Archives de catégorie : Apprentissage

2014 : bilan de l’apprentissage par la DARES

La DARES a fait un bilan de l’apprentissage en 2014, qui concerne de moins en moins les plus jeunes et les non qualifiés : résumé.

L’apprentissage en 2014
(DARES Analyses, juillet 2015)

2014 : 265 000 nouveaux contrats d’apprentissage dans le secteur privé, soit -3% par rapport à 2013 (rappel : – 8% en 2013) et 8700 dans le secteur public (- 4%).
Le nombre de nouveaux contrats est revenu au niveau de 2005.
Baisse uniquement aux niveaux V (- 5%) et IV (- 6 %) après des baisses respectives de -13 et -10 % en 2013. Bâtiment = – 12% (2013 = -13%) ; coiffure = – 10%
Enseignement supérieur : + 3%. En près de 20 ans, le poids du supérieur dans les entrées est passé
de 6 à 34 %. Continuer la lecture de 2014 : bilan de l’apprentissage par la DARES

Leurs outils pour développer l’apprentissage dans l’Éducation nationale

La 3e Conférence Sociale (1) et les Assises de l’apprentissage (2)
ont défini des axes de travail pour développer l’apprentissage dans le secteur public. Plusieurs leviers ont été mis en œuvre et/ou sont en cours d’élaboration dans l’Éducation nationale : modules de formation dans les ESPE, intégration de l’apprentissage dans l’orientation et l’affectation post 3ème, mise en place du PIIODMEP3, consignes aux équipes de direction… Or, penser l’élévation du niveau de qualification des jeunes et prétendre lutter contre le chômage sous le seul angle de l’apprentissage est une aberration. Face aux mutations technologiques rapides et à la complexité des sociétés contemporaines, Continuer la lecture de Leurs outils pour développer l’apprentissage dans l’Éducation nationale

L’apprentissage dans les EPLE

Depuis plus d’une dizaine d’années, le ministère incite les établissements à ouvrir massivement des sections d’apprentissage dans les EPLE. Ces ouvertures impactent de manière concrète nos conditions de travail, notre rémunération et notre statut.

 Des financements et rémunérations différents !

Un des premiers enjeux est celui du statut des personnels inter-venants dans les sections d’apprenti-es. Les UFA (1) dépendent d’un CFA public autonome financièrement et qui récupère la taxe d’apprentissage et les subventions de la région. Les personnels qui y sont employés ont des statuts de droit privé « contractuel » avec des cotisations qui sont celles du régime général et/ou du régime IRCANTEC comme l’ensemble des contractuel-les de l’État.

Lorsqu’un-e enseignant-e titulaire intervient dans des UFA ou dans un CFA académique il/elle doit être recruté-e soit sur un poste gagé, ce qui revient à le détacher sur le CFA, soit être rémunéré-e en heures supplémentaires payées directement par le CFA. Financer un poste gagé coûte cher, car c’est l’État qui rémunère le fonctionnaire et qui le met à disposition du CFA public.

Techniquement le fonctionnaire aura 2 feuilles de paie : celle du MEN et celle du CFA. 

Des obligations de service opposées ! Les personnels qui interviennent dans un CFA ont comme obligation : 35 h hebdomadaires et annualisées, comme les personnels du secteur privé. Les PLP ont une obligation horaire hebdomadaire de 18 h. Avec deux obligations horaires différentes, il est difficile de discerner ce qui est considéré comme une HS de ce qui relève des obligations de service strictes.

Compléments de service
Exemple d’un collègue effectuant 15 h en LP en formation professionnelle initiale publique et 4 h sur une UFA du même LP qui dépend du CFA : le collègue aura comme obligation de service 15 h hebdo en initiale et 8 h (4 x 2) pour l’UFA et sans aucune rémunération d’HS !

