Tous les articles par admin

Les LP dans l’éducation prioritaire

Dès la rentrée, le SNUEP-FSU est intervenu auprès du ministère pour que les LP ne soient pas exclus de l’Éducation prioritaire – engagement négocié par le SNUEP-FSU avec les ministres précédents. Reçu récemment, le SNUEP-FSU a eu confirmation que cet engagement sera bien tenu. 186 lycées, dont des lycées professionnels feront partie de l’Éducation prioritaire à la rentrée 2015. À l’heure où nous déplorons que l’enseignement professionnel public n’est toujours pas traité comme une priorité par le MEN, le SNUEP-FSU acte favorablement cette décision.

 SNUEP-FSU soutient la mobilisation des LP qui demandent leur entrée dans ce dispositif, notamment le lycée professionnel Tregey de Bordeaux dont les personnels sont fortement mobilisés depuis deux semaines.

Le SNUEP-FSU ECRIT A LA MINISTRE

Lettre du SNUEP-FSU à la ministre de l’Éducation nationale

 Le 5 septembre dernier, le SNUEP-FSU adressait une lettre à la ministre de l’Éducation nationale, Mme Najat Vallaud-Belkacem. Par ce courrier, le SNUEP-FSU sollicitait une audience dans les meilleurs délais afin de pouvoir discuter des dossiers urgents relevant de l’enseignement professionnel public, encore trop souvent traités à la marge. À ce jour, le SNUEP-FSU n’a toujours pas reçu de réponse à sa demande.

Madame la ministre,

L’enseignement professionnel public est une particularité française qui est une chance pour notre pays. En permettant aux élèves le plus souvent issus des CSP les plus défavorisées et généralement les plus éloignés de la culture scolaire, de pouvoir apprendre un métier tout en bénéficiant des atouts de l’école, la formation professionnelle initiale sous statut scolaire offre une formation globale de qualité. Elle est un outil de remédiation et un facteur de cohésion sociale et d’aide à insertion professionnelle, lequel n’est pas encore assez reconnu et mis en valeur.

L’enseignement professionnel public participe depuis de nombreuses années à la démocratisation scolaire ; le baccalauréat professionnel a d’ailleurs fortement contribué à rendre effectif l’objectif des 80 % d’accès à ce diplôme d’une classe d’âge. Il permet aussi la réduction les inégalités scolaires en limitant les sorties sans qualification et l’augmentation du niveau de qualification des jeunes. Cette voie de formation en prise avec les milieux professionnels illustre de façon concrète et tous les jours que l’Éducation nationale n’est pas déconnectée du monde de l’entreprise.

Cependant, l’enseignement professionnel public souffre encore aujourd’hui d’un déficit d’image et les dernières réformes mises en place, notamment celle qui a généralisé le bac pro en 3 ans, ont renforcé l’ensemble des difficultés auxquelles sont confrontées les enseignant-es pour faire réussir tous leurs élèves. La refondation de l’École n’a pas non plus permis de revaloriser cette voie et l’ensemble des chantiers qui se sont ouverts ont écarté les problématiques spécifiques à l’enseignement professionnel public et ont exclu ses enseignant-es de toutes mesures catégorielles permettant de réelles améliorations de leurs conditions de travail et de revalorisation du métier.

Alors que de nombreux rapports, dont beaucoup émanent de vos services, actent le fait que l’enseignement professionnel public concentre les difficultés les plus importantes (échec scolaire, décrochage, résultats au baccalauréat insatisfaisants, souffrance au travail des personnels, difficultés de recrutement…), aucune mesure concrète n’a encore été prise pour améliorer les conditions d’études des élèves et les conditions de travail des collègues.
S’il y a encore des choses à améliorer au niveau de la conception des diplômes et du travail des CPC ou encore dans la mise en œuvre des PFMP, l’enseignement professionnel public, ses personnels et ses élèves attendent plus de votre nomination. La mise en œuvre de la feuille de route de la conférence sociale n’est pas la réponse attendue ni par les personnels ni par les élèves. Le discours récurrent sur le développement de l’apprentissage dans l’Éducation nationale ou la labellisation de nouveaux campus des métiers et des qualifications ne l’est pas non plus.

Lors de cette audience nous souhaitons aborder :

  • les éléments présents dans la feuille de route de la conférence sociale de juillet que vous entendez mettre en œuvre ;
  • les difficultés inhérentes à la réforme du baccalauréat professionnel 3 ans, imposée sous le gouvernement précédent et aucunement remise en cause à ce jour (parcours, évaluation, contenus d’enseignement, PFMP…) ;
  • le décrochage scolaire ;
  • la souffrance au travail des enseignant-es devenue très alarmante ;
  • le recrutement problématique des PLP et leur formation.

