Archives de catégorie : Communiqués

MAIS OÙ EST DONC PASSÉE LA REVALORISATION ?

Lors de sa dernière conférence de presse, le président de la République s’est engagé devant l’ensemble de la population à revaloriser l’enseignement professionnel. Afin d’obtenir des éclaircissements sur cette annonce et la mise en œuvre de cet engagement, le SNUEP-FSU a demandé à rencontrer la ministre de l’Éducation nationale. L’entrevue a révélé une fois de plus l’absence d’ambition du ministère pour l’enseignement professionnel public car aucune proposition nouvelle n’a été annoncée ou prévue. De surcroît, alors que la loi de refondation de l’école avait prévu le fléchage de 4000 postes pour l’amélioration des conditions d’étude des collégien-nes et des lycéen-nes professionnels en difficulté, l’attribution de l’intégralité de ces postes au collège entérine l’absence totale de moyens supplémentaires pour l’enseignement professionnel public. Cette annonce augure mal des futures négociations sur la réforme des trois voies du lycée.

Le ministère ne peut continuer à occulter la réalité émanant des différentes études et rapports de ses services : le lycée professionnel concentre le plus de difficultés et ses personnels ont les conditions de travail les plus dégradées.

Le SNUEP-FSU exige un plan d’urgence pour l’enseignement professionnel public, avec des moyens supplémentaires pour lutter contre le décrochage et améliorer les conditions d’études des élèves et de travail des personnels.

REVALORISER L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL ?

Lors de sa conférence de presse du 5 février, le président de la République a annoncé que « les lycées professionnels seront revalorisés ». Le SNUEP-FSU lui demande de passer rapidement des paroles aux actes.

Le SNUEP-FSU avait mené à l’automne 2014 une grande campagne Cartes postales à destination de la présidence de la République. Pendant tout ce temps, nous n’avons cessé d’alerter le ministère sur la situation des LP et de l’enseignement professionnel et avons sollicité une audience auprès de la ministre, demande pour laquelle nous n’avons toujours pas eu de réponse.

Les lycées professionnels scolarisent un tiers des lycéen-nes. Aussi, remédier aux difficultés des LP, lutter contre les inégalités scolaires et le décrochage scolaire, assurer la réussite des lycéen-nes professionnels constituent une urgence : les professeur-es de lycée professionnel ne peuvent plus se contenter de vœux pieux. C’est d’un véritable plan d’urgence et de moyens dédiés dont a besoin l’enseignement professionnel aujourd’hui. Il faut développer l’offre de formation sous statut scolaire et développer des contenus de diplômes ambitieux, les conditions de poursuites d’études doivent être améliorées, il faut des moyens pour lutter efficacement contre le décrochage et un retour effectif et dans de bonnes conditions des jeunes sortis sans qualifications. L’apprentissage ne saurait constituer une réponse à nos difficultés.

Il faut aussi redonner les moyens aux enseignant-es d’agir pour la réussite de tout-es, rendre effectif et développer la formation initiale et continue pour tous les PLP, améliorer leurs conditions de travail et reconnaître enfin leurs missions au service des élèves les plus en difficultés.

Il faut enfin traiter la question de la place des LP dans l’Éducation prioritaire et penser aussi la mise en place d’une carte des formations nationale dans l’objectif de développer la mixité sociale et lutter contre la « ghettoïsation » de certains établissements.

Le SNUEP-FSU est disponible pour en discuter avec le président de la République afin de concrétiser rapidement cette volonté partagée d’enfin « revaloriser les lycées professionnels ».

FORMATION INITIALE DES ENSEIGNANT-ES: UN DROIT POUR LES PLP AUSSI

Après le saccage de la formation des enseignant-es, le SNUEP-FSU avait accueilli favorablement la création des ÉSPÉ. Ces lieux de formation dédiée devaient réhabiliter leur formation et reconnaissaient que le métier d’enseignant-e est un « métier qui s’apprend ». Très vite, le SNUEP-FSU avait pointé l’inexistence de parcours adaptés pour les PLP. Pour le SNUEP-FSU, en ce qui concerne la formation des PLP, le constat est consternant ! Il y a urgence à apporter des correctifs voire à modifier en profondeur le cadre établi par la réforme, notamment la carte des formations.

Les stagiaires ex-contractuel-les PLP sont particulièrement maltraité-es : ils/elles sont majoritaires à effectuer un service complet et ne bénéficient donc pas de formation adaptée à leur cursus antérieur, si ce n’est sous forme de travail supplémentaire. Ces personnels auparavant précaires ont souvent été incités à passer les concours, mais le ministère leur refuse une formation digne de ce nom au prétexte qu’ils ont déjà enseigné.

