RÉFÉRÉ DE LA COUR DES COMPTES – MARS 2020

ENCORE UN RAPPORT À CHARGE CONTRE LES PROFESSEUR·ES DE LYCÉE PROFESSIONNEL

La Cour des comptes vient de publier un référé qui émet des préconisations au ministre de l’Éducation nationale sur sa transformation de la voie professionnelle.

Après avoir acté que la réforme de 2009 est un échec avéré sur tous les plans, la Cour des comptes fustige, comme à son habitude, le statut des professeur·es de lycée professionnel (PLP), le prétendant responsable de tous les maux de la voie professionnelle. Elle propose donc d’annualiser le temps de travail des PLP, de faire cours pendant les PFMP des élèves, d’obliger à mixer les publics (apprenti·es avec les scolaires) dans les classes…

La Cour considère aussi les effectifs par classe trop faibles. Elle révèle ainsi sa méconnaissance de la réalité des filières ou peut-être juge-t-elle que les contraintes d’effectifs pour assurer la sécurité des élèves ne devraient pas s’appliquer. Elle préconise donc de fusionner tous les lycées professionnels de moins de 500 élèves. Cela reviendrait à ne garder que 200 établissements soit en moyenne deux par départements.

Les élèves de la voie professionnelle sont aussi pointé·es du doigt dans ce rapport : ils·elles couteraient 15 % plus chers que leurs camarades des autres voies du lycées.
Le SNUEP-FSU dénonce le biais délibéré utilisé par la Cour des comptes. L’écart publié correspond à une année de scolarité. Les élèves de lycée professionnel, le plus souvent de PCS défavorisé·es, ont des parcours scolaires plus courts donc moins « coûteux » que les élèves des lycées généraux et technologiques. Par souci d’honnêteté, en utilisant le même coût annuel, la Cour des comptes aurait pu déclarer que les étudiant·es de classe préparatoire aux grandes écoles coûtent 11 % plus chers que les étudiant·es de BTS et 24 % plus chers que les lycéen·nes professionnels…

Quant aux diplômes, la Cour des comptes les considère trop nombreux et propose d’en réduire le nombre au prétexte d’une adéquation aux besoins des entreprises. Pourtant, les entreprises ne sont pas avares de spécialités de formations au regard des milliers de titres professionnels existants. En fait, dans la lignée des classes de seconde par familles de métiers, la Cour souhaite une déprofessionnalisation de la voie professionnelle, un comble !

Pour le SNUEP-FSU ce référé à charge contre la voie professionnelle, ses personnels et ses élèves est inadmissible et irresponsable. Il participe à la dévalorisation déjà bien engagée avec la réforme en cours puisque que cette dernière réduit les temps d’enseignement, supprime des postes, abroge le diplôme BEP.
Ce référé devrait engendrer de la colère et une réponse argumentée à charge de la part d’un ministre qui prétend avoir de la considération pour l’enseignement professionnel public. Le SNUEP-FSU sera attentif à sa réponse et combattra toute application des éléments de ce référé.

Paris, le 12 mars 2020

Télécharger le communiqué