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Journal national du SNUEP N°88

Le journal N°88 est disponible. Vous pouvez le télécharger iciCapture88

Sommaire
Vie syndicale : Colloque du SNUEP-FSU : 30 ans du bac pro
Édito : Respect et considération pour l’enseignement professionnel sous statut scolaire
Entretien : Régionalisation de l’orientation
Questions éducatives : Réussite au baccalauréat professionnel
Carrières et métiers : Affectations en stage des lauréat 2015
Dossier : Régions
Grand angle : Des murs qui divisent 26 ans après la chute du mur de Berlin
Vie des académies : LP de Besançon : un début d’année bien difficile !
ULIS à Clermont-Ferrand Baisse des moyens = riposte unitaire !
Contacts académiques
Bulletin d’adhésion

Collège Gay Lussac à Colombes (92) : non à la répression !

Suite à la décision du Ministère de l’EN de sortir le collège Gay Lussac du réseau de l’éducation prioritaire, supprimant ainsi les moyens alloués à ce titre à l’établissement pour lutter contre l’échec scolaire, les enseignant-es de cet établissement ont mené de multiples actions pour contester cette décision et récupérer les moyens qui leur ont été retirés.

De novembre 2014 à janvier 2015, une proportion importante d’enseignant-es (souvent supérieure à 50 %) a fait grève (pendant près de 3 semaines, au total). Face à cette mobilisation, l’administration a persisté dans son refus de revenir sur décision, choisissant à l’inverse de renvoyer deux enseignants, pris comme boucs émissaires, devant une commission de discipline. Ainsi, au lieu d’engager le dialogue dans le but d’améliorer la scolarité des élèves en difficulté, l’Education nationale pratique l’intimidation et la menace : réprimer un mouvement revendicatif en ciblant 2 collègues parmi la vingtaine engagés dans le même mouvement ne peut qu’envenimer une situation qui ne fait que défavoriser les élèves et leurs familles.

A l’issue de la grève nationale du 17 septembre dernier, une majorité d’enseignant-es a décidé de cesser le travail, à la suite des conditions dans lesquelles – pendant les vacances ! – les 2 collègues ont été convoqués à la commission de discipline. Ces derniers ont décidé d’entamer une grève de la faim qui a démarré le 21 septembre.

Le SNUEP-FSU apporte son soutien aux enseignants concernés et demande instamment au Rectorat de l’académie de Versailles de reprendre le dialogue en abandonnant la procédure disciplinaire à l’encontre de nos 2 collègues.

Communiqué : rentrée dans l’enseignement professionnel

Communiqué intersyndical : Rentrée dans la voie professionnelle 
AUCUNE AMELIORATION
DES CONDITIONS DE TRAVAIL DES PERSONNELS
AUCUNE AMELIORATION DES CONDITIONS D’ETUDES DES ELEVES

L’intersyndicale de l’enseignement professionnel dénonce les conditions dans lesquelles s’est effectuée la rentrée en LP, SEP, EREA et lycées agricoles : Dans l’Education nationale, malgré l’accueil de 5000 élèves supplémentaires, 66 équivalents temps plein ont été supprimés. De plus, la réforme de la taxe d’apprentissage ainsi que les restrictions budgétaires qui touchent les collectivités locales ne permettent plus à ces établissements de fonctionner correctement. Le ministère de l’Éducation Nationale prend acte du fait que l’enseignement professionnel sous statut scolaire concentre de nombreuses difficultés mais pas la moindre mesure n’a été prise pour cette rentrée : aucune mesure pour améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des élèves. De son côté le Ministère de l’Agriculture continue de nier la réalité de l’échec de la voie professionnelle et de diminuer les crédits consacrés aux élèves les plus en difficulté.

Alors que l’enseignement professionnel est bien souvent le dernier rempart contre la sortie sans qualification des jeunes et alors que cette année voit la mise en œuvre d’un droit de retour en formation qualifiante dans nos établissements, aucun moyen supplémentaire ne lui est alloué sur les 4000 postes prévus dans la loi de refondation. 40 % des professeurs stagiaires PLP ne bénéficient pas, cette année encore, de décharge horaire pour se former au métier. C’est encore dans cette voie du lycée qu’il y a le plus de professeur-es contractuel-les.

