NOTE DU CONSEIL D’ANALYSE ECONOMIQUE : LE LEURRE DE L’APPRENTISSAGE

NOTE DU CAE : LE LEURRE DE L’APPRENTISSAGE ET DES PRECONISATIONS IRRESPONSABLES

 Le SNUEP-FSU a pris connaissance de la note « L’apprentissage au service de l’emploi » publiée par le Conseil d’analyse économique. Si le SNUEP-FSU partage le constat d’échec de l’apprentissage, l’analyse et les recommandations portées par ses rédacteurs repose sur de nombreux a priori et minimise l’importance de la formation générale et citoyenne des jeunes dont l’enjeu aujourd’hui est indiscutable.

Pour le SNUEP-FSU, les conclusions présentées par cette analyse, orientée à la seule faveur de l’apprentissage, sont inefficaces mais aussi dangereuses tant pour la formation et l’insertion professionnelle des jeunes que pour le développement de l’emploi dans notre pays.

Le SNUEP-FSU conteste vigoureusement la recommandation du CAE de baisser la part d’enseignement général dans les diplômes de CAP. Non, les disciplines générales ne sont pas des obstacles insurmontables pour les jeunes aux parcours « difficiles » et l’enseignement professionnel public a su démontrer sa maîtrise des pédagogies à destination des lycéen-nes professionnels. Le SNUEP-FSU n’est pas dupe : la minorisation de l’enseignement général remet en cause même l’accès aux diplômes des jeunes.

Brandir le leurre de l’apprentissage constitue ces dernières années la meilleure arme de ses promoteurs pour démanteler l’enseignement professionnel public. Concernant la taxe d’apprentissage, les rédacteurs du CAE préconisent d’augmenter encore la part de la taxe en faveur de l’apprentissage même. Que la part du « hors quota » passe de 38 % à 23 %, c’est encore trop d’argent pour l’enseignement professionnel et technologique publics et pas assez pour l’apprentissage !

Le SNUEP-FSU reste attaché aux diplômes de l’Education nationale qui sont, faut-il le rappeler, conçus au sein même des CPC, instances qui regroupent à la fois salarié-es, employeurs, enseignant-es et l’administration de l’EN. Il considère que c’est du rôle de l’Education nationale de garantir la qualité de la formation et de l’évaluation de ses diplômes. L’articulation d’un enseignement général et professionnel en fait leur force et leur intérêt au regard des autres certifications existantes. C’est la mise en œuvre de cette articulation qui conditionne la poursuite d’études et les possibilités d’évolutions futures des diplômé-es.

S’il faut effectivement reclarifier la frontière entre formation continue et formation initiale, les objectifs, les modalités, les lieux et les dispositifs de formation ne peuvent être identiques et doivent être adaptés en fonction des publics (moins de 18 ans, salarié-es, demandeurs-ses d’emploi).

Bien trop de moyens financiers ont été consacrés à l’apprentissage depuis dix ans alors que cet investissement n’a pas réellement prouvé son efficacité en termes d’insertion professionnelle des jeunes peu ou pas qualifiés ou de lutte contre le chômage. Le SNUEP-FSU considère que pour agir au service de l’emploi, il faut agir au service de l’éducation des jeunes et leur assurer une scolarité et un accès aux diplômes, seuls garants d’une insertion professionnelle réussie.

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