA LUTTE CONTRE LE DECROCHAGE SOUS LE REGNE DE L’AUSTERITE

Dans un contexte de crise globale, accompagnée d’une aggravation continue des inégalités sociales et d’explosion des chiffres du chômage, le 1er ministre et la ministre de l’EN ont présenté un plan national de lutte contre le décrochage scolaire.

Annoncée comme une priorité nationale absolue lors de la campagne présidentielle avec l’objectif de diviser par 2 le nombre de décrocheurs d’ici la fin du quinquennat, la lutte contre le décrochage scolaire avait déjà fait l’objet d’un plan annoncé par Vincent Peillon en décembre 2012.

Les mesures présentées aujourd’hui n’apportent rien de nouveau par rapport aux mesures Peillon, si ce n’est l’octroi de 50 millions d’euros supplémentaires par an, bien dérisoire au regard des enjeux. Sur 140 000 décrocheurs, cette enveloppe se traduit en réalité par moins de 400 euros par élève décrocheur.

La lutte contre le décrochage est une question de justice sociale. Avec l’enveloppe supplémentaire annoncée, l’impasse sur les questions de réduction des effectifs et d’instauration de seuils de dédoublement –notamment pour les 3e PP-, une carte des REP édifiée actuellement à moyens constants, le gouvernement présente un plan bien en deçà des enjeux éducatifs et sociaux.

Pour le SNUEP-FSU, diminuer le décrochage et permettre le retour en formation sous statut scolaire des milliers de jeunes aujourd’hui sans qualification professionnelle, il y a urgence à donner des moyens supplémentaires à l’enseignement professionnel public.

OU EST PASSEE LA PRIORITE A L’EDUCATION ?

Dans nos établissements, nous n’avions pas attendu les chiffres du Monde pour constater que la création massive de postes n’avait pas eu lieu. Ainsi, à la moitié du quinquennat, seuls 3856 postes auront été créés, dont 950 pour le 2nd degré. De même la promesse de priorité à l’enseignement professionnel ne s’est pas concrétisée. Avec une réforme de la voie professionnelle engagée à la va-vite et contre les personnels, les PLP ont vu leurs conditions de travail considérablement alourdies par la refonte des programmes, les CCF et des classes demeurées surchargées. Le tout pour quelle contrepartie ? Un pouvoir d’achat en berne !

Le gel des salaires des agent-es de la Fonction publique se poursuit et le 1er ministre confirme le maintien de ce gel jusqu’en 2017.

À nos revendications, le ministre et le gouvernement font la sourde oreille. Pendant ce temps, il multiplie les gages au Medef, en lui offrant tout un pan de l’enseignement professionnel et de ses élèves sur un plateau : promotion à tous crins de l’apprentissage, 500 000 apprentis en 2017 dont 60 000 dans les EPLE, multiplication des primes à l’embauche d’apprentis, expérimentation sur la co-élaboration des diplômes avec 8 branches professionnelles, et retour sur la législation liée aux machines dangereuses et au travail en hauteur pour les mineurs.

À celles et ceux qui s’opposent à ces politiques austéritaires et autoritaires d’accélération des exonérations fiscales pour le patronat, de démantèlement de la protection sociale, des services publics, du Code du travail, de destruction de l’environnement, le Gouvernement répond de manière autoritaire et brutale en expulsant des élèves sans-papiers, interdisant les manifestations, ou en engageant des forces de répression telles qu’elles ont entraîné la mort de Remi Fraisse à Sivens.

Le SNUEP-FSU soutient la manifestation du Collectif Alternative à l’Austérité « Mobilisons le peuple social contre l’austérité » qui se tiendra samedi 15 novembre.

Le SNUEP-FSU soutient la manifestation initiée par le Collectif national droits des femmes Contre les violences faites aux femmes qui se tiendra samedi 22 novembre

Avec l’intersyndicale CGT FP, FA-FP, FSU, SOLIDAIRES FP, mobilisons-nous le mardi 18 novembre de 12 h à 14 h devant l’assemblée nationale pour la défense de l’emploi public et des salaires.

 À ces politiques, nous disons « ça suffit » ! Le SNUEP-FSU appelle les PLP à se mobiliser pendant la semaine d’actions du 17 au 22 novembre et à se retrouver le jeudi 20 novembre à 11 h devant le ministère pour faire entendre leur voix !

 Avec la FSU, le SNUEP-FSU mobilisera le samedi 22 novembre à Paris à 10h lors d’un rassemblement aux Invalides où se tiendra un grand meeting de l’éducation à 13h à la maison de la Chimie (Métro Invalides).

DU 17 AU 22 NOVEMBRE : LE SNUEP-FSU DANS L’ACTION

Une fois de plus lors de cette rentrée, le ministère de l’Éducation nationale n’a concédé aucun moyen supplémentaire à l’enseignement professionnel public sous statut scolaire.

Cette voie de formation scolarise 1/3 des lycéen-nes mais cela ne semble pas suffire : aucun engagement n’a été pris par la nouvelle ministre pour la soutenir et la valoriser. Pire, le ministère a floué les personnels : un temps affiché comme une priorité,   l’enseignement professionnel public sous statut scolaire doit céder la place à l’apprentissage que le ministère promeut ces jours-ci sans réserve.

L’enseignement professionnel public a trop attendu. Alors qu’on lui demande d’être le rempart contre les sorties sans qualification, aucun bilan de la reforme du Bac Pro 3 ans n’a été tiré et les PLP comme leurs élèves ne se voient rien proposer pour améliorer leurs conditions de travail ou d’études.

Quand des milliers de jeunes ne trouvent pas de formation initiale qualifiante, il est du devoir du ministère de l’Education nationale d’investir dans la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. Or, le ministère -avec le soutien des régions- se désengage chaque jour davantage de sa mission éducative en favorisant l’apprentissage. Son objectif de développer le mixage des parcours et des publics va encore détériorer les conditions d’apprentissage de ces jeunes et accentuer les difficultés auxquelles les enseignant-es sont confronté-es au quotidien.

C’est pourquoi le SNUEP-FSU appelle l’ensemble des PLP à se mobiliser à travers une campagne d’interpellation du président de la République pour en finir avec les dégradations de la voie professionnelle publique sous statut scolaire. Il appelle l’ensemble de la profession à signer les cartes postales.

Pour faire entendre ses revendications et l’urgente nécessité d’améliorer les conditions de travail des collègues et d’études des élèves, le SNUEP-FSU appelle à une semaine d’action « Pour l’enseignement professionnel public » du 17 au 22 novembre.