RENTRÉE 2017 dans la voie professionnelle

RENTRÉE 2017 dans la voie professionnelle :
des annonces qui ne résistent pas à l’épreuve des faits

Pour le SNUEP-FSU, les premières mesures officielles actées par le gouvernement sont inacceptables et en contradiction avec les discours de campagne – notamment ceux annonçant une amélioration du pouvoir d’achat. Elles constituent purement et simplement des attaques en règle contre les fonctionnaires. Le gel du point d’indice, le rétablissement de la journée de carence, l’augmentation de la CSG et le retard sur le calendrier de mise en œuvre de PPCR sont autant de décisions qui auront des effets négatifs sur les salaires des fonctionnaires et ceux des PLP. Quant aux annonces concernant spécifiquement l’enseignement professionnel : elles ne résistent pas à l’épreuve des faits. Pour le SNUEP-FSU revaloriser la voie professionnelle à un sens et doit permettre une amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions d’études des 650 000 élèves scolarisés dans les LP, SEP, EREA et SEGPA.

Les contrats aidés : des personnels précarisés mais incontournables.

Le SNUEP-FSU a toujours exigé des emplois statutaires et des personnels formés pour assurer les missions de service public d’éducation. Les gouvernements successifs, sous couvert d’économie budgétaire, ont fait d’autres choix. Les personnels recrutés l’ont toutes et tous été sous des contrats précaires et pas ou peu de formations leur ont été proposées. Néanmoins, le travail fourni par l’ensemble de ces agent-es est considérable et participe de la qualité des services rendus aux publics. Aussi, la remise en cause des emplois aidés est un coup dur porté à la profession. Alors que le ministère de l’Éducation nationale exige des enseignant-es d’accueillir tous les élèves, notamment celles et ceux relevant du handicap, il a envisagé de ne pas réemployer la totalité des personnels qui ont pourtant un rôle essentiel auprès de ces élèves.

L’enseignement professionnel : une priorité́ ?

Le ministre a annoncé́ vouloir faire de l’enseignement professionnel une de ses priorités pour cette rentrée scolaire utilisant, pour le troisième quinquennat consécutif, le même slogan : «la revalorisation de la voie professionnelle ». Ce slogan ne doit pas rester une formule vide : pour le SNUEP-FSU, revaloriser la voie professionnelle a un sens et doit permettre une amélioration des conditions d’études des 650 000 élèves scolarisés en LP, EREA et SEGPA. Pour ce faire, la question des moyens est incontournable. Il est inacceptable de constater, encore à cette rentrée, des classes de 30 voir de 35 élèves – surtout que les questions d’orientation et d’affectation par défaut n’est toujours pas réglée. Le SNUEP-FSU portera la revendication forte des personnels de réductions des effectifs par classe et celle de la nécessité absolue de travailler en groupes réduits à tous les niveaux ; c’est aussi une condition essentielle pour lutter contre le décrochage scolaire et permettre à tous les jeunes d’accéder à un premier niveau de qualification dans de bonnes conditions.

Recrutement des PLP et personnels non-titulaires

La crise du recrutement est toujours très prégnante chez les professeur-es de lycées professionnels. Cette année moins de 8 postes sur 10 ont été pourvus et la moitié des disciplines ne parviennent pas à recruter à hauteur des besoins. Pour le SNUEP-FSU un effort particulier doit être mis en œuvre en ce qui concerne le pré-recrutement et le recrutement des PLP sans oublier la formation continue des personnels aujourd’hui réduite à quasi néant. Cette crise du recrutement est en partie compensée par l’emploi d’un nombre toujours plus important d’enseignant-es non-titulaires. Ces personnels, précaires, sont trop souvent employés dans des conditions à la limite de l’acceptable. 10% des enseignant-es de la voie pro sont des non titulaires, 30% des non enseignat-es non-titulaires sont concentré-es dans la VP. Le SNUEP-FSU continue de porter la revendication de l’arrêt du recours aux non- titulaires et de la mise en place d’un plan de titularisation ambitieux et adapté pour les personnels déjà en poste.

