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LA LUTTE CONTRE LE DECROCHAGE SOUS LE REGNE DE L’AUSTERITE

Dans un contexte de crise globale, accompagnée d’une aggravation continue des inégalités sociales et d’explosion des chiffres du chômage, le 1er ministre et la ministre de l’EN ont présenté un plan national de lutte contre le décrochage scolaire.

Annoncée comme une priorité nationale absolue lors de la campagne présidentielle avec l’objectif de diviser par 2 le nombre de décrocheurs d’ici la fin du quinquennat, la lutte contre le décrochage scolaire avait déjà fait l’objet d’un plan annoncé par Vincent Peillon en décembre 2012.

Les mesures présentées aujourd’hui n’apportent rien de nouveau par rapport aux mesures Peillon, si ce n’est l’octroi de 50 millions d’euros supplémentaires par an, bien dérisoire au regard des enjeux. Sur 140 000 décrocheurs, cette enveloppe se traduit en réalité par moins de 400 euros par élève décrocheur.

La lutte contre le décrochage est une question de justice sociale. Avec l’enveloppe supplémentaire annoncée, l’impasse sur les questions de réduction des effectifs et d’instauration de seuils de dédoublement –notamment pour les 3e PP-, une carte des REP édifiée actuellement à moyens constants, le gouvernement présente un plan bien en deçà des enjeux éducatifs et sociaux.

Pour le SNUEP-FSU, diminuer le décrochage et permettre le retour en formation sous statut scolaire des milliers de jeunes aujourd’hui sans qualification professionnelle, il y a urgence à donner des moyens supplémentaires à l’enseignement professionnel public.

OU EST PASSEE LA PRIORITE A L’EDUCATION ?

Dans nos établissements, nous n’avions pas attendu les chiffres du Monde pour constater que la création massive de postes n’avait pas eu lieu. Ainsi, à la moitié du quinquennat, seuls 3856 postes auront été créés, dont 950 pour le 2nd degré. De même la promesse de priorité à l’enseignement professionnel ne s’est pas concrétisée. Avec une réforme de la voie professionnelle engagée à la va-vite et contre les personnels, les PLP ont vu leurs conditions de travail considérablement alourdies par la refonte des programmes, les CCF et des classes demeurées surchargées. Le tout pour quelle contrepartie ? Un pouvoir d’achat en berne !

Le gel des salaires des agent-es de la Fonction publique se poursuit et le 1er ministre confirme le maintien de ce gel jusqu’en 2017.

À nos revendications, le ministre et le gouvernement font la sourde oreille. Pendant ce temps, il multiplie les gages au Medef, en lui offrant tout un pan de l’enseignement professionnel et de ses élèves sur un plateau : promotion à tous crins de l’apprentissage, 500 000 apprentis en 2017 dont 60 000 dans les EPLE, multiplication des primes à l’embauche d’apprentis, expérimentation sur la co-élaboration des diplômes avec 8 branches professionnelles, et retour sur la législation liée aux machines dangereuses et au travail en hauteur pour les mineurs.

À celles et ceux qui s’opposent à ces politiques austéritaires et autoritaires d’accélération des exonérations fiscales pour le patronat, de démantèlement de la protection sociale, des services publics, du Code du travail, de destruction de l’environnement, le Gouvernement répond de manière autoritaire et brutale en expulsant des élèves sans-papiers, interdisant les manifestations, ou en engageant des forces de répression telles qu’elles ont entraîné la mort de Remi Fraisse à Sivens.

Le SNUEP-FSU soutient la manifestation du Collectif Alternative à l’Austérité « Mobilisons le peuple social contre l’austérité » qui se tiendra samedi 15 novembre.

Le SNUEP-FSU soutient la manifestation initiée par le Collectif national droits des femmes Contre les violences faites aux femmes qui se tiendra samedi 22 novembre

Avec l’intersyndicale CGT FP, FA-FP, FSU, SOLIDAIRES FP, mobilisons-nous le mardi 18 novembre de 12 h à 14 h devant l’assemblée nationale pour la défense de l’emploi public et des salaires.

 À ces politiques, nous disons « ça suffit » ! Le SNUEP-FSU appelle les PLP à se mobiliser pendant la semaine d’actions du 17 au 22 novembre et à se retrouver le jeudi 20 novembre à 11 h devant le ministère pour faire entendre leur voix !

 Avec la FSU, le SNUEP-FSU mobilisera le samedi 22 novembre à Paris à 10h lors d’un rassemblement aux Invalides où se tiendra un grand meeting de l’éducation à 13h à la maison de la Chimie (Métro Invalides).