Dans de nombreuses spécialités professionnelles, les ÉSPÉ ne disposent pas des formateurs/formatrices. Ainsi, l’employeur (MEN, Rectorat) effectue à la fois la formation, souvent sur les moyens de la formation continue et de la titularisation. Beaucoup de stagiaires PLP ne bénéficieront donc pas des ÉSPÉ pour les préparer au métier d’enseignant.

Le double pilotage de l’année de stage entraîne par ailleurs des discontinuités dans la formation : les universités autonomes fixent des contenus de masters différents d’une académie à l’autre. Quant au MEN, il impose des affectations selon une logique financière, là où les besoins sont importants, ce qui ne coïncide pas toujours avec le lieu de début des études…!

Enfin les stagiaires déjà titulaires d’un master, plus nombreux que prévu, semblent traité-es de diverses manières selon les ÉSPÉ, autant pour les contenus que pour l’évaluation et la titularisation.

Le SNUEP-FSU déplore l’incapacité des ÉSPÉ à assurer une formation égalitaire à tou-te-s les futur-es enseignant-es. Pour améliorer la réussite de tou-te-s les lycéen-nes professionnels, les PLP ont besoin d’une formation initiale complète et adaptée, accessible dans toutes les académies, au sein des ÉSPÉ. Une décharge de service de 12 heures est indispensable à une formation de qualité pour l’ensemble des PLP.

NOTE DU CONSEIL D’ANALYSE ECONOMIQUE : LE LEURRE DE L’APPRENTISSAGE

NOTE DU CAE : LE LEURRE DE L’APPRENTISSAGE ET DES PRECONISATIONS IRRESPONSABLES

 Le SNUEP-FSU a pris connaissance de la note « L’apprentissage au service de l’emploi » publiée par le Conseil d’analyse économique. Si le SNUEP-FSU partage le constat d’échec de l’apprentissage, l’analyse et les recommandations portées par ses rédacteurs repose sur de nombreux a priori et minimise l’importance de la formation générale et citoyenne des jeunes dont l’enjeu aujourd’hui est indiscutable.

Pour le SNUEP-FSU, les conclusions présentées par cette analyse, orientée à la seule faveur de l’apprentissage, sont inefficaces mais aussi dangereuses tant pour la formation et l’insertion professionnelle des jeunes que pour le développement de l’emploi dans notre pays.

Le SNUEP-FSU conteste vigoureusement la recommandation du CAE de baisser la part d’enseignement général dans les diplômes de CAP. Non, les disciplines générales ne sont pas des obstacles insurmontables pour les jeunes aux parcours « difficiles » et l’enseignement professionnel public a su démontrer sa maîtrise des pédagogies à destination des lycéen-nes professionnels. Le SNUEP-FSU n’est pas dupe : la minorisation de l’enseignement général remet en cause même l’accès aux diplômes des jeunes.

Brandir le leurre de l’apprentissage constitue ces dernières années la meilleure arme de ses promoteurs pour démanteler l’enseignement professionnel public. Concernant la taxe d’apprentissage, les rédacteurs du CAE préconisent d’augmenter encore la part de la taxe en faveur de l’apprentissage même. Que la part du « hors quota » passe de 38 % à 23 %, c’est encore trop d’argent pour l’enseignement professionnel et technologique publics et pas assez pour l’apprentissage !

Le SNUEP-FSU reste attaché aux diplômes de l’Education nationale qui sont, faut-il le rappeler, conçus au sein même des CPC, instances qui regroupent à la fois salarié-es, employeurs, enseignant-es et l’administration de l’EN. Il considère que c’est du rôle de l’Education nationale de garantir la qualité de la formation et de l’évaluation de ses diplômes. L’articulation d’un enseignement général et professionnel en fait leur force et leur intérêt au regard des autres certifications existantes. C’est la mise en œuvre de cette articulation qui conditionne la poursuite d’études et les possibilités d’évolutions futures des diplômé-es.

S’il faut effectivement reclarifier la frontière entre formation continue et formation initiale, les objectifs, les modalités, les lieux et les dispositifs de formation ne peuvent être identiques et doivent être adaptés en fonction des publics (moins de 18 ans, salarié-es, demandeurs-ses d’emploi).

Bien trop de moyens financiers ont été consacrés à l’apprentissage depuis dix ans alors que cet investissement n’a pas réellement prouvé son efficacité en termes d’insertion professionnelle des jeunes peu ou pas qualifiés ou de lutte contre le chômage. Le SNUEP-FSU considère que pour agir au service de l’emploi, il faut agir au service de l’éducation des jeunes et leur assurer une scolarité et un accès aux diplômes, seuls garants d’une insertion professionnelle réussie.

