Pour promouvoir l’apprentissage tous les coups sont permis : y compris le mensonge

Dans sa présentation médiatique de la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », la ministre du Travail a annoncé sans scrupule que « le milliard et demi d’euros attribué aux régions pour financer les lycées pros ira aux entreprises et aux jeunes. ». Elle laisse ainsi sous entendre que, d’une part, les lycées professionnels perçoivent réellement cette somme et, d’autre part, que l’argent dédié aux établissements ne bénéficient pas aux jeunes. Ces déclarations mensongères servent en réalité à dévaloriser la voie professionnelle scolaire afin de promouvoir l’apprentissage à tout crin. Elles sont révélatrices d’un mépris intolérable pour les personnels qui s’investissent au quotidien pour faire réussir les 700 000 jeunes scolarisé·es dans le service public de la formation professionnelle.

Le SNUEP-FSU rappelle que les lycées professionnels amènent davantage de jeunes aux diplômes : en CAP, ils/elles sont plus de 70 % par la voie scolaire contre 60 % par apprentissage, en bac pro, ils/elles sont 65 % par la voie scolaire contre 50 % par apprentissage. Dans un contexte où l’accès à un premier niveau de qualification par un diplôme reste un rempart notable face au chômage, disqualifier ainsi la voie de formation la plus performante pour stimuler l’apprentissage, système fortement discriminant, est intolérable.

Il y a presqu’un an, le ministère de l’Éducation nationale annonçait des mesures pour revaloriser la voie professionnelle scolaire. Or les annonces tardent et les premières pistes envisagées ne sont pas rassurantes.

D’ores et déjà, une réduction massive des sections GA est prévue avant même qu’un bilan objectif soit publié et que des alternatives sérieuses et concrètes soient effectives pour les personnels comme pour les élèves. Dans un contexte où des filières attractives existent le SNUEP-FSU refusera toutes fermetures qui ne seraient pas compensées par de nouvelles créations de sections professionnelles.

Le SNUEP-FSU s’opposera aussi à une réduction des horaires disciplinaires. Les élèves de lycées professionnels ont déjà perdu une année de formation lors du passage en bac pro 3 ans, il serait irresponsable d’entraver encore l’acquisition des savoirs généraux et professionnels. Un enseignement adapté de philosophie doit aussi être mis en œuvre en terminale.

Le travail des PLP est souvent plébiscité or notre pouvoir d’achat est en berne depuis trop longtemps. Le SNUEP-FSU appelle les personnels à la grève et aux mobilisations du 22 mai avec l’ensemble des agent·es de la fonction publique pour que la valeur du point d’indice soit enfin revalorisée. Le SNUEP-FSU exige aussi que la pondération actée pour les enseignant·es de LGT soit enfin accordée à celles et ceux de lycée professionnel.