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FORMATION INITIALE DES ENSEIGNANT-ES: UN DROIT POUR LES PLP AUSSI

Après le saccage de la formation des enseignant-es, le SNUEP-FSU avait accueilli favorablement la création des ÉSPÉ. Ces lieux de formation dédiée devaient réhabiliter leur formation et reconnaissaient que le métier d’enseignant-e est un « métier qui s’apprend ». Très vite, le SNUEP-FSU avait pointé l’inexistence de parcours adaptés pour les PLP. Pour le SNUEP-FSU, en ce qui concerne la formation des PLP, le constat est consternant ! Il y a urgence à apporter des correctifs voire à modifier en profondeur le cadre établi par la réforme, notamment la carte des formations.

Les stagiaires ex-contractuel-les PLP sont particulièrement maltraité-es : ils/elles sont majoritaires à effectuer un service complet et ne bénéficient donc pas de formation adaptée à leur cursus antérieur, si ce n’est sous forme de travail supplémentaire. Ces personnels auparavant précaires ont souvent été incités à passer les concours, mais le ministère leur refuse une formation digne de ce nom au prétexte qu’ils ont déjà enseigné.

Dans de nombreuses spécialités professionnelles, les ÉSPÉ ne disposent pas des formateurs/formatrices. Ainsi, l’employeur (MEN, Rectorat) effectue à la fois la formation, souvent sur les moyens de la formation continue et de la titularisation. Beaucoup de stagiaires PLP ne bénéficieront donc pas des ÉSPÉ pour les préparer au métier d’enseignant.

Le double pilotage de l’année de stage entraîne par ailleurs des discontinuités dans la formation : les universités autonomes fixent des contenus de masters différents d’une académie à l’autre. Quant au MEN, il impose des affectations selon une logique financière, là où les besoins sont importants, ce qui ne coïncide pas toujours avec le lieu de début des études…!

Enfin les stagiaires déjà titulaires d’un master, plus nombreux que prévu, semblent traité-es de diverses manières selon les ÉSPÉ, autant pour les contenus que pour l’évaluation et la titularisation.

Le SNUEP-FSU déplore l’incapacité des ÉSPÉ à assurer une formation égalitaire à tou-te-s les futur-es enseignant-es. Pour améliorer la réussite de tou-te-s les lycéen-nes professionnels, les PLP ont besoin d’une formation initiale complète et adaptée, accessible dans toutes les académies, au sein des ÉSPÉ. Une décharge de service de 12 heures est indispensable à une formation de qualité pour l’ensemble des PLP.

NOTE DU CONSEIL D’ANALYSE ECONOMIQUE : LE LEURRE DE L’APPRENTISSAGE

NOTE DU CAE : LE LEURRE DE L’APPRENTISSAGE ET DES PRECONISATIONS IRRESPONSABLES

 Le SNUEP-FSU a pris connaissance de la note « L’apprentissage au service de l’emploi » publiée par le Conseil d’analyse économique. Si le SNUEP-FSU partage le constat d’échec de l’apprentissage, l’analyse et les recommandations portées par ses rédacteurs repose sur de nombreux a priori et minimise l’importance de la formation générale et citoyenne des jeunes dont l’enjeu aujourd’hui est indiscutable.

Pour le SNUEP-FSU, les conclusions présentées par cette analyse, orientée à la seule faveur de l’apprentissage, sont inefficaces mais aussi dangereuses tant pour la formation et l’insertion professionnelle des jeunes que pour le développement de l’emploi dans notre pays.

Le SNUEP-FSU conteste vigoureusement la recommandation du CAE de baisser la part d’enseignement général dans les diplômes de CAP. Non, les disciplines générales ne sont pas des obstacles insurmontables pour les jeunes aux parcours « difficiles » et l’enseignement professionnel public a su démontrer sa maîtrise des pédagogies à destination des lycéen-nes professionnels. Le SNUEP-FSU n’est pas dupe : la minorisation de l’enseignement général remet en cause même l’accès aux diplômes des jeunes.

Brandir le leurre de l’apprentissage constitue ces dernières années la meilleure arme de ses promoteurs pour démanteler l’enseignement professionnel public. Concernant la taxe d’apprentissage, les rédacteurs du CAE préconisent d’augmenter encore la part de la taxe en faveur de l’apprentissage même. Que la part du « hors quota » passe de 38 % à 23 %, c’est encore trop d’argent pour l’enseignement professionnel et technologique publics et pas assez pour l’apprentissage !

