CNESCO : DES CONSTATS ALARMANTS SUR L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL

Les constats publiés par le CNESCO à l’issue de sa conférence « Quel avenir pour l’enseignement professionnel ? » ne constituent pas une nouveauté pour le SNUEP-FSU. Le SNUEP-FSU n’a cessé de dénoncer le manque d’articulation et les inégalités importantes entre les 3 voies du lycée, l’orientation sexuée persistante, l’orientation et l’affectation par défaut, les poursuites d’études difficiles pour les bachelier-es professionnel-les, l’offre de formation insuffisante et mal équilibrée et la pénurie d’enseignant-es (28% des postes non pourvus et 2 fois moins de candidats depuis la masterisation).
Malgré ces constats récurrents et les nombreuses alertes du SNUEP-FSU en ce sens, le ministère refuse toujours de dédier des moyens à la voie professionnelle à la hauteur de ses enjeux. Les politiques gouvernementales et régionales s’obstinent à dégrader l’enseignement professionnel public sous statut scolaire avec pour objectif le développement de l’apprentissage.
Certaines préconisations du CNESCO pour remédier aux multiples difficultés constatées sont néanmoins largement critiquables.

La suppression des 3ème prépa-pro, la généralisation de la seconde indifférenciée, l’accompagnement personnalisé ou l’intégration des LP dans des établissements polyvalents actuels ne règleront en rien la ségrégation scolaire et les véritables problèmes d’orientation.

La modularisation des diplômes professionnels par l’introduction des blocs de compétences en formation initiale est dangereuse et en totale contradiction avec l’objectif d’élévation du niveau de qualification pour tout-es. Ce dispositif participe activement à la déqualification des emplois et est antinomique avec les besoins économiques de notre société. Si les métiers sont amenés à évoluer de plus en plus vite, seule une formation initiale qualifiante de qualité permettra aux élèves de s’adapter aux évolutions de leurs emplois et aux formations tout au long de leurs parcours professionnels.

Préconiser la VAE pour favoriser le recrutement des PLP signale l’abandon manifeste de la volonté de mettre en place un véritable plan de recrutement et pré-recrutement de personnels enseignants qualifiés et formés pour les 700 000 jeunes de l’enseignement professionnel public. Rendre de nouveau attractif le métier de PLP implique inévitablement une véritable formation didactique et disciplinaire, une revalorisation salariale et des améliorations concrètes des conditions de travail.

Pour le SNUEP-FSU, le ministère doit enfin acter que l’apprentissage et les dispositifs de casse des diplômes sont inopérants et inefficaces pour lutter contre le chômage des jeunes. Le SNUEP-FSU continue à revendiquer un plan d’urgence pour la revalorisation de la voie professionnelle publique sous statut scolaire : cette revalorisation nécessite une remise à plat objective de l’ensemble des dispositifs qui la dégradent mais aussi des moyens pour améliorer la qualité de la formation dispensée aux élèves, leur insertion professionnelle et la réussite de leurs poursuites d’études.