 L’enseignement professionnel public doit enfin être reconnu à sa juste valeur et vous devez enfin lui donner les moyens de faire progresser tous les élèves pour permettre une diminution des sorties sans qualification. Nous continuons à penser qu’il a un rôle majeur à jouer dans le système éducatif comme dans la société dans son ensemble et qu’il doit rester une voie d’éducation et de formation permettant de répondre aux nombreux défis à venir (réindustrialisation, transition énergétique, développement durable, développement du numérique, accompagnement de la personne …)

Le SNUEP-FSU considère que tous ces sujets nécessitent et méritent enfin une attention et un travail approfondi qui ne peuvent plus être relégués où traités à la marge. Au regard de l’intérêt que vous portez, notamment à la lutte contre l’échec scolaire et à l’égalité, le SNUEP-FSU souhaite une audience dans les meilleurs délais.

Nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

Bac Pro GA : Halte au saccage !

Le Bac Pro Gestion Administration (fusion des bacs secrétariat et comptabilité) a été imposé à la profession et aux élèves en 2011 malgré un vote en « contre » au CSE.
Depuis ce passage en force, le SNUEP- FSU alerte le ministère sur les dérives et les incohérences de cette filière qui ont profondément dégradé les conditions d’études des élèves et de travail des enseignant-es. Suite à nos interpellations et à nos interventions en CHSCT, la DGESCO a enfin décidé début 2014 d’organiser des groupes de travail pour, dans un premier temps, pallier les problèmes urgents et, dans un second temps, élaborer un bilan global.
Le SNUEP-FSU a participé aux 3 réunions, il est intervenu aussi dans plusieurs instances pour mettre en lumière la souffrance au travail patente des collègues et pour porter des propositions spécifiques immédiates à cette filière – notamment réinjecter un enseignement de comptabilité pour les élèves, harmoniser les consignes pédagogiques, déconnecter le passeport de compétences de la certification, former les PLP, utiliser des logiciels compatibles et gratuits… Le SNUEP-FSU exige aussi une remise à plat complète de cette filière tant les problèmes sont pléthoriques.
Après 10 mois de travail, aucune mesure concrète n’a encore été prise malgré l’urgence de la situation. Face à cet immobilisme de l’administration, sourde au quotidien très difficile des enseignant-es et des élèves de cette filière, le SNUEP-FSU appelle l’ensemble des collègues à se faire entendre et à s’emparer de la campagne cartes postales Bac Pro GA : halte au saccage ! lancée le 15 septembre par le SNUEP-FSU.

Ensemble, avec le SNUEP-FSU, nous devons contraindre le ministère à prendre des mesures immédiates pour les collègues et pour les élèves de GA mais aussi pour l’enseignement professionnel public sous statut scolaire !

Conférence de presse de rentrée du SNUEP-FSU

Dans ce contexte inédit de la démission du gouvernement Valls, le SNUEP-FSU fera le bilan de la politique éducative menée depuis l’élection de François Hollande dans l’enseignement professionnel, de sa soi-disant priorité affichée envers la jeunesse et l’Éducation nationale.

Depuis 2 ans le SNUEP-FSU n’a pas cessé de réclamer un changement de cap et d’en finir avec la politique d’austérité pour enfin redonner au service public d’éducation les moyens de faire réussir tous les jeunes.

Loin de régler le problème réel des sorties sans qualification, le président de la République met le paquet sur l’apprentissage et renonce ainsi à la nécessité de former et de qualifier les milliers de jeunes aujourd’hui exclus de l’école. Une fois de plus, l’enseignement professionnel public sera le grand oublié de cette rentrée scolaire.

Cette conférence de presse sera l’occasion pour le SNUEP-FSU de faire le point sur l’ensemble des difficultés qui touchent l’Enseignement professionnel public (réforme du Bac Pro 3 ans, Contrôle en Cours de Formation, formation des enseignant-es, revalorisation du métier des PLP…), dossiers portés régulièrement par le SNUEP-FSU auprès du ministère de l’Éducation nationale.

Collèges et lycées au service de l’apprentissage

Un rapport des IG (1) sur « les freins non financiers au développement de l’apprentissage » dans l’EN (2) recommande de transformer les lycées professionnels en succursales de l’apprentissage et souhaite obliger les collèges à en faire la promotion.

Ce rapport préconise de :
– rendre obligatoire la découverte de l’apprentissage au collège ;
– relancer le pré-apprentissage pour réduire les ruptures de contrat ;
– améliorer la prise en compte de l’apprentissage dans les procédures d’orientation de fin de 3ème ;
– introduire un module dans la formation des nouveaux/elles enseignant-es et Co-Psys ;
– davantage tenir compte des apprenti-es pour l’attribution des dotations en personnels, pour le déroulement de carrière des proviseurs de LP, pour le calcul des services des enseignant-es en formations mixtes ;
– permettre aux enseignant-es titulaires d’effectuer tout leur service en apprentissage ;
– développer la mixité des publics et des parcours (en assouplissant les emplois du temps des enseignant-es) ;
– mieux prendre en compte les spécificités de l’apprentissage lors des rénovations des diplômes professionnels ;
– réduire les contraintes juridiques, notamment sur la durée des contrats ;
– confier aux régions l’intégralité du contrôle financier des CFA (3).