Le SNUEP-FSU reste attaché aux diplômes de l’Education nationale qui sont, faut-il le rappeler, conçus au sein même des CPC, instances qui regroupent à la fois salarié-es, employeurs, enseignant-es et l’administration de l’EN. Il considère que c’est du rôle de l’Education nationale de garantir la qualité de la formation et de l’évaluation de ses diplômes. L’articulation d’un enseignement général et professionnel en fait leur force et leur intérêt au regard des autres certifications existantes. C’est la mise en œuvre de cette articulation qui conditionne la poursuite d’études et les possibilités d’évolutions futures des diplômé-es.

S’il faut effectivement reclarifier la frontière entre formation continue et formation initiale, les objectifs, les modalités, les lieux et les dispositifs de formation ne peuvent être identiques et doivent être adaptés en fonction des publics (moins de 18 ans, salarié-es, demandeurs-ses d’emploi).

Bien trop de moyens financiers ont été consacrés à l’apprentissage depuis dix ans alors que cet investissement n’a pas réellement prouvé son efficacité en termes d’insertion professionnelle des jeunes peu ou pas qualifiés ou de lutte contre le chômage. Le SNUEP-FSU considère que pour agir au service de l’emploi, il faut agir au service de l’éducation des jeunes et leur assurer une scolarité et un accès aux diplômes, seuls garants d’une insertion professionnelle réussie.

Le dogmatisme de l’apprentissage

Premier réflexe du gouvernement sitôt les résultats des élections régionales connus : annoncer des mesures en faveur de l’apprentissage pour réduire le chômage.  Dogmatisme, vous avez dit dogmatisme ? Petit coup d’oeil dans le rétroviseur, en mai 2011…

APPRENTISSAGE RELANCÉ : LE DOGMATISME DU MINISTÈRE

Nicolas Sarkozy, qui voudrait voir une baisse durable du chômage s’amorcer en 2011, avant l’élection présidentielle de 2012, a réaffirmé son objectif de porter le nombre de jeunes formés en contrat d’alternance de 600 000 à 800 000 (dont 600 000 en apprentissage). À sa demande, le gouvernement prépare depuis 2009 un nouveau « plan de relance » de la formation en alternance. Les 1er travaux pour favoriser le développement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation ont été engagés par L. Wauquiez, l’ancien secrétaire d’État à l’Emploi. Ce chantier est aujourd’hui piloté par X. Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, et N. Morano, ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle.

Pour arriver à ses fins, le gouvernement veut augmenter le quota d’apprentis (4 % des salarié-es) et imposer un système de bonus-malus lié aux entreprises. Pour financer en partie cette relance, la majorité envisage de réformer la taxe d’apprentissage en diminuant significativement, entre autres, la part allouée aux formations professionnelles initiales sous statut scolaire (cf. encart : réforme de la taxe d’apprentissage). Notons que l’ensemble de ces mesures n’augmentent pas la contribution de l’État à ces formations : les régions et les partenaires sociaux, très critiques sur ces projets, ne sont pas dupes.

Derrière un discours fallacieux sur le chômage et le problème de l’insertion professionnelle des jeunes, le gouvernement tente une fois de plus d’imposer les formations en apprentissage au détriment du service public de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. Les dernières études du CEREQ* ont pourtant montré qu’il n’y avait pas d’adéquation directe entre mode de formation (scolaire, apprentissage, contrat pro,…) et insertion professionnelle des jeunes. Cette étude remet aussi en question l’idée préconçue qu’il existerait une « génération sacrifiée » et montre qu’une grande partie de la jeunesse, n’a pas de problème d’insertion. L’apprentissage n’est donc absolument pas une solution miracle au chômage des jeunes : la solution de fond réside en un véritable traitement du chômage dans sa globalité.

Le SNUEP-FSU a été reçu au ministère du travail et a tenté de le mettre en garde contre ce que nous qualifions d’une nouvelle erreur économique et politique. En effet, malgré les différents plans de relance financés à coups de milliards d’euro, l’apprentissage n’a jamais réussi à se développer et ce malgré la multiplication des aides aux entreprises. L’apprentissage n’est pas l’outil miracle permettant une meilleure insertion professionnelle des jeunes et n’a pas permis d’éviter les sorties sans qualification. Les entreprises n’ont jamais eu vocation à former les jeunes. Elles cherchent avant tout à augmenter leur productivité et leur bénéfice. Ces 10 dernières années, l’apprentissage est resté stable dans les secteurs où il est traditionnellement implanté. Il s’est développé aux niveaux supérieurs (III et plus) pour lesquels l’apprenti peut être « rentable » pour l’entreprise, et n’a pas réellement de problèmes d’insertion professionnelle ! Cette nouvelle relance risque donc d’accentuer ce phénomène ne répondant en rien au problème des jeunes sortis sans qualification et qui ont eux des problèmes d’insertion durable.

