Apprentissage – voie professionnelle scolaire : stop à la concurrence !

L’apprentissage et la formation professionnelle sont au cœur de l’actualité car une réforme d’ampleur est actuellement en discussion. La petite musique qui se dégage depuis ces derniers jours est inquiétante pour l’enseignement professionnel public sous statut scolaire. La réforme envisagée porte uniquement sur la priorité à développer, encore et toujours, l’apprentissage, présenté en des termes élogieux par Emmanuel Macron le 15 octobre dernier.
En matière d’insertion professionnelle, même si les apprenti-es s’insèrent mieux à court et moyen terme, l’accès au diplôme et le niveau de qualification restent prépondérants. Différentes études soulignent régulièrement le moindre taux d’accès des apprenti-es au CAP et bac pro (10 à 15 points d’écart avec la voie scolaire) et la forte sélection à l’entrée en apprentissage. Cette sélection s’opère par une discrimination similaire à celle à l’embauche (de genre, raciale et sociale) mais aussi par le souhait des entreprises d’avoir des apprenti-es plus âgé-es ou ayant déjà une expérience professionnelle. Ainsi, l’apprentissage ne permet pas à toutes et tous les jeunes d’acquérir un diplôme.
En taisant l’existence des PFMP, Emmanuel Macron jette délibérément un voile sur la formation en alternance proposée par la voie professionnelle sous statut scolaire. Pourtant, le lycée professionnel accueille les élèves en fonction de leur projet, sans distinction sociale, géographique ou d’origine. Les professeur-es de lycée professionnel enseignent, sous la responsabilité de l’Éducation nationale, pour former des élèves, les futur-es travailleurs et travailleuses mais aussi des citoyen-nes. Initialement les LP ne sont pas uniquement destinés à former pour une employabilité immédiate en délivrant des diplômes maison, ce qui compromettrait durablement les chances d’évoluer professionnellement.
La valorisation de la voie professionnelle est une rengaine depuis trois quinquennats. Aujourd’hui, le seul but poursuivi est le développement de l’apprentissage pour un assujettissement aux employeurs qui eux ne font rien pour valoriser les métiers considérés de faible qualification. Valoriser le CAP et le bac pro passe aussi par la valorisation des métiers, leur reconnaissance salariale et l’amélioration des conditions de travail.
Pour le SNUEP-FSU, les formations avec des périodes de formation en milieu professionnel, sous statut scolaire, dispensées dans les lycées professionnels ont montré depuis de nombreuses années leur pertinence. Elles doivent donc être confortées, développées et améliorées pour répondre encore mieux à la demande sociale des jeunes et des familles en termes de qualification et de poursuite d’études.