DU 17 AU 22 NOVEMBRE : LE SNUEP-FSU DANS L’ACTION

Une fois de plus lors de cette rentrée, le ministère de l’Éducation nationale n’a concédé aucun moyen supplémentaire à l’enseignement professionnel public sous statut scolaire.

Cette voie de formation scolarise 1/3 des lycéen-nes mais cela ne semble pas suffire : aucun engagement n’a été pris par la nouvelle ministre pour la soutenir et la valoriser. Pire, le ministère a floué les personnels : un temps affiché comme une priorité,   l’enseignement professionnel public sous statut scolaire doit céder la place à l’apprentissage que le ministère promeut ces jours-ci sans réserve.

L’enseignement professionnel public a trop attendu. Alors qu’on lui demande d’être le rempart contre les sorties sans qualification, aucun bilan de la reforme du Bac Pro 3 ans n’a été tiré et les PLP comme leurs élèves ne se voient rien proposer pour améliorer leurs conditions de travail ou d’études.

Quand des milliers de jeunes ne trouvent pas de formation initiale qualifiante, il est du devoir du ministère de l’Education nationale d’investir dans la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. Or, le ministère -avec le soutien des régions- se désengage chaque jour davantage de sa mission éducative en favorisant l’apprentissage. Son objectif de développer le mixage des parcours et des publics va encore détériorer les conditions d’apprentissage de ces jeunes et accentuer les difficultés auxquelles les enseignant-es sont confronté-es au quotidien.

C’est pourquoi le SNUEP-FSU appelle l’ensemble des PLP à se mobiliser à travers une campagne d’interpellation du président de la République pour en finir avec les dégradations de la voie professionnelle publique sous statut scolaire. Il appelle l’ensemble de la profession à signer les cartes postales.

Pour faire entendre ses revendications et l’urgente nécessité d’améliorer les conditions de travail des collègues et d’études des élèves, le SNUEP-FSU appelle à une semaine d’action « Pour l’enseignement professionnel public » du 17 au 22 novembre.

Les LP dans l’éducation prioritaire

Dès la rentrée, le SNUEP-FSU est intervenu auprès du ministère pour que les LP ne soient pas exclus de l’Éducation prioritaire – engagement négocié par le SNUEP-FSU avec les ministres précédents. Reçu récemment, le SNUEP-FSU a eu confirmation que cet engagement sera bien tenu. 186 lycées, dont des lycées professionnels feront partie de l’Éducation prioritaire à la rentrée 2015. À l’heure où nous déplorons que l’enseignement professionnel public n’est toujours pas traité comme une priorité par le MEN, le SNUEP-FSU acte favorablement cette décision.

 SNUEP-FSU soutient la mobilisation des LP qui demandent leur entrée dans ce dispositif, notamment le lycée professionnel Tregey de Bordeaux dont les personnels sont fortement mobilisés depuis deux semaines.

Le SNUEP-FSU ECRIT A LA MINISTRE

Lettre du SNUEP-FSU à la ministre de l’Éducation nationale

 Le 5 septembre dernier, le SNUEP-FSU adressait une lettre à la ministre de l’Éducation nationale, Mme Najat Vallaud-Belkacem. Par ce courrier, le SNUEP-FSU sollicitait une audience dans les meilleurs délais afin de pouvoir discuter des dossiers urgents relevant de l’enseignement professionnel public, encore trop souvent traités à la marge. À ce jour, le SNUEP-FSU n’a toujours pas reçu de réponse à sa demande.

Madame la ministre,

L’enseignement professionnel public est une particularité française qui est une chance pour notre pays. En permettant aux élèves le plus souvent issus des CSP les plus défavorisées et généralement les plus éloignés de la culture scolaire, de pouvoir apprendre un métier tout en bénéficiant des atouts de l’école, la formation professionnelle initiale sous statut scolaire offre une formation globale de qualité. Elle est un outil de remédiation et un facteur de cohésion sociale et d’aide à insertion professionnelle, lequel n’est pas encore assez reconnu et mis en valeur.

L’enseignement professionnel public participe depuis de nombreuses années à la démocratisation scolaire ; le baccalauréat professionnel a d’ailleurs fortement contribué à rendre effectif l’objectif des 80 % d’accès à ce diplôme d’une classe d’âge. Il permet aussi la réduction les inégalités scolaires en limitant les sorties sans qualification et l’augmentation du niveau de qualification des jeunes. Cette voie de formation en prise avec les milieux professionnels illustre de façon concrète et tous les jours que l’Éducation nationale n’est pas déconnectée du monde de l’entreprise.