Lors de cette rencontre, le SNUEP-FSU a pu constater la volonté dogmatique du ministère du travail de développer les contrats en alternance. Il dit travailler en étroite collaboration avec le ministère de l’EN (DIMA, développement de la mixité des parcours et des publics) pour arriver à ses fins et parie sur le développement de l’apprentissage dans les entreprises de 10 à 250 salarié-es ou il existerait d’importants gisements de lieux de stages pour accueillir les futur-es apprenti-es.

Le SNUEP-FSU condamne cette nouvelle tentative de relance de l’apprentissage aux niveaux V et IV. Il considère que ce n’est pas l’apprentissage qui peut répondre au problème des sorties sans qualification des jeunes et réaffirme le rôle central du service public de l’éducation dans la réussite de tous les jeunes. Il dénonce la politique menée par l’EN qui tend à siphonner les LP afin d’alimenter les formations en apprentissage.

Le SNUEP-FSU s’oppose à toute réforme de la taxe d’apprentissage qui va appauvrir, voire tarir, le financement des formations publiques sous statut scolaire.

 

* Centre d’études et de recherche sur les qualifications

Communiqué intersyndical CGT, FAEN, SNETAA-FO, SNUEP-FSU

L’intersyndicale regroupant la CGT, FAEN, SNETAA-FO, SNUEP-FSU s’est réunie le vendredi 19 décembre pour analyser ensemble les politiques mises en œuvre dans le champ de l’enseignement professionnel public.

Enfermé dans une politique d’austérité, pour masquer le manque d’investissement et une réelle valorisation de l’enseignement professionnel, le ministère s’entête à vouloir développer l’apprentissage alors qu’il n’est ni la solution au chômage des jeunes, ni une voie de formation dispensant une formation permettant des poursuites d’études et une insertion durable dans l’emploi.

La volonté du ministère de développer l’apprentissage dans les LP, LPO et SEP fait peser de graves menaces sur l’enseignement professionnel public. Le mixage des parcours et des publics, qui sert notamment l’objectif de diminution des moyens alloués à l’enseignement professionnel et la sous-traitance des plateaux techniques des EPLE, dégradent encore les conditions de travail des PLP et les conditions d’études des lycéen-nes professionnel-les. Aujourd’hui, la ministre envisage de modifier le statut des PLP qui serait un « frein » au développement de l’apprentissage. Pour nous, cette éventualité est inacceptable et nous nous opposerons à de telles modifications.

Dans le cadre de la préparation de la rentrée 2015, au moment où le ministère met en place un droit de retour en formation professionnelle initiale pour les jeunes décrocheurs, aucun moyen supplémentaire n’est alloué aux LP, SEP, EREA et SEGPA pour prendre en charge ces jeunes et pour améliorer les conditions de travail des PLP fortement dégradées ces dernières années. Pire, Il est à craindre que pour financer certaines mesures mises en place à la rentrée 2015, les lycées professionnels et ses
enseignant-es en seront écartés : éducation prioritaire, pondération, … les moyens en seront ponctionnés sur l’enseignement professionnel public qui sert de variable d’ajustement.

Nos organisations condamnent le développement de l’apprentissage et demandent solennellement à la ministre de l’Education nationale de changer sa politique à l’égard des lycées professionnels publics. Le gouvernement doit mesurer l’enjeu que représente l’Enseignement Professionnel initial, public et laïque comme voie de la réussite des jeunes, contre les sorties sans qualification.

Nos organisations syndicales donnent rendez-vous aux PLP dès la rentrée de janvier 2015 pour construire ensemble les mobilisations nécessaires et riposter à cette politique.

BAC PRO GA : DES MESURES QUI NE SONT PAS A LA HAUTEUR DES DIFFICULTES

Le ministère a soumis au vote du CSE du 17 décembre 2014 un arrêté modifiant la définition des sous-épreuves professionnelles E31, E32 et E33 du Bac Pro Gestion Administration. Parmi ces modifications, l’une concerne la déconnexion du passeport de compétences de l’évaluation formative, l’autre est relative à l’évaluation de 17 classes de compétences en lieu et place des 55 précédemment prévues.