Contourner le statut par le développement du mixage des publics !
Dans une logique libérale et en période d’austérité budgétaire, le gouvernement veut développer l’apprentissage. Financer des postes gagés revenant cher, il instaure le mixage des publics : apprenti-es et élèves en formation initiale. Le mixage permet aux EPLE de répondre aux injonctions des recteurs et de justifier d’une « sauvegarde » des filières lorsque les effectifs en initial sont insuffisants. Mixer des publics permet au ministère de ne pas financer l’UFA tout en profitant des financements de l’initiale qui accueille les apprenti-es. Ce faisant le ministère règle la question du statut et de la rémunération des personnels puisque ceux/celles-ci sont rémunérés comme d’habitude. Ainsi l’enseignant-e, qui se verra imposer l’accueil de publics mixés ne verra pas sa rémunération augmenter malgré la pénibilité de ses conditions de travail.
La loi précise (2) : «… Ils participent aux actions de formation continue des adultes et aux formations par apprentissage ». Ce texte précise donc qu’enseigner dans ce type de formation relève de nos mis- sions mais ne dit pas clairement si on peut ou non refuser !

Si les PLP ont effectivement pour vocation première d’enseigner auprès « d’élèves » (3), à savoir un public en formation initiale sous statut scolaire, aucune disposition du décret ne permet de limiter cette mission à ces derniers. Cependant, si l’accord du PLP n’est pas statutairement requis pour qu’il accueille dans sa classe sous statut scolaire un public mixte, l’article 30 alinéa 2 du décret précité3 prévoit que s’il est amené à assurer un complément de service dans des types de formation autres que la formation initiale, l’accord de l’intéressé-e est nécessaire. En conséquence, il paraît nécessaire de confier ce type de classe à des enseignant-es titulaires et non-titulaires volontaires, avec comme limite le caractère « volontaire ». On comprend mieux la volonté ministérielle de « lever les freins » à l’apprentissage…

1. Unités de formation en apprentissage.
2. Code de l’éducation, article L912-1 modifié par la loi n°2013-595 du 8 juillet 2013 – art. 72.
3. Conformément à l’article 2 du décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992.

 

 

Pétition intersyndicale : Changeons la politique à l’égard des lycées professionnels

Signez la pétition sur 
https://www.petitions24.net/pour_l_enseignement_professionel_public

L’intersyndicale regroupant le SNETAA-FO, la CGT Educ’action, le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU, le SNCL-FAEN, le SPIEN, le SIES, appelle l’ensemble des collègues des lycées professionnels, Segpa, Erea, SEP à se mobiliser contre les politiques mises en œuvre dans l’enseignement professionnel public.
Le gouvernement s’est enfermé dans une politique d’austérité. Pour masquer son manque d’investissement et de valorisation de l’enseignement professionnel, la ministre s’entête à vouloir développer l’apprentissage qui n’est pas la solution au chômage des jeunes. La possibilité d’une insertion durable dans l’emploi ne peut être que le fruit d’une autre politique économique.
La volonté du ministère de développer l’apprentissage dans les LP, LPO et SEP fait peser de graves menaces sur l’enseignement professionnel public. La mixité des parcours et des publics – qui sert notamment l’objectif de diminution des moyens alloués à l’enseignement professionnel – et la mise à disposition aux entreprises des plateaux techniques des lycées pro, dégradent non seulement les conditions de travail des PLP mais aussi les conditions d’études des lycéen-nes professionnel-les.  Aujourd’hui, le ministère prétend que le statut des PLP serait un « frein » au développement de l’apprentissage. Pour nous, la remise en cause du statut est inacceptable et nous appelons tous les personnels de la voie pro à s’opposer à de telles modifications.
Dans le cadre de la préparation de la rentrée 2015, au moment où le ministère met en place un droit de retour en formation professionnelle initiale pour les jeunes décrocheurs, aucun moyen supplémentaire n’est alloué aux LP, SEP, EREA et SEGPA pour prendre en charge ces jeunes et pour améliorer les conditions de travail des PLP fortement dégradées ces dernières années. Pire, Il est à craindre que pour financer certaines mesures mises en place à la rentrée 2015, les lycées professionnels et ses enseignant-es en seront écartés : éducation prioritaire, pondération… les moyens en seront ponctionnés sur l’enseignement professionnel public qui sert de variable d’ajustement.
Nous, personnels des lycées professionnels, Sep, Segpa, Erea, en signant cette pétition, demandons à la ministre de l’Education Nationale de changer sa politique à l’égard de nos établissements. Le gouvernement doit mesurer l’enjeu que représente l’Enseignement Professionnel Initial, Public et Laïque comme voie de réussite des jeunes, pour limiter les sorties sans qualification et pour former des travailleurs et des citoyens libres en conscience. 

