Face à la révolution copernicienne en marche dans la voie pro

Amplifier la mobilisation pour défendre notre métier

Depuis plusieurs semaines, des lycées professionnels sont mobilisés pour accuser un manque criant de moyens pour la prochaine rentrée. Certains dénoncent un climat scolaire qui se détériore quand d’autres luttent contre des injonctions locales qui se multiplient – comme celles émanant d’équipes d’inspections qui imposent aux collègues des fusions de filières en seconde ou des colorations de diplômes. La médiatisation des difficultés majeures que rencontrent bon nombre de lycées professionnels implique que dorénavant le ministère ne peut plus faire comme s’il ne savait pas.
Renforcer la voie professionnelle scolaire en lui donnant les moyens de remplir ses missions de service public d’Éducation pour permettre à tous les jeunes des parcours de réussite est une urgence et une exigence sociale. Or le ministère en a décidé autrement : une grande partie des 2600 suppressions de postes prévues dans le second degré impactera fortement les lycées professionnels. Dans le même temps, le gouvernement persiste à promouvoir l’apprentissage au détriment de la voie scolaire. Les orientations du projet de loi sur la formation professionnelle mettent en concurrence brutale ces deux systèmes au sein même des LP. Cela détériorera l’accès à un premier niveau de qualification pour les jeunes et les conditions de travail des enseignant-es.
Le SNUEP-FSU est aussi extrêmement inquiet des arbitrages à venir sur la voie professionnelle scolaire et refusera la mise en place des secondes “familles de métiers” qui déprofessionnaliseraient les filières impactées.
Le ministère a donné la consigne aux recteurs et rectrices de réduire drastiquement les filières GA à la rentrée 2020. Les personnels victimes de cette décision ne bénéficieront donc pas du temps nécessaire à un plan ambitieux de formation ou de reconversion. Le SNUEP-FSU rappelle que les personnels et les jeunes ont déjà été sacrifiés dès la création de ce baccalauréat en raison d’une conception des savoirs et des certifications complètement hors sol. Le SNUEP-FSU exige qu’un bilan objectif de ce diplôme soit publié et qu’une réflexion globale soit menée afin de donner de véritables perspectives aux jeunes comme aux personnels en amont de toute décision.
La transformation de la formation professionnelle participe aux mêmes objectifs des réformes du baccalauréat, des lycées généraux et technologiques, de l’orientation, de l’accès aux études supérieures : elle instaure une sélection partout et tend vers une marchandisation de l’École. Ce sont les jeunes, notamment les plus défavorisés, qui paieront le prix fort de ces choix politiques. C’est pourquoi, le SNUEP-FSU appelle à soutenir les mobilisations en cours et à venir, notamment celles des 19 avril et 3 mai prochain dans l’Éducation.
Le SNUEP-FSU témoigne sa solidarité aux agent·es de la SNCF en lutte pour un service public du transport ferroviaire synonyme d’amélioration de l’accessibilité et de la sécurité pour les voyageurs et non de soumission aux seules injonctions du profit économique.
Les mêmes logiques sont à l’œuvre dans l’ensemble de la Fonction publique.

Après la réussite du 22 mars, les mobilisations continuent à se construire avec les personnels pour une véritable revalorisation salariale des fonctionnaires.

Le SNUEP et la FSU appellent tous les agent·es des LP, SEP, EREA et SEGPA à participer massivement
à la journée de grève et de manifestations du 22 mai prochain
à l’initiative de 7 fédérations de fonctionnaires ainsi qu’aux actions et initiatives locales qui précèderont.

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