Communiqué intersyndical CGT, FAEN, SNETAA-FO, SNUEP-FSU

L’intersyndicale regroupant la CGT, FAEN, SNETAA-FO, SNUEP-FSU s’est réunie le vendredi 19 décembre pour analyser ensemble les politiques mises en œuvre dans le champ de l’enseignement professionnel public.

Enfermé dans une politique d’austérité, pour masquer le manque d’investissement et une réelle valorisation de l’enseignement professionnel, le ministère s’entête à vouloir développer l’apprentissage alors qu’il n’est ni la solution au chômage des jeunes, ni une voie de formation dispensant une formation permettant des poursuites d’études et une insertion durable dans l’emploi.

La volonté du ministère de développer l’apprentissage dans les LP, LPO et SEP fait peser de graves menaces sur l’enseignement professionnel public. Le mixage des parcours et des publics, qui sert notamment l’objectif de diminution des moyens alloués à l’enseignement professionnel et la sous-traitance des plateaux techniques des EPLE, dégradent encore les conditions de travail des PLP et les conditions d’études des lycéen-nes professionnel-les. Aujourd’hui, la ministre envisage de modifier le statut des PLP qui serait un « frein » au développement de l’apprentissage. Pour nous, cette éventualité est inacceptable et nous nous opposerons à de telles modifications.

Dans le cadre de la préparation de la rentrée 2015, au moment où le ministère met en place un droit de retour en formation professionnelle initiale pour les jeunes décrocheurs, aucun moyen supplémentaire n’est alloué aux LP, SEP, EREA et SEGPA pour prendre en charge ces jeunes et pour améliorer les conditions de travail des PLP fortement dégradées ces dernières années. Pire, Il est à craindre que pour financer certaines mesures mises en place à la rentrée 2015, les lycées professionnels et ses
enseignant-es en seront écartés : éducation prioritaire, pondération, … les moyens en seront ponctionnés sur l’enseignement professionnel public qui sert de variable d’ajustement.

Nos organisations condamnent le développement de l’apprentissage et demandent solennellement à la ministre de l’Education nationale de changer sa politique à l’égard des lycées professionnels publics. Le gouvernement doit mesurer l’enjeu que représente l’Enseignement Professionnel initial, public et laïque comme voie de la réussite des jeunes, contre les sorties sans qualification.

Nos organisations syndicales donnent rendez-vous aux PLP dès la rentrée de janvier 2015 pour construire ensemble les mobilisations nécessaires et riposter à cette politique.

BAC PRO GA : DES MESURES QUI NE SONT PAS A LA HAUTEUR DES DIFFICULTES

Le ministère a soumis au vote du CSE du 17 décembre 2014 un arrêté modifiant la définition des sous-épreuves professionnelles E31, E32 et E33 du Bac Pro Gestion Administration. Parmi ces modifications, l’une concerne la déconnexion du passeport de compétences de l’évaluation formative, l’autre est relative à l’évaluation de 17 classes de compétences en lieu et place des 55 précédemment prévues.

Ces modifications sont issues des propositions de groupe de travail ouvert par le ministère à la demande du SNUEP-FSU. Si elles proposent certaines corrections aux erreurs de conception de ce Bac Pro, elles sont loin de résoudre l’ensemble des difficultés que nous avions soulevées lors de ce GT. C’est pour cela que le SNUEP-FSU a voté ces propositions en abstention, exprimant ainsi sa forte déception. De plus, rien n’assure que ces modifications se concrétiseront rapidement sur le terrain.

Le Bac Pro GA a entraîné une dégradation importante des conditions de travail et les modifications proposées restent très insuffisantes et resteront sans effets sans un véritable accompagnement de formation des collègues.

Aujourd’hui, il est évident que le Bac Pro GA ne répond en rien aux objectifs visés lors de sa création. Il n’est aucunement attractif pour les élèves et leurs familles, il ne résout pas le problème du décrochage scolaire et des difficultés à trouver des lieux de stage. Ce Bac Pro est à revoir dans son ensemble, à la fois dans son architecture, ses contenus de formation et ses modalités de certification.

Le SNUEP-FSU a rappelé au ministère son exigence d”un bilan global, indépendant et objectif du Bac PRO GA. Le SNUEP-FSU exige aussi que toutes les solutions soient envisagées. Si une remise à plat totale de ce Bac Pro se révéle nécessaire, elle ne devra pas être écartée. Il est inacceptable de condamner des milliers d’enseignant-es à des conditions de travail aussi dégradées et de sacrifier ainsi des générations entières de jeunes.