Ces modifications sont issues des propositions de groupe de travail ouvert par le ministère à la demande du SNUEP-FSU. Si elles proposent certaines corrections aux erreurs de conception de ce Bac Pro, elles sont loin de résoudre l’ensemble des difficultés que nous avions soulevées lors de ce GT. C’est pour cela que le SNUEP-FSU a voté ces propositions en abstention, exprimant ainsi sa forte déception. De plus, rien n’assure que ces modifications se concrétiseront rapidement sur le terrain.

Le Bac Pro GA a entraîné une dégradation importante des conditions de travail et les modifications proposées restent très insuffisantes et resteront sans effets sans un véritable accompagnement de formation des collègues.

Aujourd’hui, il est évident que le Bac Pro GA ne répond en rien aux objectifs visés lors de sa création. Il n’est aucunement attractif pour les élèves et leurs familles, il ne résout pas le problème du décrochage scolaire et des difficultés à trouver des lieux de stage. Ce Bac Pro est à revoir dans son ensemble, à la fois dans son architecture, ses contenus de formation et ses modalités de certification.

Le SNUEP-FSU a rappelé au ministère son exigence d”un bilan global, indépendant et objectif du Bac PRO GA. Le SNUEP-FSU exige aussi que toutes les solutions soient envisagées. Si une remise à plat totale de ce Bac Pro se révéle nécessaire, elle ne devra pas être écartée. Il est inacceptable de condamner des milliers d’enseignant-es à des conditions de travail aussi dégradées et de sacrifier ainsi des générations entières de jeunes.

FACE AUX ATTAQUES, LE SNUEP-FSU APPELLE A LA MOBILISATION

Les élections professionnelles sont passées. Fort de ses résultats, le SNUEP-FSU et ses militant-es poursuivront le combat. Nous sommes plus que jamais convaincu-es que notre action syndicale ne doit céder ni au choix de l’accompagnement des politiques menées, ni à la tentation du repli corporatiste et encore moins à l’adhésion aux idées réactionnaires. Le SNUEP-FSU continuera à œuvrer pour défendre le service public d’enseignement professionnel gravement menacé par la politique libérale et austéritaire du gouvernement. Nous continuerons à informer, résister et lutter pour empêcher la destruction de l’enseignement professionnel public.

Le SNUEP-FSU n’a pas cessé d’interpeller le ministère au sujet du Bac Pro GA et des conditions impossibles faites aux élèves et aux PLP y enseignant. Le ministère propose aujourd’hui des modifications des modalités de certification. Ces aménagements proposés en urgence ne sont pas à la hauteur des attentes. S’ils constituent une première modification, ils demandent une réelle concrétisation sur le terrain pour se traduire par un allègement des conditions de travail. Le SNUEP-FSU n’en restera pas là et demande toujours un bilan indépendant et objectif du Bac Pro GA dans toutes ses dimensions (finalités contenus, évaluations).

À la revendication de revalorisation salariale de nos métiers, le ministère, après avoir écarté les PLP de la pondération, répond par des décrets indemnitaires humiliants. Ces indemnités ne peuvent en rien compenser la perte continue de notre pouvoir d’achat, le travail accompli par les PLP et les nouvelles tâches qui chaque jour s’imposent à nous. Les textes en l’état ne sont pas acceptables. Nous ne laisserons pas les chefs d’établissement décider du niveau de notre rémunération ! Le SNUEP avec la FSU interviendra pour faire modifier ces textes.

Alors que le SNUEP-FSU n’a de cesse de faire remonter les difficultés et la surcharge de travail liés au CCF, le ministère poursuit sa politique de casse des certifications avec le projet de passage en CCF de l’épreuve de français-histoire du diplôme intermédiaire. Le SNUEP-FSU combattra ce projet.

Tous ensemble, il est possible d’inverser le cours de ces politiques. Contre la promotion de l’apprentissage, pour l’amélioration de nos conditions de travail, pour la revalorisation salariale, l’unité d’actions s’impose dans l’enseignement professionnel public.

Le SNUEP-FSU soutient les mobilisations unitaires des personnels pour l’éducation prioritaire et appelle les PLP à se mobiliser et à participer massivement au rassemblement du 17 décembre qui se tiendra lors du CTM.

Le SNUEP-FSU se mandate pour que la FSU appelle à la grève début 2015 dans l’éducation sur les questions budgétaires et salariales, les conditions de travail et mais aussi sur les enjeux de l’enseignement professionnel public.