Collèges et lycées au service de l’apprentissage

Un rapport des IG (1) sur « les freins non financiers au développement de l’apprentissage » dans l’EN (2) recommande de transformer les lycées professionnels en succursales de l’apprentissage et souhaite obliger les collèges à en faire la promotion.

Ce rapport préconise de :
– rendre obligatoire la découverte de l’apprentissage au collège ;
– relancer le pré-apprentissage pour réduire les ruptures de contrat ;
– améliorer la prise en compte de l’apprentissage dans les procédures d’orientation de fin de 3ème ;
– introduire un module dans la formation des nouveaux/elles enseignant-es et Co-Psys ;
– davantage tenir compte des apprenti-es pour l’attribution des dotations en personnels, pour le déroulement de carrière des proviseurs de LP, pour le calcul des services des enseignant-es en formations mixtes ;
– permettre aux enseignant-es titulaires d’effectuer tout leur service en apprentissage ;
– développer la mixité des publics et des parcours (en assouplissant les emplois du temps des enseignant-es) ;
– mieux prendre en compte les spécificités de l’apprentissage lors des rénovations des diplômes professionnels ;
– réduire les contraintes juridiques, notamment sur la durée des contrats ;
– confier aux régions l’intégralité du contrôle financier des CFA (3).

Le SNUEP-FSU dénonce ce rapport car :
– promouvoir l’apprentissage, c’est soutenir le désengagement du gouvernement vis-à-vis des familles les plus pauvres ;
– regrouper les PFMP(4) sur une seule année scolaire et développer les classes aux publics mixtes participe d’un mépris du travail pédagogique des enseignant-es et révèle la soumission des IG au monde du travail aux dépens d’une formation de qualité ;
– relancer le pré-apprentissage c’est exclure de la voie scolaire des élèves de 15 ans qui risquent de décrocher, faute de contrats ou
après d’inévitables ruptures.
Cette vision réactionnaire ne permettra en rien de remédier aux problèmes d’insertion professionnelle de ces jeunes sans formation initiale suffisante.

Constats sur l’apprentissage rappelés par les IG 
– coût exorbitant (8 milliards d’euros pour 436 000 apprentis) ;
– désintérêt des entreprises pour cette voie de formation ;
– contrôle quasi-inexistant de la qualité de la formation en entreprise et dans les CFA (sauf en cas de plainte) ;
– orientation souvent par défaut ;
– voie scolaire et apprentissage en concurrence accrue avec le Bac Pro 3 ans et la crise ;
– taux de ruptures de contrats
importants (33 % au niveau V !).

(1) IGEN (Inspection générale de l’éducation nationale), IGAENR
(Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale
et de la recherche), IGA (Inspection générale de l’administration),
IGAS (Inspection générale des affaires sociales).
(2) Éducation nationale.
(3) Centre de formation d’apprenti-es.
(4) Périodes de formation en milieu professionnel.

 

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