Mineur·es ou étranger·es

La phase d’évaluation et d’hébergement d’urgence des MNA, qui relevait des départements sera désormais assumée par l’État, au prétexte de la charge qu’elle représente (toute relative : 18 000 sur 320 000 bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance au niveau national en 2016). Avec le transfert de ce dispositif, déjà discriminatoire car spécifique aux jeunes étrangers, les MNA sortent du droit de la protection de l’enfance et sont rattaché·es à la politique migratoire de l’État. Mineur·es en danger, ils·elles ne sont considéré·es que comme des étranger·es.
L’État doit doter les départements des moyens nécessaires à la protection de l’enfance, non en exclure certains jeunes sur la base ségrégative de la nationalité. Le droit commun est celui de tout mineur. La politique migratoire gouvernementale, toujours plus répressive, ne doit pas occulter l’intérét supérieur de l’enfant, principe fondamental reconnu par la Convention internationale des droits de l’enfant.