Archives de catégorie : Actus droits et libertés

Numérique : une révolution à décoder

L’usage du numérique a envahi le monde du travail et s’étend rapidement aux services publics dont l’Éducation nationale. Nous subissons ainsi une « applification » de la société, riche en perspectives nouvelles, imprévisibles, souvent aliénantes.
DÉNIGRER POUR MARCHANDISER
Le système éducatif serait à bout de souffle, d’une paralysie telle qu’il serait incapable de préparer les élèves à un monde sans cesse en mouvement. C’est ainsi que depuis quelques années se multiplient les plans numériques nationaux ou académiques (« Plan pour le numérique à l’école » ; « Écoles connectées»; lycée4.0 ; lycée «100%numérique »…) présentés comme la solution qui viendrait à bout d’une école inégalitaire et figée. Malgré un cadre budgétaire austéritaire, les millions d’euros ne manquent pas pour pousser partout les écoles à s’équiper. Les enjeux sont clairs : l’arrivage massif des tablettes et autres équipements informatiques, même s’il peut nous réjouir, construit le cheval de Troie des Gafam et startups prêts à se positionner sur ce nouveau marché scolaire. En France, la dépense consacrée à l’éducation se monte à 150 milliards (6,7 % du PIB). De quoi faire saliver bien des start–ups, impatientes de faire de l’école un capital productif. Parcoursup a ainsi permis l’explosion du business du coaching scolaire. Sous le patronage du ministère, les entreprises de l’Edtech (322à ce jour) sont déjà prêtes à nous fournir des applications en tout genre qui vont permettre de nous former, d’enseigner, de donner des cours en ligne, d’évaluer, de travailler en réseau, de communiquer avec nos élèves… à toute heure. Et qui surtout vont permettre à ces entreprises de prendre la main sur la formation des enseignant.es, sur les programmes, les contenus, les méthodes et le matériel pédagogique.


L’ELDORADO DE L’AUTONOMIE

L’État et les collectivités sont les principaux financeurs et payeurs de l’éducation. Obtenir du ministère la mise en œuvre partout de l’autonomie des établissements constitue l’objectif des edtechs pour investir et développer ce véritable eldorado scolaire. Des edtechs qui ne contrarieront en rien les politiques de restriction budgétaire, en remplaçant progressivement des enseignant.es qui coûtent cher par des machines au final peu onéreuses et peu avides en matière de conquêtes sociales.

Mineur·es ou étranger·es

La phase d’évaluation et d’hébergement d’urgence des MNA, qui relevait des départements sera désormais assumée par l’État, au prétexte de la charge qu’elle représente (toute relative : 18 000 sur 320 000 bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance au niveau national en 2016). Avec le transfert de ce dispositif, déjà discriminatoire car spécifique aux jeunes étrangers, les MNA sortent du droit de la protection de l’enfance et sont rattaché·es à la politique migratoire de l’État. Mineur·es en danger, ils·elles ne sont considéré·es que comme des étranger·es.
L’État doit doter les départements des moyens nécessaires à la protection de l’enfance, non en exclure certains jeunes sur la base ségrégative de la nationalité. Le droit commun est celui de tout mineur. La politique migratoire gouvernementale, toujours plus répressive, ne doit pas occulter l’intérét supérieur de l’enfant, principe fondamental reconnu par la Convention internationale des droits de l’enfant.

Poursuite de la campagne syndicale unitaire contre l’extrême droite

Engagée le 29 janvier 2014, la campagne unitaire « Uni-e-s contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques » a permis, tout en lançant l’observatoire national intersyndical des municipalités tenues par l’extrême droite, d’organiser des journées d’étude dans les départements avec nos militants respectifs sur le contenu du danger que représente l’extrême droite.
Depuis mai 2015, des temps forts dans des villes gérées par des équipes municipales d’extrême droite ont rassemblé plusieurs centaines de salariés, retraités, privés d’emploi et étudiants, dans l’Hérault, en Moselle, dans le Vaucluse et le Pas-de-Calais.
Nos  ateliers  portant  sur les « municipalités d’extrême droite employeurs », leurs attaques sur le milieu associatif et culturel, leur rapport à l’éducation, ou encore sur le décodage de leurs stratégies de communication, font voler les masques. Ils libèrent la parole dans des lieux où les pressions et intimidations sont légion.