Les diplômes de la voie professionnelle 

La question des formations et des diplômes professionnels sera aussi une préoccupation forte du SNUEP-FSU. Les dernières rénovations de filières professionnelles ont prouvé leur échec cuisant. Le Bac Pro GA en est un exemple manifeste mais le Bac Pro MELEC et le CAP Cuisine suivent le même chemin désastreux : ces diplômes sont fortement critiqués par les professions qui recrutent nos élèves ; les contenus d’enseignement et les modalités de certifications ont engendré une souffrance au travail par le non-sens pédagogique et les injonctions contradictoires des équipes d’inspection. Il est urgent que les rénovations et les créations de diplômes professionnels prennent en compte toutes les modalités, évolution des métiers mais aussi apprentissage des connaissances, pour que la formation professionnelle articule une approche globale du métier préparé ainsi que des savoirs généraux et professionnels ambitieux pour permettre des poursuites d’études réussies pour tou-tes les élèves qui le souhaitent.

Les poursuites d’études des bachelier-es professionnel-les.

L’annonce d’un nouveau diplôme Bac +1 et de sélections à l’entrée à l’université pour pallier aux difficultés des poursuites d’études des bachelier-es professionnel-les n’est pas la solution à ce problème. Il faut donner en amont les moyens aux lycéen-nes professionnel-les de réussir dans toutes les filières que proposent l’enseignement supérieur. En ce sens, un bilan des expérimentations doit être effectué avant toute décision. Dans ce cadre, des parcours en 4 ans pour obtenir le Bac Pro doivent pouvoir être proposés aux élèves et des places suffisantes en STS doivent être créées.

L’apprentissage contre l’enseignement professionnel public : pour le SNUEP-FSU c’est non.

Le SNUEP-FSU sera vigilant et combatif contre la volonté du gouvernement d’instaurer l’apprentissage dans tous les lycées professionnels. L’apprentissage dans la formation professionnelle initiale implique un mixage des publics : dispositif qui, en plus de n’apporter aucun bénéfice pour les jeunes, engendre des difficultés professionnelles pour les enseignant-es. Le ministre annonce aussi le retour d’une mesure que le SNUEP-FSU a combattu et qui a été abandonnée à la fin du mandat de N. Sarkozy : le mixage des parcours. Sous prétexte des « difficultés » des entreprises à recruter des d’apprenti-es pour 3 ans, le ministre propose de les soutenir en proposant aux élèves d’effectuer leur première année sous statut scolaire et, pour les plus « méritant-es », leurs dernières années en apprentissage. Utiliser le service public d’éducation comme « bouée de sauvetage » des entreprises est inacceptable. La menace de supprimer la taxe d’apprentissage aux lycées n’accueillant pas de sections d’apprentissage relève d’une mesure injuste mais aussi d’une méconnaissance du fonctionnement des établissements professionnels. Sans cette participation financière qui a déjà vu son enveloppe baisser de 30 % en 3 ans, bon nombre de LP ne pourront tout simplement plus fonctionner. La taxe d’apprentissage, à l’origine prévue pour investir dans du matériel, est utilisée aujourd’hui pour du fonctionnement. Elle est notamment utilisée pour acheter des matériaux et du petit matériel indispensable à l’enseignement des disciplines professionnelles.

Promouvoir l’apprentissage en lieu et place de l’enseignement professionnel public sous statut scolaire relève d’un choix politique qui aggrave les inégalités.

L’accès à un premier niveau de qualification pour tous les jeunes est une mission centrale du ministère. Il est intolérable que l’État se désengage de cette mission pour les jeunes les plus en difficultés qui sont aussi très souvent les jeunes issus des milieux populaires. Au contraire, si l’égalité reste un objectif à atteindre, si lutter contre le décrochage et le chômage des jeunes reste une priorité, l’État doit donner plus de moyens à tou-tes les lycéens et lycéennes professionel-les.