Une réforme et une loi pour ébranler la formation professionnelle scolaire

Le gouvernement et les ministres de l’Éducation nationale et du travail sont à l’origine d’une loi et d’une réforme qui vont fragiliser le service public de la formation professionnelle, les parcours des jeunes, les conditions de travail et les statuts des personnels.

La loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et la réforme Blanquer de la voie professionnelle scolaire vont percuter fortement les lycées professionnels, les personnels, les parcours scolaire et professionnel des jeunes. En réalité, le ministre et le gouvernement organisent le transfert de la voie professionnelle publique vers les branches professionnelles. Ils diminuent de façon drastique la part de la taxe d’apprentissage allouée aux LP, SEP, EREA et SEGPA ; ce qui aura des conséquences directes sur les enseignements et l’organisation des formations scolaires. Ils offrent aux CFA la possibilité d’ouvrir des formations où bon leur semble – même lorsque les LP dispensent les mêmes formations à proximité. Ils imposent des Unités de Formation en Apprentissage dans tous les établissements publics, ce qui mettra en concurrence brutale les filières et fragilisera fortement les statuts des personnels. Enfin, le projet de confier les contenus de formation professionnelle aux branches et, ainsi, d’exclure le service public de cette mission est un recul majeur. Pour la FSU, le cadre quadripartite de la conception des référentiels professionnels participe d’un équilibre et de l’intérêt général.
Devant les chiffres alarmants de ruptures de contrats d’apprentissage subies par les jeunes, la FSU rappelle l’urgence de renforcer la voie professionnelle scolaire afin de sécuriser les parcours en pré-bac.

Concernant les mesures sur l’enseignement professionnel scolaire : la diminution des horaires élèves est un choix irresponsable au regard des enjeux de société actuels et à venir. Pour la FSU, ce n’est pas « moins d’école » dont les jeunes de lycées professionnels ont besoin mais de « mieux d’école ».
La forte diminution des horaires pour les disciplines générales et les dispositifs concernant les « innovations pédagogiques » n’ont rien de moderne ! Ils sont révélateurs d’une vision passéiste des savoirs généraux cantonnés à leur seule fonction utilitariste. Or, les disciplines générales ont bien d’autres fonctions : celle notamment de permettre aux jeunes de développer leur libre-arbitre ou celle liée à l’acquisition d’une formation initiale solide – deux éléments indispensables pour appréhender un métier dans sa globalité et activer, plus tard, les dispositifs de formation continue pour évoluer professionnellement. La FSU dénonce ce choix qui, à l’instar de « parcoursup », organise l’exclusion d’une grande partie des jeunes bachelier·es professionnel·les de l’enseignement supérieur.
La seconde organisée en familles de métiers retardera d’une année la spécialisation à un métier. En matière de formation professionnelle, le bac pro passera donc de 3 ans à 2 ans et les savoirs et savoirs faire seront fortement réduits – une contradiction totale avec la volonté affichée d’améliorer leur insertion professionnelle.

Cette réforme est donc bien pilotée par l’objectif de supprimer 120 000 postes dans la Fonction publique dont 50 000 dans la Fonction publique d’Etat.
Le ministre a déclaré explicitement avoir « beaucoup d’estime pour ce que font les professeurs de lycée professionnel ». Mais cette estime reste une fois de plus cantonnée au slogan. Pour la FSU, elle doit se concrétiser par une reconnaissance du travail des personnels et une revalorisation salariale. Il faut remédier à l’injustice profonde vécue par les professeurs de lycée professionnel et accorder la pondération dont bénéficient les enseignant·es des autres voies du lycée. Il est plus qu’urgent aussi d’augmenter l’indemnité de sujétion spéciale.

Vouloir revaloriser la voie professionnelle sur la base de restriction budgétaire est irresponsable. Les jeunes comme les personnels de la voie professionnelle ont besoin d’investissements humain et financier pour améliorer la qualité des formations dispensées dans les établissements, lutter efficacement contre le décrochage et répondre aux nombreux enjeux de société comme ceux aussi liés aux évolutions des métiers.

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