Le dogmatisme de l’apprentissage

Premier réflexe du gouvernement sitôt les résultats des élections régionales connus : annoncer des mesures en faveur de l’apprentissage pour réduire le chômage.  Dogmatisme, vous avez dit dogmatisme ? Petit coup d’oeil dans le rétroviseur, en mai 2011…

APPRENTISSAGE RELANCÉ : LE DOGMATISME DU MINISTÈRE

Nicolas Sarkozy, qui voudrait voir une baisse durable du chômage s’amorcer en 2011, avant l’élection présidentielle de 2012, a réaffirmé son objectif de porter le nombre de jeunes formés en contrat d’alternance de 600 000 à 800 000 (dont 600 000 en apprentissage). À sa demande, le gouvernement prépare depuis 2009 un nouveau « plan de relance » de la formation en alternance. Les 1er travaux pour favoriser le développement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation ont été engagés par L. Wauquiez, l’ancien secrétaire d’État à l’Emploi. Ce chantier est aujourd’hui piloté par X. Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, et N. Morano, ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle.

Pour arriver à ses fins, le gouvernement veut augmenter le quota d’apprentis (4 % des salarié-es) et imposer un système de bonus-malus lié aux entreprises. Pour financer en partie cette relance, la majorité envisage de réformer la taxe d’apprentissage en diminuant significativement, entre autres, la part allouée aux formations professionnelles initiales sous statut scolaire (cf. encart : réforme de la taxe d’apprentissage). Notons que l’ensemble de ces mesures n’augmentent pas la contribution de l’État à ces formations : les régions et les partenaires sociaux, très critiques sur ces projets, ne sont pas dupes.

Derrière un discours fallacieux sur le chômage et le problème de l’insertion professionnelle des jeunes, le gouvernement tente une fois de plus d’imposer les formations en apprentissage au détriment du service public de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. Les dernières études du CEREQ* ont pourtant montré qu’il n’y avait pas d’adéquation directe entre mode de formation (scolaire, apprentissage, contrat pro,…) et insertion professionnelle des jeunes. Cette étude remet aussi en question l’idée préconçue qu’il existerait une « génération sacrifiée » et montre qu’une grande partie de la jeunesse, n’a pas de problème d’insertion. L’apprentissage n’est donc absolument pas une solution miracle au chômage des jeunes : la solution de fond réside en un véritable traitement du chômage dans sa globalité.

Le SNUEP-FSU a été reçu au ministère du travail et a tenté de le mettre en garde contre ce que nous qualifions d’une nouvelle erreur économique et politique. En effet, malgré les différents plans de relance financés à coups de milliards d’euro, l’apprentissage n’a jamais réussi à se développer et ce malgré la multiplication des aides aux entreprises. L’apprentissage n’est pas l’outil miracle permettant une meilleure insertion professionnelle des jeunes et n’a pas permis d’éviter les sorties sans qualification. Les entreprises n’ont jamais eu vocation à former les jeunes. Elles cherchent avant tout à augmenter leur productivité et leur bénéfice. Ces 10 dernières années, l’apprentissage est resté stable dans les secteurs où il est traditionnellement implanté. Il s’est développé aux niveaux supérieurs (III et plus) pour lesquels l’apprenti peut être « rentable » pour l’entreprise, et n’a pas réellement de problèmes d’insertion professionnelle ! Cette nouvelle relance risque donc d’accentuer ce phénomène ne répondant en rien au problème des jeunes sortis sans qualification et qui ont eux des problèmes d’insertion durable.

