Petite hausse des contrats… mais à quel prix !

Les nouveaux contrats d’apprentissage signés en 2015 ont augmenté de 2,3 % par rapport à 2014 mais, si le gouvernement est obnubilé par cette soit-disant solution pour contribuer à la baisse du chômage, la DARES constate, dans sa note publiée en septembre 2016, que :
– ces contrats concernent essentiellement le secteur public (malgré une baisse de 12 % dans la territoriale) : ce n’est pas ce qui créera de l’emploi ;
– dans le secteur privé, ils se concentrent là où une nouvelle aide de 4400 euros a été octroyée en juin 2015 (pour la 1re année de contrat) : dans les entreprises de moins de 10 salariés qui embauchent un mineur (+10 %) : sans cette aide, le nombre de contrats aurait continué à baisser d’après la DARES, comme pour les autres entreprises, quel que soit le niveau de formation ;
– le taux de rupture des contrats se maintient à 28 %, celui d’abandon de l’apprentissage passe de 21 à 22 %.
– pour les moins de 18 ans, les taux augmentent de 2 points en 1 an : 38 % de rupture et 28 % d’abandon (30 % pour le seul niveau CAP, 40 % dans l’hôtellerie-restauration) ! Quand la multiplicité des démarches pour lutter contre le décrochage ne produit aucun effet, il faut se poser des questions sur le système que l’on veut défendre…
– les nouveaux apprentis âgés de 15 ans passent de 10,9 % à 12,1 % ;
– les jeunes femmes ne représentent toujours qu’1/3 des apprentis, malgré le développement de l’apprentissage dans les services (43 % des nouveaux contrats).

Tout ce que le SNUEP-FSU dénonce sans cesse se vérifie à nouveau : l’apprentissage coûte cher, dépend de choix politiques et non d’une réelle volonté des entreprises, est toujours discriminatoire et a des conséquences souvent dramatiques sur les plus jeunes, pour lesquels le risque élevé d’échec augmente leur risque d’exclusion.