Continuer la lecture de Poursuite de la campagne syndicale unitaire contre l’extrême droite

Scolarisation des migrant-es : lettre ouverte

au Ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le ministre,

La loi française affirme le droit à la scolarisation pour tous, droit réaffirmé dans le cadre de l’école inclusive. Pourtant, de trop nombreux enfants et adolescents n’ont pas pu faire leur rentrée scolaire.
Parfois, c’est parce qu’un maire a refusé de les inscrire à l’écolesous un prétexte administratif ou parce qu’un mineur isolé n’a pu bénéficier des aides pour le guider dans les démarches nécessaires à l’inscription au collège ou au lycée.

Parfois c’est parce que, victime d’une expulsion ou de la précarité des hébergements en hôtel social, l’enfant ou l’adolescent a été éloigné de l’école où il avait été scolarisé.
Parfois c’est parce qu’il faut attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous d’évaluation au CIO ou au CASNAV et qu’une fois cette évaluation faite, il faudra encore attendre pour obtenir une place en collège ou lycée ou rendre possible une formation professionnelle ou une poursuite d’étude.

La loi ne fait aucune exception au droit à l’école y compris au-delà de 16 ans et les textes réglementaires rappellent qu’aucune distinction ne peut être faite quant à ce droit entre les enfants de nationalité française et les enfants de nationalité étrangère.
C’est pourquoi les organisations syndicales et les associations soussignées appellent le ministre de l’Éducation nationale à agir pour que ce droit soit effectif pour tous les enfants et les adolescents et que les moyens nécessaires pour réussir cette scolarité y soient consacrés.

FSU, FERC-CGT, UNSA Éducation, SUD Éducation, SGEN-CFDT, RESF, CDERE, Solidarité laïque, LDH, FCPE

France : Homophobie à la hausse

Le dernier rapport de Sos-Homophobie dresse un constat sombre de la situation. Les agressions physiques contre les personnes LGBT perdurent et le rapport signale une augmentation de 20 % des violences et insultes. L’école et le lieu de travail ne sont pas épargnés et les enseignant-es représentent 15 % des victimes d’actes homophobes. En ce qui concerne internet et les réseaux sociaux, ils font office de défouloirs : insultes, commentaires discriminants, messages haineux dévastateurs pour les personnes les plus isolées. La TV n’est pas en reste avec une émission qui n’hésite pas à banaliser les paroles les plus homophobes. Plus que jamais, il faut poursuivre la lutte pour les droits et les libertés des personnes LGBT.

 

Accroissement des inégalités

Le 30 mai 2017, l’Observatoire publie son 2e rapport1. Il s’agit de dresser un état des lieux et de faire le point sur les principales évolutions des inégalités dans un grand nombre de domaines, des revenus à l’école en passant par la santé, le logement, les modes de vie, etc. Cette publication bénéficie en particulier de l’apport d’enquêtes statistiques rares et récentes dans des domaines tels que les hauts revenus, le patrimoine, le logement ou l’éducation. « Au-delà des situations les plus critiques d’exclusion de l’emploi ou de pauvreté, les inégalités s’accroissent dans de nombreux domaines, en particulier en ce qui concerne les revenus. » et depuis 2008 nous assistons encore à l’appauvrissement des plus pauvres. « Que les riches s’enrichissent, c’est monnaie courante ; que les pauvres s’appauvrissent, cela change la donne. Ce choc nourrit une haine envers ceux qui continuent à profiter. »

1- Rapport sur les inégalités en France, édition 2017. Sous la direction d’Anne Brunner et de Louis Maurin, édition de l’Observatoire des inégalités, juin 2017.