Lors de cette rencontre, le SNUEP-FSU a pu constater la volonté dogmatique du ministère du travail de développer les contrats en alternance. Il dit travailler en étroite collaboration avec le ministère de l’EN (DIMA, développement de la mixité des parcours et des publics) pour arriver à ses fins et parie sur le développement de l’apprentissage dans les entreprises de 10 à 250 salarié-es ou il existerait d’importants gisements de lieux de stages pour accueillir les futur-es apprenti-es.

Le SNUEP-FSU condamne cette nouvelle tentative de relance de l’apprentissage aux niveaux V et IV. Il considère que ce n’est pas l’apprentissage qui peut répondre au problème des sorties sans qualification des jeunes et réaffirme le rôle central du service public de l’éducation dans la réussite de tous les jeunes. Il dénonce la politique menée par l’EN qui tend à siphonner les LP afin d’alimenter les formations en apprentissage.

Le SNUEP-FSU s’oppose à toute réforme de la taxe d’apprentissage qui va appauvrir, voire tarir, le financement des formations publiques sous statut scolaire.

 

* Centre d’études et de recherche sur les qualifications

Collèges et lycées au service de l’apprentissage

Un rapport des IG (1) sur « les freins non financiers au développement de l’apprentissage » dans l’EN (2) recommande de transformer les lycées professionnels en succursales de l’apprentissage et souhaite obliger les collèges à en faire la promotion.

Ce rapport préconise de :
– rendre obligatoire la découverte de l’apprentissage au collège ;
– relancer le pré-apprentissage pour réduire les ruptures de contrat ;
– améliorer la prise en compte de l’apprentissage dans les procédures d’orientation de fin de 3ème ;
– introduire un module dans la formation des nouveaux/elles enseignant-es et Co-Psys ;
– davantage tenir compte des apprenti-es pour l’attribution des dotations en personnels, pour le déroulement de carrière des proviseurs de LP, pour le calcul des services des enseignant-es en formations mixtes ;
– permettre aux enseignant-es titulaires d’effectuer tout leur service en apprentissage ;
– développer la mixité des publics et des parcours (en assouplissant les emplois du temps des enseignant-es) ;
– mieux prendre en compte les spécificités de l’apprentissage lors des rénovations des diplômes professionnels ;
– réduire les contraintes juridiques, notamment sur la durée des contrats ;
– confier aux régions l’intégralité du contrôle financier des CFA (3).

Le SNUEP-FSU dénonce ce rapport car :
– promouvoir l’apprentissage, c’est soutenir le désengagement du gouvernement vis-à-vis des familles les plus pauvres ;
– regrouper les PFMP(4) sur une seule année scolaire et développer les classes aux publics mixtes participe d’un mépris du travail pédagogique des enseignant-es et révèle la soumission des IG au monde du travail aux dépens d’une formation de qualité ;
– relancer le pré-apprentissage c’est exclure de la voie scolaire des élèves de 15 ans qui risquent de décrocher, faute de contrats ou
après d’inévitables ruptures.
Cette vision réactionnaire ne permettra en rien de remédier aux problèmes d’insertion professionnelle de ces jeunes sans formation initiale suffisante.

Constats sur l’apprentissage rappelés par les IG 
– coût exorbitant (8 milliards d’euros pour 436 000 apprentis) ;
– désintérêt des entreprises pour cette voie de formation ;
– contrôle quasi-inexistant de la qualité de la formation en entreprise et dans les CFA (sauf en cas de plainte) ;
– orientation souvent par défaut ;
– voie scolaire et apprentissage en concurrence accrue avec le Bac Pro 3 ans et la crise ;
– taux de ruptures de contrats
importants (33 % au niveau V !).

(1) IGEN (Inspection générale de l’éducation nationale), IGAENR
(Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale
et de la recherche), IGA (Inspection générale de l’administration),
IGAS (Inspection générale des affaires sociales).
(2) Éducation nationale.
(3) Centre de formation d’apprenti-es.
(4) Périodes de formation en milieu professionnel.