Comité de suivi de la réforme de la voie professionnelle

Le ministère refuse d’entendre les difficultés des personnels et des élèves, et s’obstine dans un véritable démantèlement de la voie professionnelle

Le 7 octobre, le comité de suivi de la réforme de la voie professionnelle s’est tenu dans une ambiance tendue. Alors qu’un bilan de rentrée était à l’ordre du jour, l’administration a tenté de l’éluder en embrayant d’emblée sur des données liées à l’orientation : pas un mot sur les effets de la crise sanitaire et économique sur les personnels et les élèves.

Tous les membres de ce comité de suivi ont relaté l’épuisement des personnels, les difficultés accrues des élèves et dit haut et fort le besoin de temps pour supporter autant de bouleversements dans le contexte. Une grande partie de la fatigue est imputable à la montée en charge de la réforme qui impose des emplois du temps extrêmement contraints et des timings intenables : réforme des programmes, montées en puissance des dispositifs pédagogiques, généralisation des familles de métiers, rénovation de diplômes…

À cela s’ajoutent les difficultés accrues pour trouver des lieux de PFMP et la « fausse bonne idée » du ministère avec sa « FAQ » dont les préconisations ne s’appuient sur aucun texte réglementaire et contreviennent aux textes en vigueur. Suite à l’intervention du SNUEP-FSU, le ministère a balayé le problème en précisant que les propositions n’avaient pas valeur d’obligation. Le SNUEP-FSU a demandé qu’une note soit envoyée à tou·tes les IEN et chef·fes d’établissement car certain·es s’emparent déjà de cette FAQ en la présentant comme une note de service ou une circulaire pour forcer les personnels à la mettre en œuvre – ce qui accroit les tensions localement.

L’aménagement de la co-intervention en quatre options en terminale pour la rentrée 2021 est confirmé. Les quatre options seraient :

  • Maintien de la co-intervention telle qu’elle est définie par l’arrêté en vigueur ;
  • Transformation en modules poursuite d’études ;
  • Transformation en module insertion professionnelle ;
  • Initiation d’enseignement de la philosophie.

Évidemment le ministère ne pouvait ni faire simple, ni cadrer les choses pour faciliter le travail des personnels. Au prétexte d’autonomie et de « souplesse », les options devront être inscrites dans le projet d’établissement et votées en conseil d’administration. Exiger cette tâche supplémentaire sur cette année particulière afin que les options soient effectives en septembre 2021, c’est nier une fois de plus le travail monumental engagé par les enseignant·es pour mener à bien leurs missions. Les élèves auront le choix et pourront changer d’options en cours d’année : quid de nos obligations de service et de nos emplois du temps déjà bien entamés avec la réforme ? La fameuse « souplesse » longuement répétée risque fort de transformer ces options en véritables usines à gaz dans les établissements !

Le SNUEP-FSU dénonce la volonté du ministère, dans son projet de loi de finance 2021, de supprimer des postes dans le second degré l’an prochain.

Si le SNUEP-FSU revendique depuis longtemps un enseignement de philosophie en terminale, il dénonce l’absence de moyen alloué, son caractère optionnel et l’absence de formation prévue pour les PLP qui seraient volontaires.

Une fois de plus, la voie professionnelle, ses personnels, ses élèves et ses formations sont fortement malmenées !

Le SNUEP-FSU s’engage à informer régulièrement les personnels sur l’ensemble des choix du ministère qui dégradent toujours plus nos conditions de travail, sur l’ensemble des choix qui vont transformer en profondeur nos métiers – cette réforme en est déjà un exemple, sur l’ensemble des choix qui instaureraient une individualisation de nos salaires et de nos carrières. Le SNUEP-FSU alerte sur le risque d’un démantèlement accéléré de nos lycées professionnels et dont nos élèves seront les premières victimes.

Paris, le 8 octobre 2020

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