Le SNUEP-FSU dénonce ce rapport car :
– promouvoir l’apprentissage, c’est soutenir le désengagement du gouvernement vis-à-vis des familles les plus pauvres ;
– regrouper les PFMP(4) sur une seule année scolaire et développer les classes aux publics mixtes participe d’un mépris du travail pédagogique des enseignant-es et révèle la soumission des IG au monde du travail aux dépens d’une formation de qualité ;
– relancer le pré-apprentissage c’est exclure de la voie scolaire des élèves de 15 ans qui risquent de décrocher, faute de contrats ou
après d’inévitables ruptures.
Cette vision réactionnaire ne permettra en rien de remédier aux problèmes d’insertion professionnelle de ces jeunes sans formation initiale suffisante.

Constats sur l’apprentissage rappelés par les IG 
– coût exorbitant (8 milliards d’euros pour 436 000 apprentis) ;
– désintérêt des entreprises pour cette voie de formation ;
– contrôle quasi-inexistant de la qualité de la formation en entreprise et dans les CFA (sauf en cas de plainte) ;
– orientation souvent par défaut ;
– voie scolaire et apprentissage en concurrence accrue avec le Bac Pro 3 ans et la crise ;
– taux de ruptures de contrats
importants (33 % au niveau V !).

(1) IGEN (Inspection générale de l’éducation nationale), IGAENR
(Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale
et de la recherche), IGA (Inspection générale de l’administration),
IGAS (Inspection générale des affaires sociales).
(2) Éducation nationale.
(3) Centre de formation d’apprenti-es.
(4) Périodes de formation en milieu professionnel.

 

Loi du 5 mars 2014 : conséquences sur les LP

Alors que le taux de chômage est au plus haut et que l’austérité s’amplifie, l’apprentissage, voie de formation professionnelle la plus coûteuse et la moins insérante à moyen et long terme, continue d’être plébiscité. À l’inverse, les moyens de l’enseignement professionnel public sont diminués et ses personnels dévalorisés.

L’apprentissage à tout prix…
La loi sur la formation professionnelle du 5 mars 2014 a pour objectif de « former 500 000 apprentis par an, en revoyant les règles de gestion et d’affectation de la taxe d’apprentissage », et d’améliorer la qualité de l’apprentissage. Elle ne fait que poursuivre la politique mise en œuvre depuis des années alors que son échec est flagrant : l’entrée en apprentissage est en baisse de 8,3 % en
2013, le nombre de contrats signés au plus bas depuis 8 ans.
En parallèle, le désinvestissement dans la voie scolaire continue : avec des capacités d’accueil globalement stables pour la rentrée 2014 en LP, les moyens seront en baisse, des postes à nouveau
supprimés. Le ministère de l’EN(1) envisage aussi de remettre en cause le statut des enseignant-es, de réduire l’offre des diplômes professionnels (le Bac Pro GA en est le parfait exemple) et de développer le mixage des parcours et des publics -statut scolaire surtout pour les jeunes sans contrat d’apprentissage, en 1ère année de formation ou après une rupture.

Les LP moins financés…
À partir de janvier 2015, une part de la taxe d’apprentissage sera régionalisée et surtout la part barème(2) passera de 47 % à 41 %. Si dans les discours, les ministères du Travail et de l’EN ont annoncé un financement à même hauteur que la taxe perçue actuellement pour les EPLE, rien n’est acté. La remise à plat du financement de l’apprentissage se traduit par davantage de ressources pour celui-ci, encore au détriment des lycées professionnels.

Moins de formation initiale…
La loi du 5 mars 2014 crée le CPF(3) qui remplacera le DIF(4) dès 2015. Transférable, attaché à toute personne de 16 ans et plus, sortie du système scolaire, salariée ou en recherche d’emploi, le
CPF permettra de capitaliser jusqu’à 150 heures en 7 ans pour une qualification professionnelle différée. L’État ou la Région pourront l’abonder, notamment pour les jeunes sans diplôme. Pour aller
dans ce sens, les plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs du ministère de l’EN sont regroupées depuis avril 2013 dans les réseaux FOQUALE(5). Au lieu d’investir dans l’enseignement profes- sionnel public, d’agir en amont pour limiter les sorties sans qualification, l’État réduit la lutte contre le décrochage à la
mise en place de dispositifs permettant de « raccrocher ». Il cherche à affaiblir la frontière entre formation initiale et formation continue ; il renvoie la responsabilité de la qualification des décrocheurs vers les régions, dans une logique simpliste d’adéquation formation/emploi.
Les propositions du gouvernement montrent bien la continuité des politiques éducatives concernant la voie professionnelle : développer l’apprentissage sous toutes ses formes et renforcer le pouvoir des régions sur le pilotage des cartes de formation.
Le SNUEP-FSU continue à mener le combat pour redonner toute sa place à l’enseignement professionnel public sous statut scolaire, seul à même de former efficacement les jeunes, et de faire fonctionner l’égalité.
Au vu des sommes engagées pour la promotion de l’apprentissage depuis des dizaines d’années, le SNUEP-FSU demande qu’un réel bilan soit enfin réalisé tant du point de vue quantitatif que qualitatif.