Cependant, l’enseignement professionnel public souffre encore aujourd’hui d’un déficit d’image et les dernières réformes mises en place, notamment celle qui a généralisé le bac pro en 3 ans, ont renforcé l’ensemble des difficultés auxquelles sont confrontées les enseignant-es pour faire réussir tous leurs élèves. La refondation de l’École n’a pas non plus permis de revaloriser cette voie et l’ensemble des chantiers qui se sont ouverts ont écarté les problématiques spécifiques à l’enseignement professionnel public et ont exclu ses enseignant-es de toutes mesures catégorielles permettant de réelles améliorations de leurs conditions de travail et de revalorisation du métier.

Alors que de nombreux rapports, dont beaucoup émanent de vos services, actent le fait que l’enseignement professionnel public concentre les difficultés les plus importantes (échec scolaire, décrochage, résultats au baccalauréat insatisfaisants, souffrance au travail des personnels, difficultés de recrutement…), aucune mesure concrète n’a encore été prise pour améliorer les conditions d’études des élèves et les conditions de travail des collègues.
S’il y a encore des choses à améliorer au niveau de la conception des diplômes et du travail des CPC ou encore dans la mise en œuvre des PFMP, l’enseignement professionnel public, ses personnels et ses élèves attendent plus de votre nomination. La mise en œuvre de la feuille de route de la conférence sociale n’est pas la réponse attendue ni par les personnels ni par les élèves. Le discours récurrent sur le développement de l’apprentissage dans l’Éducation nationale ou la labellisation de nouveaux campus des métiers et des qualifications ne l’est pas non plus.

Lors de cette audience nous souhaitons aborder :

  • les éléments présents dans la feuille de route de la conférence sociale de juillet que vous entendez mettre en œuvre ;
  • les difficultés inhérentes à la réforme du baccalauréat professionnel 3 ans, imposée sous le gouvernement précédent et aucunement remise en cause à ce jour (parcours, évaluation, contenus d’enseignement, PFMP…) ;
  • le décrochage scolaire ;
  • la souffrance au travail des enseignant-es devenue très alarmante ;
  • le recrutement problématique des PLP et leur formation.

 L’enseignement professionnel public doit enfin être reconnu à sa juste valeur et vous devez enfin lui donner les moyens de faire progresser tous les élèves pour permettre une diminution des sorties sans qualification. Nous continuons à penser qu’il a un rôle majeur à jouer dans le système éducatif comme dans la société dans son ensemble et qu’il doit rester une voie d’éducation et de formation permettant de répondre aux nombreux défis à venir (réindustrialisation, transition énergétique, développement durable, développement du numérique, accompagnement de la personne …)

Le SNUEP-FSU considère que tous ces sujets nécessitent et méritent enfin une attention et un travail approfondi qui ne peuvent plus être relégués où traités à la marge. Au regard de l’intérêt que vous portez, notamment à la lutte contre l’échec scolaire et à l’égalité, le SNUEP-FSU souhaite une audience dans les meilleurs délais.

Nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

Bac Pro GA : Halte au saccage !

Le Bac Pro Gestion Administration (fusion des bacs secrétariat et comptabilité) a été imposé à la profession et aux élèves en 2011 malgré un vote en « contre » au CSE.
Depuis ce passage en force, le SNUEP- FSU alerte le ministère sur les dérives et les incohérences de cette filière qui ont profondément dégradé les conditions d’études des élèves et de travail des enseignant-es. Suite à nos interpellations et à nos interventions en CHSCT, la DGESCO a enfin décidé début 2014 d’organiser des groupes de travail pour, dans un premier temps, pallier les problèmes urgents et, dans un second temps, élaborer un bilan global.
Le SNUEP-FSU a participé aux 3 réunions, il est intervenu aussi dans plusieurs instances pour mettre en lumière la souffrance au travail patente des collègues et pour porter des propositions spécifiques immédiates à cette filière – notamment réinjecter un enseignement de comptabilité pour les élèves, harmoniser les consignes pédagogiques, déconnecter le passeport de compétences de la certification, former les PLP, utiliser des logiciels compatibles et gratuits… Le SNUEP-FSU exige aussi une remise à plat complète de cette filière tant les problèmes sont pléthoriques.
Après 10 mois de travail, aucune mesure concrète n’a encore été prise malgré l’urgence de la situation. Face à cet immobilisme de l’administration, sourde au quotidien très difficile des enseignant-es et des élèves de cette filière, le SNUEP-FSU appelle l’ensemble des collègues à se faire entendre et à s’emparer de la campagne cartes postales Bac Pro GA : halte au saccage ! lancée le 15 septembre par le SNUEP-FSU.

Ensemble, avec le SNUEP-FSU, nous devons contraindre le ministère à prendre des mesures immédiates pour les collègues et pour les élèves de GA mais aussi pour l’enseignement professionnel public sous statut scolaire !