Le SNUEP-FSU ECRIT A LA MINISTRE

Lettre du SNUEP-FSU à la ministre de l’Éducation nationale

 Le 5 septembre dernier, le SNUEP-FSU adressait une lettre à la ministre de l’Éducation nationale, Mme Najat Vallaud-Belkacem. Par ce courrier, le SNUEP-FSU sollicitait une audience dans les meilleurs délais afin de pouvoir discuter des dossiers urgents relevant de l’enseignement professionnel public, encore trop souvent traités à la marge. À ce jour, le SNUEP-FSU n’a toujours pas reçu de réponse à sa demande.

Madame la ministre,

L’enseignement professionnel public est une particularité française qui est une chance pour notre pays. En permettant aux élèves le plus souvent issus des CSP les plus défavorisées et généralement les plus éloignés de la culture scolaire, de pouvoir apprendre un métier tout en bénéficiant des atouts de l’école, la formation professionnelle initiale sous statut scolaire offre une formation globale de qualité. Elle est un outil de remédiation et un facteur de cohésion sociale et d’aide à insertion professionnelle, lequel n’est pas encore assez reconnu et mis en valeur.

L’enseignement professionnel public participe depuis de nombreuses années à la démocratisation scolaire ; le baccalauréat professionnel a d’ailleurs fortement contribué à rendre effectif l’objectif des 80 % d’accès à ce diplôme d’une classe d’âge. Il permet aussi la réduction les inégalités scolaires en limitant les sorties sans qualification et l’augmentation du niveau de qualification des jeunes. Cette voie de formation en prise avec les milieux professionnels illustre de façon concrète et tous les jours que l’Éducation nationale n’est pas déconnectée du monde de l’entreprise.

Cependant, l’enseignement professionnel public souffre encore aujourd’hui d’un déficit d’image et les dernières réformes mises en place, notamment celle qui a généralisé le bac pro en 3 ans, ont renforcé l’ensemble des difficultés auxquelles sont confrontées les enseignant-es pour faire réussir tous leurs élèves. La refondation de l’École n’a pas non plus permis de revaloriser cette voie et l’ensemble des chantiers qui se sont ouverts ont écarté les problématiques spécifiques à l’enseignement professionnel public et ont exclu ses enseignant-es de toutes mesures catégorielles permettant de réelles améliorations de leurs conditions de travail et de revalorisation du métier.

Alors que de nombreux rapports, dont beaucoup émanent de vos services, actent le fait que l’enseignement professionnel public concentre les difficultés les plus importantes (échec scolaire, décrochage, résultats au baccalauréat insatisfaisants, souffrance au travail des personnels, difficultés de recrutement…), aucune mesure concrète n’a encore été prise pour améliorer les conditions d’études des élèves et les conditions de travail des collègues.
S’il y a encore des choses à améliorer au niveau de la conception des diplômes et du travail des CPC ou encore dans la mise en œuvre des PFMP, l’enseignement professionnel public, ses personnels et ses élèves attendent plus de votre nomination. La mise en œuvre de la feuille de route de la conférence sociale n’est pas la réponse attendue ni par les personnels ni par les élèves. Le discours récurrent sur le développement de l’apprentissage dans l’Éducation nationale ou la labellisation de nouveaux campus des métiers et des qualifications ne l’est pas non plus.

Lors de cette audience nous souhaitons aborder :

  • les éléments présents dans la feuille de route de la conférence sociale de juillet que vous entendez mettre en œuvre ;
  • les difficultés inhérentes à la réforme du baccalauréat professionnel 3 ans, imposée sous le gouvernement précédent et aucunement remise en cause à ce jour (parcours, évaluation, contenus d’enseignement, PFMP…) ;
  • le décrochage scolaire ;
  • la souffrance au travail des enseignant-es devenue très alarmante ;
  • le recrutement problématique des PLP et leur formation.

 L’enseignement professionnel public doit enfin être reconnu à sa juste valeur et vous devez enfin lui donner les moyens de faire progresser tous les élèves pour permettre une diminution des sorties sans qualification. Nous continuons à penser qu’il a un rôle majeur à jouer dans le système éducatif comme dans la société dans son ensemble et qu’il doit rester une voie d’éducation et de formation permettant de répondre aux nombreux défis à venir (réindustrialisation, transition énergétique, développement durable, développement du numérique, accompagnement de la personne …)

Le SNUEP-FSU considère que tous ces sujets nécessitent et méritent enfin une attention et un travail approfondi qui ne peuvent plus être relégués où traités à la marge. Au regard de l’intérêt que vous portez, notamment à la lutte contre l’échec scolaire et à l’égalité, le SNUEP-FSU souhaite une audience dans les meilleurs délais.

Nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

889total visits,1visits today