Archives de catégorie : Actus droits et libertés

Poursuite de la campagne syndicale unitaire contre l’extrême droite

Engagée le 29 janvier 2014, la campagne unitaire « Uni-e-s contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques » a permis, tout en lançant l’observatoire national intersyndical des municipalités tenues par l’extrême droite, d’organiser des journées d’étude dans les départements avec nos militants respectifs sur le contenu du danger que représente l’extrême droite.
Depuis mai 2015, des temps forts dans des villes gérées par des équipes municipales d’extrême droite ont rassemblé plusieurs centaines de salariés, retraités, privés d’emploi et étudiants, dans l’Hérault, en Moselle, dans le Vaucluse et le Pas-de-Calais.
Nos  ateliers  portant  sur les « municipalités d’extrême droite employeurs », leurs attaques sur le milieu associatif et culturel, leur rapport à l’éducation, ou encore sur le décodage de leurs stratégies de communication, font voler les masques. Ils libèrent la parole dans des lieux où les pressions et intimidations sont légion.

Continuer la lecture de Poursuite de la campagne syndicale unitaire contre l’extrême droite

Scolarisation des migrant-es : lettre ouverte

au Ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le ministre,

La loi française affirme le droit à la scolarisation pour tous, droit réaffirmé dans le cadre de l’école inclusive. Pourtant, de trop nombreux enfants et adolescents n’ont pas pu faire leur rentrée scolaire.
Parfois, c’est parce qu’un maire a refusé de les inscrire à l’écolesous un prétexte administratif ou parce qu’un mineur isolé n’a pu bénéficier des aides pour le guider dans les démarches nécessaires à l’inscription au collège ou au lycée.

Parfois c’est parce que, victime d’une expulsion ou de la précarité des hébergements en hôtel social, l’enfant ou l’adolescent a été éloigné de l’école où il avait été scolarisé.
Parfois c’est parce qu’il faut attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous d’évaluation au CIO ou au CASNAV et qu’une fois cette évaluation faite, il faudra encore attendre pour obtenir une place en collège ou lycée ou rendre possible une formation professionnelle ou une poursuite d’étude.

La loi ne fait aucune exception au droit à l’école y compris au-delà de 16 ans et les textes réglementaires rappellent qu’aucune distinction ne peut être faite quant à ce droit entre les enfants de nationalité française et les enfants de nationalité étrangère.
C’est pourquoi les organisations syndicales et les associations soussignées appellent le ministre de l’Éducation nationale à agir pour que ce droit soit effectif pour tous les enfants et les adolescents et que les moyens nécessaires pour réussir cette scolarité y soient consacrés.

FSU, FERC-CGT, UNSA Éducation, SUD Éducation, SGEN-CFDT, RESF, CDERE, Solidarité laïque, LDH, FCPE

France : Homophobie à la hausse

Le dernier rapport de Sos-Homophobie dresse un constat sombre de la situation. Les agressions physiques contre les personnes LGBT perdurent et le rapport signale une augmentation de 20 % des violences et insultes. L’école et le lieu de travail ne sont pas épargnés et les enseignant-es représentent 15 % des victimes d’actes homophobes. En ce qui concerne internet et les réseaux sociaux, ils font office de défouloirs : insultes, commentaires discriminants, messages haineux dévastateurs pour les personnes les plus isolées. La TV n’est pas en reste avec une émission qui n’hésite pas à banaliser les paroles les plus homophobes. Plus que jamais, il faut poursuivre la lutte pour les droits et les libertés des personnes LGBT.

 

Accroissement des inégalités

Le 30 mai 2017, l’Observatoire publie son 2e rapport1. Il s’agit de dresser un état des lieux et de faire le point sur les principales évolutions des inégalités dans un grand nombre de domaines, des revenus à l’école en passant par la santé, le logement, les modes de vie, etc. Cette publication bénéficie en particulier de l’apport d’enquêtes statistiques rares et récentes dans des domaines tels que les hauts revenus, le patrimoine, le logement ou l’éducation. « Au-delà des situations les plus critiques d’exclusion de l’emploi ou de pauvreté, les inégalités s’accroissent dans de nombreux domaines, en particulier en ce qui concerne les revenus. » et depuis 2008 nous assistons encore à l’appauvrissement des plus pauvres. « Que les riches s’enrichissent, c’est monnaie courante ; que les pauvres s’appauvrissent, cela change la donne. Ce choc nourrit une haine envers ceux qui continuent à profiter. »

1- Rapport sur les inégalités en France, édition 2017. Sous la direction d’Anne Brunner et de Louis Maurin, édition de l’Observatoire des inégalités, juin 2017.

Algérie : Maurice Audin, toujours le silence

Algérie : 60 ans après les faits toujours le silence !

Juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien engagé pour l’indépendance de l’Algérie est arrêté à Alger par les parachutistes du général Massu et n’est jamais réapparu.
Les autorités françaises avaient confié, le 7 janvier, à la 10e division parachutiste les pouvoirs de police dans la ville. C’était la « Bataille d’Alger », où quelque 3000 Algérien-nes arrêté-es ont disparu. Le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen1 refusant l’usage de la torture, a démissioné2.
Les autorités françaises ont affirmé jusqu’en juin 2014, que Maurice Audin s’était évadé. Si François Hollande a reconnu que les différents documents et témoignages prouvent qu’il a bien été assassiné lors de sa détention, il ne dit rien sur les responsabilités de l’Etat français.

1- Ancien résistant et déporté.

2- Lettre du 29 mars 1957 : « Depuis trois mois nous sommes engagés […] dans l’anonymat et l’irresponsabilité qui ne peuvent conduire qu’aux crimes de guerre ».

L’Etat d’urgence permanent

Le 22 juin 2017, le Conseil des ministres a présenté 2 projets de lois attentatoires aux droits et libertés et les préfets garderont seuls jusqu’au 1er novembre leurs pouvoirs exorbitants, sans juge pour prévenir les détournements constatés…
Le 1er (adopté le 6 juillet par l’Assemblée nationale) prolonge l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre 2017 soit presque 2 ans de régime d’exception ! La France demeurera ainsi seule, avec l’Ukraine et la Turquie, à subir ce droit d’exception. Le 2nd introduit dans le Code de la sécurité intérieure, après les lois des 3 juin et 21 juillet 2016, des dispositions qui accroissent considérablement les pouvoirs de police administrative du ministre de l’Intérieur et des préfet-es : périmètre de sécurité imposant à tou-tes des contrôles d’identité, palpations de sécurité, inspections visuelles et fouilles des bagages, visites des véhicules, mesures individuelles de surveillance à l’égard de personnes présumées suspectes de lien avec le terrorisme comportant des restrictions de libertés, perquisitions de jour et de nuit, saisies de données informatiques…. C’est un mépris de l’état de droit et du respect des droits et libertés de chacun-e, mais aussi des engagements internationaux et européens de la France.