Consultation des enseignant·es

Faire entendre le ministre

Depuis longtemps le dialogue est rompu entre les enseignant·es et le ministre Blanquer. La consultation sur « Le métier de professeur du XXIème siècle », est-elle une tentative de le renouer ou une nouvelle opération de communication ? Toujours est-il que le ministre compte utiliser les réponses à cette enquête comme base de discussion avec les organisations syndicales.

Une enquête forcément biaisée

Le 26 février sur France Inter, le ministre assurait une enquête « anonyme » et « confidentielle » dans laquelle « tous les professeurs pourront dire ce qu’ils attendent ». Certes les réponses sont anonymes mais tout un chacun peut y répondre et à de multiples reprises puisqu’aucune vérification de la fonction n’est faite. Des non-enseignant·es ont pu y répondre. Si une sécurisation de la procédure n’est pas rapidement assurée, quelle sera la validité scientifique de cette enquête ? Le Ministère doit rapidement apporter des réponses sur ces points de méthode, sauf à assumer ouvertement une consultation biaisée dès le départ, alibi médiatique d’une opération politique.
Cette enquête se limite au seul métier d’enseignant·e. Le ministre a délibérément oublié les CPE, AED et AESH qui pourtant sont au quotidien en interaction directe avec les enseignant·es. Pourquoi cet oubli ?

Vite, une consultation !
Cette enquête a été annoncée précipitamment en amont de la conférence internationale du ministre Blanquer sur le métier de professeur au XXIème siècle prévue à la fin du mois de mars. Les nombreuses déclarations ces dernières semaines sur la rémunération au mérite laissent à penser que certaines réponses (les questions sur la rémunération, mais aussi sur la reconnaissance du métier) pourraient être instrumentalisées pour mettre en place cette politique dont de nombreuses études ont pourtant montré les effets délétères sur la cohésion des équipes.
Plutôt qu’un débat honnête et nécessaire, le ministre Blanquer préfère cette enquête pour légitimer son projet politique. Pas de doute, il tente un marchandage (pseudo) : revalorisation contre de nouvelles missions synonymes d’alourdissement des tâches. La preuve en est avec la formation pendant les vacances, dont le décret est passé l’an dernier en dépit de l’opposition des organisations syndicales. Cette question figure d’ailleurs dans le questionnaire…le ministre est à la recherche d’une légitimité.

Utilisons cette consultation pour délégitimer le ministre
Sans aucune illusion sur l’objectif politique d’une telle initiative, à l’heure où la profession fait entendre sa voix de multiples manières, notamment dans des grèves et dans la rue, à l’heure où les réformes du Ministre sont rejetées par une majorité des personnels, saisissons cet outil pour s’exprimer, notamment dans les questions ouvertes « quelles sont vos principales sources de déception ? », « quels sont les mots qui qualifient le mieux votre métier ? », « y a-t-il une question qui n’a pas été posée précédemment et aurait mérité de l’être ?  ».
Exprimez-y le refus du mérite et d’un alourdissement des tâches comme par exemple les formations pendant les vacances. Rappelez votre conception du métier à l’opposé d’une simple application de consignes ministérielles via les vade-mecum, etc.
Les questions oubliées pourraient-être : Quelles sont les causes de la dégradation des conditions d’exercice du métier ? Quelle est la mesure la plus urgente pour améliorer les conditions de travail ? Les propositions ministérielles participent-elles d’une revalorisation du métier ?

Salaires, réformes, retraites, exprimez-vous, gardez une trace de vos réponses, faites-les connaître dès maintenant, en publiant des captures d’écran sur les réseaux sociaux avec le #ConsultationBlanquer et gardez-les pour les confronter aux résultats lorsqu’ils seront publiés.