Seconde famille des Métiers de la construction durable, du bâtiment et des travaux publics

Une famille de métiers non souhaitée
et une pratique pédagogique imposée,
synonymes de dégradation pour les élèves et pour les PLP

A l’ordre du jour de la dernière CPC* n°5, une présentation et de premiers échanges sur le regroupement en une seule famille des métiers “de la construction durable, du bâtiment et des travaux publics” des classes de seconde des bacs pros Travaux publics ; Technicien du bâtiment : organisation et réalisation du gros œuvre ; Interventions sur le patrimoine bâti option A Maçonnerie, option B Charpente, option C Couverture ; Menuiserie-aluminium-verre ; Aménagement et finitions du bâtiment ; Ouvrages du bâtiment : Métallerie… Vaste regroupement !

L’inspection générale a annoncé que seules les compétences communes à cet ensemble de référentiels (compétences C1, C2, C3, C4) devront être travaillées en seconde sur la base de “chantiers” où toutes les formations interviendront. Selon l’IGEN, cela représenterait 3 ou 4 “chantiers” sur l’année de seconde, présentés sous forme de mini projets liés “à la vraie vie”… Pour autant, certains autres savoirs et savoir-faire communs à ces différents diplômes semblent être rejetés vers les classes de première et terminale. Un guide pédagogique supposé aider les collègues à mette en place ces pratiques devrait être élaboré.

Cette classe de seconde « généraliste », qui doit se mettre en place dès la rentrée 2019, engendrera pour les collègues des problèmes majeurs d’organisation pédagogique et de gestion de classe. Nombre des diplômes ainsi regroupés sont réellement choisis par les élèves issues de 3ème, et le choix de ces dernieres est souvent définitivement arrêté. Un effet boomerang peut vite arriver : les élèves qui veulent devenir maçon, ou peintre, ou bien encore travailler dans le domaine des travaux publics auront l’impression de perdre leur temps en classe de seconde, et pourraient être tentés d’abandonner !
La spécialisation à un métier se fera après la seconde. Les savoirs et savoir-faire propres à chaque diplôme devront donc être condensés sur les seules classes de première et de terminale. On se retrouve de fait dans le cadre d’un bac pro 2 ans au lieu de 3.

Pour le SNUEP-FSU tout cela ne peut mener qu’à une déprofessionnalisation des diplômes concernés et à une déqualification des bachelieres professionnelles de ces filières.
C’est ce qu’ont également dénoncé certaines Branches Professionnelles présentes lors de cette réunion, comme celle de la métallerie ou celle des travaux publics, qui demandent à ce que “leurs” diplômes ne soient pas inclus dans la famille. Voilà qui prouve ce que le SNUEP-FSU dénonce depuis que le ministre a présenté son projet : cette réforme imposée verticalement, sans réelle concertation avec qui que ce soit, est en fait pilotée uniquement dans un souci d’économie budgétaire avec en arrière plan, une idéologie très libérale qui voudrait cantonner les élèves de la voie professionnelle à des sous-formations puis à des sous-métiers. Ni l’avenir scolaire et professionnel des jeunes, ni les personnels ne sont les réelles préoccupations du ministre. Cette seconde à famille des métiers “de la construction durable, du bâtiment et des travaux publics” aura, elle aussi, un impact négatif sur le travail des PLP.

Ensemble refusons les diminutions d’horaires disciplinaires, la multiplication des dispositifs pédagogiques inefficaces et l’instauration des secondes à grandes familles de métiers qui impliqueraient une rentrée 2019 intenable pour les personnels.
Le SNUEP-FSU appelle les personnels à se réunir dans les établissements pour évaluer avec la profession les effets de tous les dispositifs de cette réforme. Le SNUEP-FSU engagé dans l’intersyndicale voie professionnelle porte la nécessité de poursuivre les mobilisations.

* Commission Consultative Professionnelle n°5 : Bâtiment, Travaux Publics et Matériaux de construction.