Rapport 2de à champs pro

Le ministre Jean-Michel Blanquer ignore aussi les inspecteurs généraux pour mener ses réformes

Un rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale sur “L’expérimentation des classes de seconde professionnelle de champ” a été rédigé en mars 2018. Il ne parait qu’un an plus tard, après le lancement de la réforme de la voie professionnelle, qui propose notamment de généraliser ce type de seconde sous l’intitulé « par famille de métiers ». Or les conclusions du rapport diffèrent fortement de ce choix politique et non éducatif…

Si l’expérimentation des 2des à champ professionnel avait pour objectif premier de proposer une orientation progressive, la réalité est tout autre. Selon les auteurs du rapport, ce type de classe ne permet pas d’attirer davantage d’élèves de 3e vers la voie professionnelle. Elles permettent surtout une gestion de flux en poussant certains jeunes à s’orienter vers certaines spécialités. L’orientation des élèves, en fin de seconde, est contrainte par la structure des classes de première de l’établissement où ils sont scolarisés, comme par l’offre de formation dans un environnement proche.
Le rapport met en avant certaines conditions de réussite de ce dispositif : « Ces expérimentations sont en général initiées et portées par des équipes pédagogiques et de direction motivées, une forte mobilisation des équipes pédagogiques, avec une grande entente entre les professeurs de l’enseignement professionnel mais aussi de l’enseignement général ». Pourtant, la mise en place des secondes à famille des métiers ne tient pas compte du temps nécessaire à la concertation entre collègues, des contraintes d’emplois du temps, de matériels, de disponibilité des salles et des ateliers… Éléments pourtant essentiels à la réussite, comme le soulignent les inspecteurs généraux.
Ceux-ci évoquent également la déprofessionnalisation des formations induite par la réduction des temps d’apprentissage liés à une spécialité et concluent à une réduction des possibilités d’insertion professionnelle à court terme.
Les constats et les conclusions de ce rapport sont à rebours de la mise en place d’une seconde par famille de métiers. Mais Jean-Michel Blanquer ignore autant l’expertise des inspecteurs généraux que les nombreuses propositions des syndicats. Il préfère s’en tenir aux préconisations d’un autre rapport rédigé peu avant par un cuisinier étoilé et une députée pleinement acquis à sa cause.

Le SNUEP-FSU continue de s’opposer à la réforme Blanquer de la voie professionnelle dont l’objectif est d’écarter un tiers de la jeunesse lycéenne de l’Éducation nationale. Il en demande le retrait et dénonce la vision passéiste de ce que doit être la formation professionnelle des futurs ouvrier·es, artisans et employé·es.

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