La ministre de l’EN a annoncé l’ouverture de discussions sur l’enseignement professionnel et des mesures dès la rentrée 2016. L’intersyndicale demande que ces discussions (qui doivent aussi concerner l’Enseignement agricole public) s’engagent le plus rapidement possible. En effet, régulièrement annoncé par les précédents ministres depuis 2012 le bilan de la réforme n’a toujours pas été effectué six ans après sa mise en œuvre. Nous demandons qu’aucun sujet ne soit écarté, notamment ceux des moyens, des parcours et des modalités de certifications (comme la généralisation des CCF).

L’exclusion pure et simple de l’enseignement professionnel du système de pondération dont bénéficie la voie générale et technologique reste pour nous inacceptable. L’intersyndicale dénonce cette inégalité de traitement et revendique une pondération pour l’ensemble des trois voies du lycée. L’indemnité de 300 € annuels ne compensant nullement cette inégalité. Au ministère de l’Agriculture les personnels restent à ce jour sans informations sur l’évolution de leur statut.

Nos organisations – CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SYAC-CGT, SNALC, SNEP-FSU, SNETAP-FSU, SNUEP-FSU, SUD Education – exigent des mesures concrètes pour une revalorisation de la voie professionnelle dans le public comme dans le privé. Cette revalorisation nécessite des moyens urgents pour améliorer la qualité de la formation dispensée aux élèves afin de leur permettre de s’insérer professionnellement et de réussir leurs poursuites d’études. Les conditions de travail fortement dégradées des personnels doivent être améliorées sans plus de délai et un plan de revalorisation salariale doit être mis en œuvre rapidement à commencer par le dégel du point d’indice.

Rapport StraNES

Ou comment exclure les bachelier-es professionnel-les
de l’université

Le SNEP, SNETAP, SNPI et SNUEP-FSU ont pris connaissance du rapport StraNes qui définit « les priorités de la Nation pour son enseignement supérieur ». Bien que nos organisations partagent le constat des difficultés rencontrées par les élèves de la voie professionnelle dans le supérieur, elles estiment que les causes n’ont pas été analysées sérieusement et désapprouvent totalement la préconisation visant à mettre en place un « examen des capacités de réussite » pour les bachelier-es professionnel-les.

Face à l’échec des bachelier-es professionnel-les à l’université, le rapport préconise une procédure d’orientation chargée d’évaluer les capacités de réussite des jeunes, ce qui risquerait de leur fermer certains choix d’orientation. Nos organisations dénoncent vigoureusement cette proposition qui entérine officiellement le fait que tous les baccalauréats ne se valent pas, remet en cause ce diplôme comme 1er grade des universités – remettant en cause ainsi le droit formel à la poursuite d’études pour l’ensemble des
bachelier-es.

A l’instar du BPS (Brevet professionnel supérieur du rapport Lerminiaux), une formation supérieure professionnelle dédiée spécifiquement aux élèves de la voie professionnelle est prônée alors même qu’aucune étude d’opportunité n’a été effectuée. Le rapport réclame aussi le développement des « Campus des Métiers et des Qualifications », qui permettrait « de mettre en place une offre de formation adaptée aux emplois présents » alors qu’aucun bilan ne le confirme. L’apprentissage est encouragé en rendant les formations professionnelles du supérieur automatiquement éligibles aux fonds de la Formation Professionnelle et de l’apprentissage – il est inscrit explicitement que 0,25 % de la masse salariale des entreprises doit être orienté vers le supérieur. Alors que de nombreux LP dysfonctionnent du fait d’un reversement de taxe d’apprentissage toujours plus faible, une remise à plat de la TA est indispensable pour une répartition plus juste entre les différents opérateurs et afin que l’enseignement professionnel public sous statut scolaire ne soit pas encore plus affecté par cette mesure.

Pour nos organisations, tout doit être mis en œuvre pour améliorer la réussite des élèves de la voie professionnelle dans le supérieur car ils participeront à atteindre l’objectif annoncé de 60 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur. Pour cela, nous revendiquons pour les bachelier-es professionnel-les une année de mise à niveau post-bac mais aussi l’augmentation des capacités d’accueil en BTS et IUT. Aucun sujet ne doit être écarté et surtout pas une analyse objective sur les raisons de leurs échecs actuels. La question des parcours et des moyens doit être aussi au centre des réflexions. Le rapport Stranes démontre une profonde méconnaissance de la voie professionnelle voire un mépris pour ces élèves majoritairement issus des classes populaires qui partagent l’ambition d’élever leur niveau de qualification.