Le vrai « bordel », il est dans les cartes de formation Monsieur le président !

En déplacement mercredi 4 octobre à Égletons en Corrèze, Emmanuel Macron est entré une nouvelle fois dans la provocation. Il a explicitement dénoncé les mobilisations de GM&S en stigmatisant les salariés qui selon lui « foutent le bordel ». Ces propos méprisants ont occulté les véritables raisons de son déplacement.
Le président se rendait à l’EATP, Ecole d’application aux métiers des travaux publics, école privée hors contrat qui pratique l’apprentissage. Il voulait mettre un coup de projecteur sur

une école de l’économie de marché, utilisant une méthode de formation discriminante : l’apprentissage.
Pourtant, à 500 mètres de là, se trouve le lycée professionnel Caraminot, lui aussi spécialisé dans les travaux publics et dont la réputation n’est plus à faire. Pour le SNUEP-FSU, une nouvelle limite est franchie : l’État privilégie le privé hors contrat au service public d’éducation !
Lors de cette visite, Emmanuel Macron et Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine, ont échangé sur la fonderie d’Ussel qui ne parvient pas à recruter malgré des commandes effectives allant jusqu’en 2022. Aujourd’hui, seulement une quinzaine de formations en CAP et Bac Pro existent, dont trois en scolaire et aucune sur la région Nouvelle Aquitaine. En 2014, l’UIMM et la région Centre ont même réclamé la fermeture d’un Bac Pro Fonderie en Eure-et-Loir contre l’avis de la branche professionnelle (la FFF) au prétexte que les besoins en main d’œuvre n’existaient plus.
Le vrai « bordel » évoqué par Macron à l’encontre des salarié-es relève en réalité de la responsabilité des décideurs, État et Région, qui ont en charge la carte des formations. Le SNUEP-FSU dénonce le discours à charge porté par le MEDEF, Régions de France, Emmanuel Macron et son gouvernement, qui consiste à faire croire à un manque de formation des jeunes dans les métiers en tension alors que ce sont eux qui décident de fermer des filières publiques pour mieux les vendre au marché de la formation professionnelle privée. Pour le SNUEP-FSU, permettre aux fonderies de recruter passe par des ouvertures de sections en lycée public et la revalorisation du travail de fondeur/fondeuse.
Cette « visite » du président de la République accompagné du ministre de l’Éducation nationale, augure mal, une fois encore, du sort réservé à l’enseignement professionnel public et des jeunes qu’il forme. L’exigence sociale à investir dans l’enseignement professionnel reste une nécessité pour les jeunes et pour les entreprises, n’en déplaise à certain-es. Cela passe par une diversification de l’offre de formation scolaire du CAP au BTS sur tous les territoires.